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HERO Le premier extrait, intitulé "Blue Room", représente une vigoureuse entrée en matière et conjugue toutes les valeurs du son au cinéma, de la dynamique à la créativité, sur un mode sonore unique. Authentique création acoustique, ce travail d'orfèvre incarne ici ce qui se fait de mieux dans le design sonore d'un film. En l'espace de cinquante neuf secondes seulement, les diverses qualités du procédé DTS sont illustrées de manière légère et intense: toutes les voies s'activent avec une précision chirurgicale lors des déplacements aériens circulaires de Jet Li. La transparence sonore obtenue de même que sa dynamique immédiate et ses capacités de contraste et de vitesse d'évocation sont mise en lumière dans un habillage sonore sobre mais puissament évocateur, rythmé par les sons de la lame perforant l'air, air dont nous sentons le poids. Lorsque les bambous cèdent sous l'effet de la lame du chevalier, la voie centrale est fortement sollicitée. Elle atteint à ce titre un degré de réalisme amplement satisfaisant, et cède ensuite sa place à un effondrement anthologique où toutes les voies dispersent des myriades de détails sonores dans l'espace d'écoute. Légers craquements et sons de rupture de matériaux sont audibles sur 360°. Le son n'est pas bassement ventilé ou multiplexé dans l'espace d'écoute: il existe avec corps, âme, texture, et même poids, donnée qui se traduit par un emploi du caisson de basse d'une grande précision. L'intégralité de la scène sonore s'anime et décrit un espace acoustique dont la profondeur n'a d'égale que la dimension dynamique. Un passage court, intense, qui exerce les capacités dynamiques et les transitoires de vos électroniques. Subtil, raffiné, vif et cristallin, il témoigne du soin extrême qui a été apporté par les sound designers asiatiques qui ont travaillé le film de Zhang Yimou. Les sabres du chevalier qui fendent l'espace sont audibles et existent tout autour de l'auditeur, et dessinent un espace tridimensionnel peu commun, soutenu par une forme de véracité sonore qui redonne toute sa vigueur et son pouvoir d'évocation acoustique à une bande-son lumineuse et particulièrement inspirée. Le placement des effets est dantesque de précision tout comme la répartition dynamique des masses sonores, ainsi que la diaphonie et la spatialisation. Un concentré de savoir-faire et d'émotion multicanale unique et pénétrant. Une clarté sonore de tout premier ordre. En DD 2.0 Surround, le son suit la cadence, tout de même, mais gomme toutes les micro-textures et les effets discrets qui font le liant de ce passage. Petit regret: absence de codage DTS ES, pourtant présent, en Discrete, sur le DVD zone 3.
#2 "ARROWS" Le deuxième extrait présenté, "arrows", opte pour une forme d'efficacité tout autre. Ce passage met en scène un déploiement de soldats, en masses massives (et le son représente aisément cette profusion d'hommes) et d'archers épique, de leur mise en place jusqu'au moment où les flèches sont libérées et viennent anéantir une école de caligraphie. Les déplacements guerriers sont accompagnés de chants martiaux reproduits de manière classique et sans imagination acoustique particulière. Le passage entame ensuite un chagement de ton sonore: le son devient presque documentaire dans la mesure où le moindre craquement des arcs bandés, des dépacements des flèches est rendu audible par un mixage qui privilégie le détail sonore et la scène acoustique, qui se déploit au même moment dans le reste de l'espace d'écoute. Une fois les flèches libérées, nous redécouvrons les qualités de transparence et de dynamique du passage précédent. De mémoire d'audio-cinéphile, jamais son de flèche n'aura sonné si juste et si fort: leur déploiement dans l'espace est sans faille, tout comme leur pouvoir de recouvrement, de leur libération de l'arc jusqu'à leur impact dans l'école, gorgé de basses et de subtilités. La profusion de ces milliers de flèches est traduite par une gamme dynamique colossale et par une présence exacerbée mais toujours juste des canaux arrières, qui accompagnent le déplacement des flèches sans perdre en texture et en traçabilité. Au cours de ce passage, il est important de noter que le son conserve toute sa vigueur et que son intégrité n'est jamais entamée par la compression sonore, d'où son immanquable pouvoir d'évocation et sa véracité acoustique, que le Seigneur des Anneaux n'atteint jamais... Le format DTS conserve toute la gamme dynamique déployée et du haut de son débit maximum parvient à tirer les prestations sonores vers des sommets de performance et de vérité. Si la notion de réalisme importe avant tout au cinéma, c'est justement parce qu'elle prolonge la sensation de vérité tout en étoffant les textures. Le son demeure une