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Irréversible
(premium edition)
Distribué par Pioneer LDC Inc., fabriqué par Comstock / 2002 / 98 minutes
Date de parution : septembre 2003
Test réalisé par Stéphane Roger le 14 octobre 2003
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Une jeune femme quitte une soirée où elle laisse son fiancé et son ex. Sur le chemin, elle se fait violer par un inconnu. Alors que son copain décide de la venger, son ex va tenter de le calmer, avant de céder lui-même à la violence.

Un authentique parfum de scandale pour un film coup de poing... Fulgurant, d'une violence non rangée, le film de Gaspard Noé secoue et fait perdre pieds, à maintes reprises. Le réalisateur qui avait déjà oeuvré sur SEUL CONTRE TOUS convoque le malaise avec un sens certain de l'évocation. Célèbre pour sa scène de viol, le film glisse volontiers dans l'objectivité la plus froide, comme pour mieux cerner l'ambivalence, l'ambiguité, l'âpreté de l'existence. Irréversible, le film l'est aussi dans ses intentions ainsi que celles de ses personnages: Marcus obéit et agit selon une logique qui lui est propre. L'image qu'il projette est celle d'un frondeur déterminé, toujours capable de retomber sur ses pattes (du moins dans la dernière partie du film qui, construit à rebours, correspond en réalité au début du fait divers). Cette logique l'amène à commettre lui aussi, l'irréversible, irréversible qui va entraîner son ami Pierre vers le meurtre. Pierre est l'ancien petit ami de Alex. Désormais irréversible, leur relation, à présent amicale, est elle même la métaphore globale d'une oeuvre finalement tournée vers le destin, et dont la première réplique résonne à l'image d'un glas: "le temps détruit tout". D'autres avanceraient que "la vie vous sépare"... Irréversible pourrait être une des histoires de cette vie. Toutes les phases successives de son récit (d'une construction savante, chaque épisode, une sorte de long, très long plan-séquence) sont autant d'éléments qui catalysent la violence, et condensent le temps. Ses plan séquences sont imprégnés d'un temps bien plus réel que la normale, et ses personnages de vie, habités par des acteurs qui jouent en marge, en deça, vers un au-delà où tout semble permis, envisageable (nudité, coït etc...). Au final, Irréversible pourrait fort bien s'apparenter à un traumatisme cinématographique dont la magnitude résonne encore et encore, à l'image de ces sons cycliques d'un chaos abstraits sculptés autour d'un bloc massif, organique, de basses fréquences viscéralement déstabilisantes. Un geste de mise en scène, une oeuvre complexe, terrifiante, épidermique, où Noé fait figurer le nom des intervenants, en omettant le prénom. Sans doute un ultime désir d'abstraction, ou bien une tentative de déréalisation?...

Vidéo : Que vaut l'image de ce DVD ?

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Rendu possible par les lendemains de la Nouvelle Vague, le tournage de Irréversible dispose d'un certiin nombre d'élément qui ne vous laisseront pas indifférents, et ce dans tous les sens du terme. Globalement, nous avons affaire à une image plus que granuleuse et sombre en permanence. Le grain apparent est dû aux conditions de tournage, quasiment dans l'obscurité (voir à ce sujet la première partie, située dans la bpîte de nuit 'Le Rectum'). Il en résulte donc une image DVD non innocente, à l'image du film. La compression est sans faille sur cette mouture japonaise. La définition n'est pas un critère discriminant d'analyse: l'imperfection de l'image, son apreté, sa dureté et sa non-perfection sont partie intégrant du projet de mise en scène... Au final, que dire si ce n'est que le NTSC proposé ici est tout à fait respecteux de l'image voulu par Noé. Tantôt laide, tantôt délavée, l'image surprend. Des tréfonds de l'obscurité du 'rectum' où rien ne perce à la surface des images au dernier plan ultra saturé, Irréversible propose une expérience visuelle sauvagement dépressive et agressivement sale. Loin d'être un défaut, c'est là le résultat d'un tournage inouï, en très longs plan-séquences et en lumière naturelle, de nuit la plupart du temps, le tout caméra à l'épaule. Fort, corriace... impeccablement reproduit, le flux nauséeux de Noé conserve tout son pouvoir d'évocation sur cette édition japonaise.

