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Pendant des décennies, Fiorina 161 fut une planète
pénitentiaire où des bagnards endurcis extrayaient
et fondaient le minerai pour le compte de la toute-puissante
Compagnie. Une vingtaine de détenus y habitent encore,
sous les ordres du Andrews et de Dillon, fondateur d'une religion
prônant la chasteté. C'est dans cet endroit désolé
que la capsule de Ripley vient s'écraser. Soignée
par Clemens, le médecin de la colonie, elle se croit
la seule survivante de l'équipage, lorsqu'une série
de morts violentes lui fait comprendre que l'Alien a lui aussi
débarqué et recommence à sévir.
Face à la méfiance et à la misogynie des
détenus (allant même jusqu'à une tentative
de viol), elle organise la lutte. Aucune arme n'existant sur
la planète, le seul moyen est d'attirer l'Alien dans
un cul-de-sac et de le faire tomber dans une cuve de métal
en fusion. Pendant ce temps, le monstre continue de faire des
victimes : Clemens, principal allié - et amant - de Ripley;
puis Andrews, que remplace Aaron. Après que bon nombre
de détenus aient été eux aussi massacrés,
le sacrifice de Dillon permet enfin de se débarrasser
de l'Alien. Mais Ripley s'est rendue compte avec horreur qu'elle
a été engrossée à son insu et qu'elle
est porteuse d'une future reine pondeuse. Alertés par
Aaron, des membres de la Compagnie se présentent, bien
décidés à sauver ce très précieux
spécimen d'Alien.
NOTEZ LE FILM:
Un troisième volet haut en couleurs, spectaculaire et
profondément pessimiste, né d'un processus créatif
extrêmement chaotique et douloureux. Film maudit, détesté,
anéanti avant la fin même de son tournage, la première
réalisation de Fincher a tout d'un martur de cinéma
qui avec le temps, semble se bonifier, et apaise de lui-même
les tensions de sa genèse. Production colossale mais
maîtrisée avec soin, son film n'a jamais été
incarné comme Fincher le souhaitait. Accouché
dans la douleur, le film n'a jamais rencontré son public
outre-Atlantique, mais a bénéficié d'un
accueil très favorable dans le reste du monde où
il fut exploité de longues semaines durant. En outre,
Fincher n'a jamais pu tourner Alien 3 avec une version
définitive du script: celui-ci fut réécrit,
recomposé et restructuré en permanence. Cette
architecture narrative fragile n'est pour autant absolumlent
pas visible ou décelable lors de la vision du film, mais
représenta une véritable épreuve de force
lors du tournage, où l'essentiel du quotidien fut avant
tout orienté vers des phases de réécriture,
avant que quelque scène ou séquence ne soit tournée.
Pire encore, si le film reflète l'univers du Fincher
à venir (Fight Club, etc), le cinéaste
ne fut même pas convié au montage... Au final,
le film évolue de lui-même, de manière presque
organique. Il emprunte certes un parcours psychlogique des plus
classiques et convenu, mais sa structure se rapproche davantage
de celles des mythes: un glissement ers la déchéance,
la décrépitude, l'abnégation, l'agonie,
la tragédie, à l'image de son dénouement,
plus dense encore dans cette version car elle supprime ce plan
ridicule où le foetus de l'Alien faisait éclater
le ventre de Ripley dans la version cinéma.
Les anecdotes autour du film sont légion, et pour cause:
rien ne semblait se profiler de manière naturelle, et
chaque acte de création obéissait avant tout à
une perspective nouvelle de production. Onéreux et douloureux,
Alien 3 fut, en dépit de toutes ses qualités (et
il est très nettement plus réussi que le quatrième
opus), un échec cuisant qui vit son metteur en scène
s'effacer de sa création, pourtant sotenu et porté
par une Sigourney Weaver enthousiaste et sereine. A l'origine,
Ripley ne devait pas figurer dans ce troisième épisode,
mais réapparaître à nouveau dans un quatrième.
Toutefois, près de six ans s'étant- écoulés
depuis Aliens, Sigourney Weaver accepta d'être
partie prenante, à la fois comme actrice et comme co-productrice.