sensation, mais à laquelle l'être humain réagit et se confronte en permanence. Hero a beau être une fiction pseudo-historique, sa diégèse et son processus de représentation sonores n'en atteignent pas moins de sommets rarement experimentés. Au final, ce passage permet de faire ressortir une dynamique qui s'exerce avant tout sur l'intensité des sons, mais aussi de mettre en scène et en espace un paysage sonore où profusion et violence se partagent le devant de la scène. La limpidité des sons est préservée par le format DTS, qui restaure toute sa stature et ses capacités d'extension à la bande-son. Sur le DVD commercial zone 3, nous avions noté une présence des basses fréquences plus marquée en Dolby Digital 5.1... Mais dès que se mettait en place des instants majeurs, cette dernière piste son manquait sa cible en entamant la stabilité et le pouvoir d'évocation de la scène sonore. C'est précisément sur ce point que le format DTS s'impose. Enfin, nous saluerons la clarté sans faille et la créativité, l'inventivité déchaînée de ce passage, tant du point de vue du mixage multicanal, qui délocalise fréquemment la scène sonore et qui s'ouvre en permanence sur l'extérieur, qu'au niveau de l'enregistrement et du design: les sons des points d'impact des flèches sont tour à tour réalistes et effrayants dans leur violence et dans leur aptitude à égaler la réalité. Spatialisation, ampleur et diaphonie (séparation des canaux) atteignent des sommets sur ces deux extraits. Seule la qualité de la réponse en fréquence n'égale pas celle de Gladiator (zone 1) par exemple... Petit regret: absence de codage DTS ES, pourtant présent, en Discrete, sur le DVD zone 3.
MASTER AND COMMANDER, The Far
Side of the World L'un de nos disques fétiches de 2004, pour la beauté du style visuel et de l'écriture de Peter Weir d'une part, mais aussi pour sa superbe bande-son d'autre part, bande-son qui bénéficie d'un degré de qualité que l'on entend rarement. Le passage sélectionné pour ce DVD de démo est celui de l'ouverture du film, où les deux navires se font face pour la première fois. Lors de cette attaque surprise, le navire de Russell Crow subit de très lourds dommages et pertes matérielles. Du silence le plus total au déchaînement soudain des décibels, ce passage s'apparente à un véritable "viol sonore" aux capacités dynamiques à proprement parler immenses. Il en émane un sentiment de puissance parfaitement reproduit par toutes les enceintes en temps réel: chaque canal est chargé en éléments sonores divers et l'ensemble compose un paysage sonique de tout premier choix qui n'est pas sans rappeler la séquence de débarquement de Saving Private Ryan, dont le réalisateur dit s'être inspiré pour générer le paysage sonore du film durant ces séquences d'attaque. Pour mémoire, la bande-son du film a reçu l'année dernière l'Oscar du meilleur Montage Son, tandis que celui du Meilleur Son est (malheureusement) allé au Retour du Roi. Les événements sonores de ce passage sélectionné mettent en valeur la capacité dynamique d'une installation tout en testant ses aptitudes à retranscrire un message sonore cohérent et très complexe. Le son n'est jamais restreint ou retenu comme sur Le Retour du Roi mais au contraire explose littéralement dans des mouvements acoustiques éprouvants. Chaque impact de canon que reçoit le navire est ressenti et se voit épaulé par une dynamique fracassante de violence et d'impact, tandis que les dégats (chutes d'objets, vols en charpie etc...) sont intégralement reproduits sur tous les canaux. Le caisson de basse permet d'appuyer encore la violence et suggère une extension, un enrobage sonore inoubliables. Les plans sonores s'étagent véritablement et le sens de la nuance qui irrigue et préside à l'élaboration du mixage sont ici reproduits dans sa moindre subtilité par une bande-son de nature vivace et un mixage multicanal ouvert et circonstancié, mais jamais ouvertement agressif. On appréciera la clarté et la transparence des bruitages de même que la solidité de l'expression sonore. Au contraire de l'extrait du Retour du Roi que l'on pourra se passer en comparaison, le son demeure vif et incisif, les deux extrêmes du spectre n'ayant pas été retouchés, adaptés pour une écoute domestique. Tout l'esprit et la matière sonores du design et du mixage sont conservés dans cette bande-son elle aussi anthologique. En outre, la violence des impacts est négociée sur un mode qui conjugue subtilité (le design des coups de canon) et puissance. La scène sonore est littéralement lisible à 360° et le message acoustique délivré se révèle d'une grande complexité: il est composé de différentes couches formelles, identifiables par des oreilles habituées, qui, une fois réparties les unes sur les autres, bâtissent un ouvrage sonore au pouvoir de