Audio : Analyse des pistes sons du disque

Le Gary Rydtrom français, Cyril Holtz, s'est chargé du mixage. Le résultat est lui aussi des plus surprenant: un son brut de décoffrage, sans recherche de l'effet (les canaux arrières sont à ce titre quasi muets sauf lors des derniers instants). Holtz avait déjà œuvré sur Les Rivières Pourpres, la Mentale, Ni Pour Ni Contre, La Repentie, Sur mes Lèvres et Le Pacte des Loups notamment, et force est de lui reconnaître un authentique talent pour les sons qualifiables de naturalistes, qu'il intègre toujours avec une grande élégance, une grande fermeté, dans un plenum sonore de tout premier ordre. La perspective réaliste est là et bien là, sans excès ou sans principe de surenchère à l'américaine. Vivacité et proximité caractérisent son travail. Au niveau du design, il s'est ici totalement servi de la prise de son tournage: le canal central est en permanence sollicité, et Holtz n'a pas choisi d'effectuer des remontages successifs par ajout de couches (sauf peut-être sur les canaux surround lors de la scène dans le Rectum) mis a réintégré la prise de son originelle, avec ses hauts et ses bas qualitatifs (car oui aussi, le son est sale, à l'image de l'expérience visuelle que propose Noé) dans le mixage final. Ainsi donc, la continuité stylistique est toujours d'à propos, et s'assume jusqu'au fin fond de la bande-son.

En revanche, Irréversible fait aussi figurer un morceau inouï lui aussi, sans doute inédit, du moins dans cette forme là. Un gigantesque bloc de basses fréquences, soigneusement calibré à 27 Hz (fréquence notamment utilisée par la police américaine afin de calmer les manifestants etc...), et dont les effets se ressentent à un niveau organique. Cette fréquence clé, à mi chemin entre le presque audible et le ressenti corporellement est connue pour être déstabilisante au bout d'un certain temps, et suggère une forme de chaos mi-sonore mi- vibratoire qui est à l'aune même de la création sonore du film. Durant plus d'une heure, vous ressentirez continuellement cette pression acoustique énorme au cœur de laquelle émergent les personnages. Littéralement sculptés autour de ce bloc de basses fréquence qui incarne leurs peurs, leurs frustrations, leurs violence aussi, ils existent avec lui et par lui. Il est en effet hautement impressionnant et voire pénible pour le corps (l'effet étant voulu à 200%) de subir les vingt minutes de plongée quasi métaphorique voire allégorique au cœur de cette boîte de nuit baptisée le Rectum au rythme des cycles de votre subwoofer. Ronflement, gonflement, élongation, profondeur... tout est là pour susciter un sentiment de malaise pas uniquement liéà l'expérience sonore, mais à son extension physiologique forcée. A l'image des image subliminales qui marquent une zone de la conscience, la bande-son de Irréversible marquera n'importe quel spectateur qui l'aura visionné en son numérique.

Et à ce titre, considérez que vous n'aurez pas, vous n'aurez JAMAIS vu le film de Noé si vous ne l'avez pas visionné en son numérique. Le canal de graves séparé (baptisé 0.1 LFE, pour Low Frequency Effect) est dédié dans une configuration 5.1. Il est inaudible sous cette forme en Dolby Surround, Stéréo ou mono... Et comment passer à côté d'une telle spécificité, d'une telle idiosyncrasie de mixage? Ce bloc de basses est bien fixe sur le plan de la stabilité et du niveau. Il figure ainsi la détermination de Marcus, incarne le chaos d'Alex et fait sourdre puis jaillir la violence souterraine de Pierre, le professeur ami du couple. A cette solidité inébranlable (on n'échappe pas à cette masse imposante de bases fréquences), Noé accole une instabilité visuelle permanente (steadycam déchaînés, plans virevoltants, images mentistes, tournoyantes...). Fait intéressant, alors qu'elles sont présentées pour être déstabilisantes, elles finissent par l'être mille fois moins que la bande-son chaotique et archi-structurée composée pour le film. On pourrait continuer à explorer l'univers sonore de l'œuvre des heures durant, vous l'aurez compris. Un grand bravo à Cyril Holtz, une fois de plus, et à Noé, qui ont su mettre en phase, et ce continuellement, toutes les structures fondamentales du film. Image comme son s'intègrent, s'assimilent, s'uniformisent afin de proposer un 'tout' viscéralement cohérent et profondément marquant.

