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Un coin perdu, dans le Tennessee : sous-bois
impénétrables, mares d’eau croupie, arbres
décharnés ; des bancs de brume, du vent, un ciel
lourd. Cinq jeunes gens se dirigent en voiture vers la maison
louée pour les vacances. Celle-ci a l’air d’une
baraque délabrée mais l’intérieur est
relativement accueillant. Un escalier caché sous une trappe
conduit au sous-sol. Joyeux, les jeunes s’installent. Les
couples – Scott et Shelly, Ashley et Linda – et Cheryl,
la sœur d’Ashley, ont chacun leur chambre. Le soir,
après dîner, ils feuillettent, vaguement inquiets,
un vieux grimoire, le Livre des Morts, découvert à
la cave à côté d’un magnétophone.
Ils écoutent, incrédules, la bande magnétique
enregistrée par de précédents locataires.
À en croire ceux-ci, la lecture du Livre et certaines incantations
figurant sur la bande ressusciteraient les démons qui hantent
les lieux. Dehors, dans la nuit, des présences invisibles
rampent, guettent, gémissent. Seule dans sa chambre, Cheryl
a peur. Elle sort, plonge dans l’épais brouillard.
Soudain, des branches mortes s’enroulent autour de ses jambes,
de son cou, de son corps, tentent de pénétrer son
intimité. Terrorisée, elle se dégage, court
vers la maison, exige de son frère qu’il l’emmène
loin de cet enfer. Ashley monte en voiture avec elle. Ils n’iront
pas loin : le pont sur la rivière s’est effondré
| Pour vous, 'Evil Dead' est: |
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Si le film de Sam Raimi
a pris un sacré coup de vieux, il demeure en revanche
un véritable porte drapeau pour une grosse partie
du cinéma d'expérimentation dont il est lui-même
un héritier irréfutable. Effrayant à
l'époque (on demandait au exploitants de cinéma
de rallumer les lumières!), il n'a rien perdu de
son pouvoir de fasination. Exercice de style farfelu et
sauvage, il met en phase différents éléments
ayant fait le succès du cinéma d'épouvante
des années 70 avec des ouvertures stylistiques qui
libèrerent le genre de sa torpeur. Ainsi donc, la
caméra s'agite, et se joue des vues subjectives avec
un brio presque inédit à l'époque.
Vif, cruel et extrêmement cynique, Evil Dead
est un bijou d'inventivité qui allait marquer une
entière génération de cinéphile
avides de sensations très fortes. Adrenalyne et hémoglobine
font bon ménage dans cet ensemble qui a tout d'un
'coup d'état' dans le domaine du cinéma expressif
et populaire. |
Une telle prise de contrôle du genre n'est pas innocente
et se reflète par la mobilité d ela caméra,
que Raimi libère de toute entrave comme pour mieux lui
donner l'âme du mal. Le Nécronomicon (les rôlistes,
même de nos jours, apprécient encore la référence),
les semi-viols, les démembrements, les maquillages approximatifs...
il se dégage de cette production 100% amateur une myriade
d'élements tous aussi marquants les uns que les autres.
La peur survit-elle l'épreuve du temps? A vous de le
découvrir, grâce à une piste DTS 5.1 Plein
Débit qui revigore le film en lui injetant un parfum
d'efficacité très contemporain. Quant à
Ash, quel merveilleux personnage qui portera, jusque dans les
deux suites à Evil Dead, tous les stigmates
du mal: balafré à l'extrême, il s'en prend
la poire, comme peu de personnages dans ce type de production.
Vidéo : Que vaut l'image de ce DVD ?
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Délavée et hideuse au possible
(à souhait?) elle incarne pourtant la seule et unique vision
du film... Présentée dans un agréable 16/9,
elle accumule les défauts introuvables (encore que) sur
des productions plus récentes. Image moite, déchirée,
pas assez sombre, à la chroma vacillante (qui révèle
les raccords maquillage) et à la définition indigente
la plupart du temps. Et alors? Ce film, issu d'une pellicule 16
mm, ne sera jamais mieux présenté. L'expérience
proposée par Evil Dead se goûte de cette
manière, et d'aucune autre. On ne déplorera donc
aucun de ces "défauts" qui finissent par former
des qualités et à révéler l'essence
même du film. Les feuilles des arbres, dans la nuit, sembleront
palotes et éclairées avec un spot presque visible.