Elle obtint un salaire de 4 millions de dollars, en partie,
expliqua-t-elle, "(...)pour avoir été obligée
de se raser le crane".
David Fincher (28 ans) n'avait jusqu'alors tourné que
des publicités, des vidéo-clips et quelques plans
du RETOUR DU JEDI. D'abord estimé à 40
millions de dollars, le budget atteignit finalement les 60 millions.
Fincher avait voulu que le scénario soit bâti en
cinq actes, correspondant, pour Ripley, aux cinq étapes
de l'agonie telles que les définit la psychologue Elisabeth
Kuebler-Ross : le refus, la colère, le marchandage, la
dépression et enfin l'acceptation. [source partielle:
monsieurcinema.com].
Vidéo : Que vaut l'image de ce DVD ?
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Quelle belle copie! Les progrès en terme
d'encodage étant e qu'ils sont, on se retrouve avec une
image piquée, lumineuse, et qui offre des valeurs de contrates
nettement supérieures à celles de la première
mouture du film sur support DVD. Les tons uniformément
ocres (mais qui oscillent de chaud à froid en terme de
température des couleurs) sont ici reproduis avec un très
joli degré de saturation des couleurs qui, associé
à des noirs des plus profonds , nous révèlent
un monde visuel unique et très stylisé. Sur le front
des nouvelles négatives, nous avons noté quelques
tremblements très légers de l'image, ainsi que de
légers fléchissements de la tenue de l'image, en
terme de définition et de clarté lors des scènes
enfummées, un véritable supplice pour les encodeurs
MPEG II. La photographie subtile de Alex THOMSON, qui a repris
le projet suite au désistement de son précédent
collègue est tout à fait respectée. Les personnages
surgissent de l'ombre vers la lumière, et les silhouettes
sont sculptées dans la brume. Même lorsque l'action
s'emballe ou que les décors se veulent peu sujet aux forts
éclairages (pour preuve, cette superbe séquence
d'un immense tunnel éclairé à la bougie),
l'encodage ne s'effiloche pas plus que de raison. Ce remastering
est un très bel effort pour préserver l'intégrité
visuelle du film de Fincher, et surpasse sans peine la précédente
édition DVD. Signalons enfin qu'il existe peu de différences
avec l'édition zone 1, qui ressemble très nettement
à cette version Japonaise qui ne présente, il vous
faut le savoir, que la version dite "édition spéciale"
du film, plus longue d'environ 30 minutes, et plus proche de ce
que souhaitait Fincher lui-même lors de la sortie du film.
Sur le disque zone 1, la version cinéma, plus courte et
plus axée sur les caprices ridicules du studio, est présente
(via le procédé Seamless Branching), mais le film
n'est pas présenté en DTS 5.1 comme c'est ici le
cas. Le report sur DVD jouit en outre d'un bitrate plutôt
finement géré (6.65 Mb/sec), tout comme la compression,
maîtrisée avec brio et non sans talent. Les passages
nouvellement intégrés pour cette édition
Spéciale sont indécelables des autres, et leur intégration
est parfaite.