recouvrement et à la profondeur des plus convaincants. Notez de quelle manière se termine la séquence de la première salve de boulets de canon: une corde se détache à l'avant du navire, et son impact est audible sur toutes les enceintes. Même s'il vous prenait de baisser le volume, vous découvrieriez que la scène sonore ne s'effondre pas et que ses capacités dynamiques sont préservées, intactes. A pleine puissance, chaque canal complète l'autre, et chacun d'entre eux diffuse un message de bas-médium qui n'est pas étranger à la sensation de densité sonore de l'ensemble. N'ayons pas peur des mots, cette bande-son, dans son intensité et ses capacités d'évocation, toujours renouvellées et qui génèrent des perspectives d'écoute toujours différentes, figure parmi les meilleures jamais entendues de mémoire d'audio-cinéphile. La profondeur acoustique qui en émane, tout comme ce soucis du détail (les pas des marins sur le pont de bois, les éclats qui volent dans tpute la pièce d'écoute et la dynamique, colossale elle aussi) et ses capacités à créer une dimension sonore de premier choix finissent par emporter l'auditeur pour un voyage inoubliable. Petit bémol, ici reproduit, même si la piste DTS est encodée en Plein Débit: sur le DVD commercial, les basses sont plus présentes lors de certains passges (et moins sur d'autres). De toutes le sversions que nous avons testées (zone 1, zone 3, zone 2 Japonais et ce DVD de démo), nous avons noté une baisse illogique des basses fréquences lors d'un passage ciblé, alors que le caisson hurle en Dolby Digital 5.1... Mais ce léger accroc n'amoindrit en rien l'impact et la profondeur de la bande-son, qui par ailleurs ouvre l'espace de manière dramatiquement supérieur en DTS. Sur l'intégralité du film comme sur cet extrait, la bande-son fait montre d'une aptitude multicanale et d'une intégrité acoustique comme nous ne l'entendons que rarement. Répartition, mixage, spacialisation et mobilité des sons impeccables de maîtrise et de finesse. La puissance associée à la finesse. Un travail de dentelle sonore, lumineux et inoubliable. En comparaison, la piste DD 2.0 Surround se montre vingt fois moins dynamique, brouillonne et particulièrement faiblarde. Elle ne restitue qu'un infime pourcentage de l'expérience multicanaux.
GHOST IN THE SHELL 2, INNOCENCE Un extrait issu d'un disque d'une grande dynamique sonore, et dont la bande-son a éé designée par Randy Thom. Lors de ce court passage proposé ici, divers ingrédients s'illustrent , et finissent par mettre à mal le système d'écoute: du silence quasi-absolu au déchaînement des décibels, le sound design est superbe de performance et d'équilibre. Une léger son de sonnette débute ce passage, prélude à un claquement de porte ressenti sur toutes les voies. Des bruits de pas feutrés, d'unebelle localisation spatiale, s'ensuivent, jusqu'à un autre silence... Lorsque résonnent enfin les coups de feu, ceux-ci sont profondément ancrés dans le caisson tandis que l'énergie déployée par ce coup de feu se développe sur les autres voies. Une véritable mise en scène, désignée avec soin, où l'expérience sonore va crescendo, se développe d'elle-même en insistant sur la dynamique et le pouvoir d'évocation du son numérique. La délicatesse des détails sonores, associée la puissance sonique ainsi mise en exergue, se révèle démoniaque dans sa localisation et sa répartition. Un passage au son ouaté, retenu, puis relâché telle une explosion, toujours enrobé par le potentiel et la profondeur expressive du codage DTS. La stylisation est extrême, tout come le niveau de détail préservé. Notez également la présence d'une onde de médium et bas-médium, qui est là pour figurer l'ambiance lourde de ce petit magasin et qui semble s'intensifier à mesure que l'action s'étoffe elle aussi. Un son cristallin, détaché, qui émane des diffuseurs plus qu'il n'en est projetté. Il se dégage de cet extrait un degré de réalisme dans la création très poussé et nettement plus élaboré que sur d'autres productions du même tonneau. Impact et profondeur sont les maîtres mots pour qualifier ce passage électrisant et puissamment évocateur. Le climax sonore est atteint lorsque volent en éclat les paquets de pâtes de l'épicerie. Un morceau d'autant plus surprenant qu'il est précédé d'instants de silence remarquable de douceur. En comparaison, la piste DD 2.0 est totalement anémique et ne restitue que 8% des informations multicanales traduites par le codage DTS ES 6.1, présenté, rappelons-le, sur un mode discrete. Au final, voici un extrait bien à sa place, qui démontre une fois de plus les capacités d'extensions et de développement sonore, d'expansion acoustique dont est capable une bande-son encodée en DTS (ici en Plein Débit).
A SUIVRE !
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