 

Suppléments : Que trouverez-vous sur la galette ?

film3

Très belle édition japonaise! Deux disques, le second étant réservé aux suppléments qui reprennent les suppléments de l'édition française. Un surétuit en plastique, un digipack en carton dur et luisant faisant figurer une horloge (souvenez vous, "le temps détruit tout"...), des logos DTS rouges sur toutes les tranches... bref l'emballage est splendide, et flatte l'oeil! Le recto est imprimé en français, le verso en japonais. Les disques sont magnifiquement sérigraphiés. Sur le disque #1, l'accès au film, aux chapitres, aux réglages spn (avec lancement du jingle DTS). Commentaire audio du réalisateur, et possibilité de voir le film à l'envers (reverse sequence), c'est àdire dans une continuité chronologique inversée par rapport à celle du film. Quelques trailers. Disque #2: Commentaire éclairés de Rodolphe Chabrier sur les effets spéciaux, scènes coupées, interview de Belluci, Interview (japonaise!) de Cassel et Noé, le court métrage 'Intoxication' (réalisé par Noé), 6 teasers français, trailers, et un livret de quatre pages où est écorché le nom du mixeur...

 

Suppléments DVD-ROM : Votre PC va-t-il se régaler ?

Absence totale.

 

DTS vs. Dolby Digital DTS vs. DD

L'encodage DTS révèle un degré de texture supplémentaire dans son évocation, et dispose d'un rapport dynamique nettement plus convaincant. La qualité de reproduction des dialogues, brut (captés dès l'enregistrement, sur le tournage) grimpe d'un cran, miraculeusement. A noter qu'il ne s'agit pas là que d'un simple réglage de volume d'une piste à l'autre. Quant au 'bloc de basses'? Peu de différences audibles, mais une largeur et une circonvolution nettement plus étoffés en DTS. En Dolby Digital, le canal de grave manque de richesse intérieure, il apparâit plus basique, moins traitre, moins sournois. Peu de grosse différences cependant. Au niveau de la tonalité de l'ensemble, la piste DTS emporte l'adhésion avec une clarté spatiale plus nette et contruite, ainsi que des degrés de variations de la dynamique plus francs. Et c'est cette version DTS, rappelons-le, qui a été présentée au Festival International du film de Cannes (2002, et ce fut marquant!), et que Noé regrettait ne pas voir figurer sur le zone 2 français du film... Ce DVD japonais la restitue avec panache et vigueur, même si les effets véritables (est-ce bien là ce que nous recherchons?) ne sont pas légion. Le tout début du film, et ses tourbillons visuels s'assoit sur une belle mise en scène sonore, très frontale, mais dont l'assise est plus marquée en DTS.

Conclusion

Un emballage luxueux pour une oeuvre qui ne fera jamais l'unanimité. Qu'importe! Une piste DTS Plein Débit, un pressage somptueux, des suppléments non sous-titrés français (j'espère que vous saisissez ce que je veux dire...!!)... de quoi flatter le colelctionneur cinéphile. A noter qu'une édition belge en DTS Mi-Débit est également disponible, moins luxueuse que celle-ci. Au travers d'une telle édition, les japonais en disent long sur leur respect pour le cinéma français: Truffaut, Godard etc... et maintenant Noé sont édités dans de superbes DVDs que nous ne pouvons que jalouser... depuis la France ! SOngez que Taxi 3 et le Transporteur sont disponibles en DTS Plein Débit au japon et que n'avons dans leur pays d'origine rappelons-le, droit qu'à des versions mi-débit ou ne présentant aucune piste DTS... Encore un DVD japonais que l'on est fier de posséder !

Notes du Disque

Note Image

Note DTS

Note DD

Note artistique mixage

Note Interactivié
Note Image

Note DTS

Note DD

mixage artistique

Note Interactivité


Note Globale

 



specifications techniques

- DVD Vidéo
- Double Couches
- Zone 2 NTSC
- RCE : Non
- Intro DTS : OUI, "Sonic Landscape"

format video
- 16/9 compatible 4/3
- Ratio : 1.85:1

format DTS
- Français 5.1

format DD
- Français 5.1
- Français 2.0 (commentaire)
- Japonais 2.0


format PCM
- Aucun

debit audio
- DTS : 1509.75 Kbps
- DD : 448 Kbps

sous-titres
Non offerts...

interactivite
- Menus animés
- Chapitrage
- Trailers

bonus
- Bande-Annonce
- Trailers Japonais
- Documentaires: SFX
- Interviews Japonaise
- Commentaires audio de Gaspard Noé

dvd-rom
Non offerts...

prix
- 39 ? euros


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