Audio : Analyse des pistes sons du disque
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La bande-son de ce troisième opus a toujours
bénéficié de soins d'envergure et c'est avec
délectation que l'on retrouve une bande-son définitivement
optimisée et très dynamique sur cette ultime édition
DVD. En effet, le travail et le design de cet opus est de loin
l'un des plus convaincant de la série, avec une maximisation
permanente de la scène sonore qui ne s'effondre jamais
sur les voies avant et qui n'a de cesse d'ouvrir ses perspectives
créatives et ambiophoniques. L'exploitation du paysage
sonore est permanente et vigoureuse, et se voit rehaussée
par un excellent rapport signal sur bruit. Nous apprenons, dans
les suppléments consacrés à la phase de post-production,
que les sound designers et les monteurs son ont eu recours
à un nombre de bruitages plutôt conséquent
afin de déstabiliser psychologiquement les spectateurs,
et c'est avec un grand plaisir que nous pouvons vérifier
tout ceci dans ce mixage 5.1 où l'intégration des
éléments sonore est tout simplement parfait. Les
sons, au pouvoir de recouvrement élevé et très
convaincant sont tout à la fois fugaces et de haute qualité,
et l'ensemble respire une belle technicité. Précise
et radicale, la prise de son est de haute volée, au point
que l'opération créative réalisée
lors du mixage ne peut qu'enjoliver un ensemble placé sous
le signe de la qualité et de la pertinence. Mais il y a
bien mieux que cela: le film évolue par phase, à
l'image de la bande-son. Suite à un générique
qui joue l'économie mais n'oublie jamais de mettre en place
une scène sonore créative et furieuse, le film évolue
vers la création d'un authentique paysage sonique au fur
et à mesure que le spectateur découvre la prison
et tous les détails de son univers carcéral. Ce
générique fait exister votre voie centrale, et consiste
en une succession de musique symphonique comprenant de nombreux
chœurs entrecoupée de bruitages secs, tranchants et
viscéraux matérialisant le choc à l'intérieur
de la navette et son éjection vers Fiorina 161. De surcroît,
l'intégralité de la bande-son brille par sa façade
formelle et ses qualités d'exécution. Les habituels
éléments techniques (diaphonie, dynamique, séparation
des canaux, réponse etc...) affichent eux aussi de très
belles valeurs, transformant chaque instant de cette bande-son
en un plaisir d'écoute coupable, mais hautement performant.
Lors de la seconde partie du film, la bande-son recrée
à merveille les diverses sensations de cloisonnement en
mettant littéralement en scène et sur tous les canaux
la course poursuite apocalyptique entre la créature et
les prisonniers jusqu'au final quasi-christique.
Elliott Goldenthal, le compositeur, nous révèle
dans les suppléments son utilisation d'une musique atonale,
qui oscille entre musique orchestrale et effets sonores rendus
par l'emploi d'instruments aux sonorités incongrues. Il
se dégage ainsi de cette bande-son une énergie acoustique
certaine, bâtie sur des notes sonore discordantes procurées
par la musique et soutenue par une ligne mélodique d'une
ample générosité lors des moments clé.
Durant les séquences d'action, la scène sonore jouit
d'une stabilité incroyable (le film date de 1992) et d'un
pouvoir d'évocation foudroyant. A ce titre, le vent et
la circulation de l'air dans la base sont omniprésents
et finissent par générer un environnement acoustique
pénétrant et des plus immersif. Les voix sont captées
avec un soin extrême (une fois de plus, pour l'époque),
mais l'on notera des fléchissements là aussi du
à l'intégration de certains sons captés lors
du tournages et d'autres en post-production, mais aussi lors de
nouveaux passages de la version spéciale. A certains moments,
les dialogues sont inaudibles, alors qu'ils sont éclatants
de vitalité acoustique à 95% du temps. Mais le son
reste nourri, riche, opulent et présente de grandes qualités
spatiales , jusque dans le placement des voix dans l'espace, où
les coordonnées sonores sont clairement lisibles dans l'espace,
de manière holographique. Les rugissements de la créature
en voie centrale sont extrêmement impressionnantes parfois
et utilisent une gamme dynamique très cossue. La musique
et sa disposition spatiale, faite de clarté et d'une très
belle utilisation de toutes les voies, est enregistrée
avec soin et intégrée aux petits oignons. De temps
à autres, un détail sonore frappant, comme cette
goutte d'eau qui tombe du plafond dans une scène furieuse,
vient s'inviter à la fête, caractérisant un
espace sonore d'une très belle vitalité. Nous ne
pouvons que recommander cette bande-son à quiconque vient
de changer ses enceintes: elle sera en effet un test très
réussi pour tester la cohérence entre vos diffuseurs
tant elle sait bâtir un espace sonore très net, architecturé
avec un soin extrême, dans lequel les masses sonores se
déploient de manière très large et très
mobile.
Suppléments : Que trouverez-vous sur la galette
?