Tout est normal. Nous pourrions reprocher à la compression
MPEG II des irrégularités de fonctionnement, mais
elles ne sont définitivement pas légion. Quelques
pixels vascillants tout au plus, dans un ensemble de très
belle facture. Si défaut il y a, ceux-ci sont sans l'ombe
d'un doute condamnés à rester inencodable proprement.
Une belle copie donc, qui ne trahit pas le film et qui est à
ce jour la version la plus fidèle sans doute du petit monument
de Sam Raimi.
Audio : Analyse des pistes sons du disque
Quatre pistes sons et deux codages différents
pour des résultats similaires mais pas tant que ça...
Les résultats en Français sont convaicnants en dépit
d'un doublage débilissime. La voie centrale est bien plus
claire en VF qu'en VO (réenregistrements oblige) mais se
passer de l'écoute de la VO, c'est pedre un bon 15% des
subtilités originales de la bande-son. Le travail de mise
en espace des sons porte ses fruits en permanences: la bande-son
est très large et très aérée. Elle
est active en permanence sur tous les canaux et dissipe de belles
nappes de sons mobiles dans la picèe d'écoute. Redécouvir
le film dans ces conditions procure un sentiment luxueux de satisfaction,
d'autant que la patine sonore appliquée à cette
bande-son parvent à faire des merveilles: effets stéréo
à l'arrière bien distincts, effets ES démesurés,
bandes sonores latérales, grondement du caisson de basses,
étagement des plans sonores.
Une véritable auberge espagnole sonore,
chargée à mort par les ingénieurs son. En
dépit d'un son criard et rêche (imputable à
l'âge du film ett au choix de conserver les éléments
sonores originaux pour rebâtir une bande-sonplus moderne
en les remettant en scène et en 6.1), les bruitages ont
une belle densité et la piste son fourmille de vie et d'activité.
Les scènes mettant en vedette le Evil Dead (avec l'extraordinaire
Shaky Cam inventée par Raimi) mobilise tous les
canaux simultanémen, sculptant au passage une ambiance
sonore asez massive, il faut bien l'avouer. La musique aussi a
bénéficié d'un coup de boost fort bienvenue
et se voit élargie et spatialisée avec tact.
Ce travail de remastering est réellement
surprenant et donne de belles satisfactions, surtout lorsqu'on
le compare à d'autres productions, aphones ou inexpressive
en 5.1. Une belle dose de créativité associée
à une technique hors pair permettent à la bande-son
de fournir une vraie qualité en terme de réponse
en fréquence. Les canaux sont très
bien séparés et l'enveloppement très convaincant.
Un ensemble tournoyant (la figure de style sonore
la plus utilisée dans ce remixage), agité et atmopshérique,
à l'image du film. Un résultat
chic et choc qui parvient même à surprendre. Petite
précision: gardez vous de trop faire grimper les décibels
sur votre amlificateur: le son est régulièrement
écrêté et le dernier effet sonore du film
notamment explose sur les trois voies arrières avec une
puissance quelque peu dévastatrice (il a été
enregistré un peu plus fort que les autres effets du film)
qui pourrait laisser quelques traces dans vos enceintes.
Aucun amateurisme dans cette restitution de Evil
Dead en 6.1 mais une marque de fabrique qui fait honneur au film
et lui va comme un gant dans la mesure où le moindre effet
est décuplé en intensité.
Suppléments : Que trouverez-vous sur la galette ?
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Répartie sur un second disque, elle est
complète. A noter la qualité des animations et du
son sur les menus du premier disque: du 5.1 superbement intégré
avec une belle ouverture sur les voies surround de l'installation.