•
12 courts documentaires (16-18 min. chacun)
• 7 galeries d'illustrations
• 9 galeries de photos
• 11 galeries de Storyboard
• Les séquences en multi-angles
Une section intercativité fascinante, présentée
en VO sous-titrée en Japonais (les sous-titres sont imposés...
et les sous-titres Anglais ne sont pas disponibles), et qui nous
offre une voyage sensationnel dans les arcanes de la création
du film. Les documentaires, organisés avec soin en quatre
phases (pré-production, production et post-production),
proposent des commentaires acérés et d'une grande
précision, et mêlent vidéos de tournage (une
mine d'or), photos et interviews récentes, jusqu'à
celles des producteurs, qui n'ont pourtant jamais eu le bon rôle
dans cet épisode puisque le film, parfois informe, peut
tout à fait être conçu comme l'émanation
de leur vision forcée, contrainte Les galeries de photos
sont très généreuses et très détaillées,
et méritent un sérieux coup de rétine, ne
serait-ce que pour découvrir un Fincher très attaché
à son travail, au four et au moulin. l4ensemble n'est cependant
pas présenté en 16/9 mais présente, même
pour les documentaires d'époque, une belle qualité
d'image vidéo, très légèrement tramée
cependant. Les menus sont animés, plutôt sobres.
ils s'intègrent avec ceux des autres menus de la quadrilogie
en DVD en terme de design. Enfin, il vous faut savoir que l'intégralité
de ce disque Japonais est rédigé en Japonais...
seules quelques petites indications apparaissent en Anglais ("P"
pour Production, "PP" pour Pré ou Post Production),
mais le plus clair du temps, il vous faudra partir à l'aventure,
même si on parvient vite à se repérer sans
peine.
L'exploration demeure fascinante, et l'on apprend
absolument tout sur le film, jusque ce curieux développement
initial situé sur une planète en bois intégrale
habitée par des moines pensant vivre dans un environnement
protégé, dans une période post-apocalyptique...
Un contenu d'une richesse prenante, tout simplement.
| DTS vs. Dolby Digital |
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La déception de cette édition:
suite à nos écoutes, nous n'avons pas pu départager
les deux codages audio, qui affichent des résultats tout
bonnement identiques, très en retrait en terme de différence
par rapport aux autres épisodes de la quadrilogie, où
les différences vont clairement en faveur du format DTS.
En DTS néanmoins, les basses fréquences sont nettement
plus larges et remontent bien plus dans leur rendu spatial, tout
comme les voix des protagonistes masculins, légèrement
plus texturées et plus vigoureuses. C'est bien là
les seules caractéristiques du format DTS sur ce film.
Visiblement, et le film a été mixé en Dolby
SR (Spectral Recording) à l'époque, les différences
ne peuvent s'exprimer en raison d'une absence d'un réel
traitement multicanal lors de sa sortie en salles. Mais lorsque
l'on voit les résultats tétanisants du remixage
5.1 réalisé pour l'édition DVD, on demeure
surpris.
Qulque soit le format sonore, les coups d'éclat
acoustique sont rendus avec le même brio: les voix en surround
des prisonniers lors des course-poursuites finales sont absolument
identiques en DD et DTS, tout comme la dynamique lors des attaques,
où les chocs qui s'étagent dans la bande-son, prolongeant
le moindre écho (net et tranchant) de cet univers de métal
et de ciment. Nous sommes déçus de ne pouvoir en
écrire plus, mais le constat est ce qu'il est, cette piste
DTS, non pas qu'elle déçoit, ne présente
malheureusement que très peu d'intérêt...
Elle arrondit davantage le son et écarte un peu plus les
masses sonores les unes des autres, d'où ce son plus convaincant
et plus spatialisé (mais de vraiment peu), mais ne propose
pas de qualités acoustiques supérieures, contrairement
aux autres opus de la quadrilogie. Au final, vous opterez pour
cette édition que si vous êtes un aficionados éclairé
du format DTS.
NOTEZ LA PISTE DTS:
Conclusion
Une édition en or, convaincante de bout
en bout, où notre déception restera le manque de
différences et d'impact des deux formats sonores. Le remixage
est dantesque, très ouvert et superbement spatialisé,
et redonne une fraîcheur dynamique à une bande-son
déjà très soignée en Dolby Surround.
Très chaudement recommandée...
Nos Notes du Disque
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