Outre les commentaires passionnants de Sam Raimi et Robert Tapert,
le DVDphage se régalera d'un documentaire intitulé
"découverte de Evil Dead" (13 min). Les coulisses
du tournage (18 min) puis un hommage aux 20 ans d'Evil Dead. Bandes-annonces,
spots TV et galeries complètes (tournage, décors,
effets spéciaux...) et des filmographies complètent
un ensemble déjà tout à fait réjouissant.
Cersie sur le gâteua, l'éditeur a inséré
un magnifique livret de 47 pages dans le boîtier du DVD.
Passionant de bout en bout, il constitue le meilleur supplément.
Anecdotes, photos, schémas, il est on ne peut plus complet
et se dévore sans autre forme de procès ! Photos
de cadavres traffiquées, photos del'équipe du film
(on découvre le réalisateur de Spiderman,
alors âgé de 22 ans), les pieds dans la boue et au
travail. Formidable.
Suppléments DVD-ROM : Votre PC
va-t-il se régaler ?
L'éditeur a inclus des liens vers son
site internet ainsi que d'autres vers quelques sites consacrés
au film. Des fonds d'écran (800 x 600 et 1024 x 768 uniquement...
mais ils sont très beaux) et un screensaver (en Flash,
très très moyen...) sont également de la
partie.
| DTS vs. Dolby Digital |
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| Notez le remastering 5.1 de 'Evil Dead' |
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Deux
pistes DTS ES 6.1 Matrix sont ici présentes. La piste
VO a été encodée en Plein Débit
(1509.75 Kbps), contre (et c'est un fait rare, deux types
de débit sur un même disque!) 754.50 Kbps (mi-débit
donc) pour la piste Version Française. Les résultats
penchent en faveur de la VO, qui soutient bien mieux la
partition glaçante et bouche les espace sonore vides
entre les enceintes. Les informations de phase entre les
diffuseurs semblent mieux retenues, avec une consistance
dans le médium qui crée un effet de pseudo-remplissage
sonore dc'une étonnate densité. J'ai du réaliser
un backup de ce disque (en toute légalité
le temps de voir et tester le film) afin de pouvoir rédiger
ce test en passant d'une piste son à l'autre à
la volée, ce qui n'est pas possible sur l'exemplaire
vente, qui impose un long retour vers le menu du disque.
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Passer du mi au plein débit ne révèle
que peu d'améliorations. Elles ne sont pas nettes et claires,
mais semblent aller tout de même en faveur du plein débit,
pour sa largeur et son dynamisme. La piste Dolby Digital VO est
relativement faible en niveau et ne s'émarge pas assez
sur les voies arrières. Le facteur de mobilité spatiale
des sons est faiblard la plupart du temps, chose que le format
DTS réalise avec une indéniable facilité.
La rapidité des sons (qui créent de belles surprises
audio) est comme accentuée sur la piste DTS. Cette dernière,
du moins sur la VO, ouvre l'espace de manière plus conséquente
et plus féroce qu'en Dollby Digital. La faible durée
du métrage a permis d'intégrer une piste en DTS
Plein Débit, et c'est assurément l'option reine
ce DVD. La bande-son y gagne en qualité et en texture,
en virulence et en violence, même si l'assise dans les graves
est identique d'un codage son à l'autre. Le format DTS
dispatche bien mieux les sons dans l'espace d'écoute
et crée une sensation d 'enveloppement franchement plus
ténue et plus dense dans sa concentration d'éléments.
Au final, les différences ne sont pas si objectives que
ça, du moins pas sur tout le film, mais la piste DTS VO
est assurément située un bon cran au-dessus des
autres, notamment lors des scènes de shaky cam
dans la forêt, plus animées et plus denses.
Conclusion
Un bien beau packaging pour un classique du genre,
présenté dans de luxueuses conditions techniques,
avec DTS Plein Débit pour la version originale. L'image
ne pourra sans doute jamais être améliorée,
et le livret inclu dans le coffret comblera en soi une bonne partie
des cinéphages que nous sommes tous.
Notes du Disque
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