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Une jeune femme quitte une soirée où
elle laisse son fiancé et son ex. Sur le chemin, elle se
fait violer par un inconnu. Alors que son copain décide
de la venger, son ex va tenter de le calmer, avant de céder
lui-même à la violence.
Un authentique parfum de scandale pour un film
coup de poing... Fulgurant, d'une violence non rangée,
le film de Gaspard Noé secoue et fait perdre pieds, à
maintes reprises. Le réalisateur qui avait déjà
oeuvré sur SEUL CONTRE TOUS convoque le malaise
avec un sens certain de l'évocation. Célèbre
pour sa scène de viol, le film glisse volontiers dans l'objectivité
la plus froide, comme pour mieux cerner l'ambivalence, l'ambiguité,
l'âpreté de l'existence. Irréversible, le
film l'est aussi dans ses intentions ainsi que celles de ses personnages:
Marcus obéit et agit selon une logique qui lui est propre.
L'image qu'il projette est celle d'un frondeur déterminé,
toujours capable de retomber sur ses pattes (du moins dans la
dernière partie du film qui, construit à rebours,
correspond en réalité au début du fait divers).
Cette logique l'amène à commettre lui aussi, l'irréversible,
irréversible qui va entraîner son ami Pierre vers
le meurtre. Pierre est l'ancien petit ami de Alex. Désormais
irréversible, leur relation, à présent amicale,
est elle même la métaphore globale d'une oeuvre finalement
tournée vers le destin, et dont la première réplique
résonne à l'image d'un glas: "le temps détruit
tout". D'autres avanceraient que "la vie vous sépare"... Irréversible pourrait être une des histoires
de cette vie. Toutes les phases successives de son récit (d'une
construction savante, chaque épisode, une sorte de long,
très long plan-séquence) sont autant d'éléments
qui catalysent la violence, et condensent le temps. Ses plan séquences
sont imprégnés d'un temps bien plus réel
que la normale, et ses personnages de vie, habités par
des acteurs qui jouent en marge, en deça, vers un au-delà
où tout semble permis, envisageable (nudité, coït
etc...). Au final, Irréversible pourrait fort
bien s'apparenter à un traumatisme cinématographique
dont la magnitude résonne encore et encore, à l'image
de ces sons cycliques d'un chaos abstraits sculptés autour
d'un bloc massif, organique, de basses fréquences viscéralement
déstabilisantes. Un geste de mise en scène, une
oeuvre complexe, terrifiante, épidermique, où Noé
fait figurer le nom des intervenants, en omettant le prénom.
Sans doute un ultime désir d'abstraction, ou bien une tentative
de déréalisation?...
Vidéo : Que vaut l'image de ce DVD ?
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Rendu possible par les lendemains de la Nouvelle
Vague, le tournage de Irréversible dispose
d'un certiin nombre d'élément qui ne vous laisseront
pas indifférents, et ce dans tous les sens du terme. Globalement,
nous avons affaire à une image plus que granuleuse et sombre en permanence. Le grain apparent est dû aux
conditions de tournage, quasiment dans l'obscurité (voir
à ce sujet la première partie, située dans
la bpîte de nuit 'Le Rectum'). Il en résulte donc
une image DVD non innocente, à l'image du film. La compression
est sans faille sur cette mouture japonaise. La définition
n'est pas un critère discriminant d'analyse: l'imperfection
de l'image, son apreté, sa dureté et sa non-perfection
sont partie intégrant du projet de mise en scène...
Au final, que dire si ce n'est que le NTSC proposé ici
est tout à fait respecteux de l'image voulu par Noé.
Tantôt laide, tantôt délavée, l'image
surprend. Des tréfonds de l'obscurité du 'rectum'
où rien ne perce à la surface des images au dernier
plan ultra saturé, Irréversible propose
une expérience visuelle sauvagement dépressive et
agressivement sale. Loin d'être un défaut, c'est
là le résultat d'un tournage inouï, en très
longs plan-séquences et en lumière naturelle, de
nuit la plupart du temps, le tout caméra à l'épaule.
Fort, corriace... impeccablement reproduit, le flux nauséeux
de Noé conserve tout son pouvoir d'évocation sur
cette édition japonaise.
Audio : Analyse des pistes sons du disque
Le Gary Rydtrom français, Cyril Holtz,
s'est chargé du mixage. Le résultat est lui aussi
des plus surprenant: un son brut de décoffrage, sans recherche
de l'effet (les canaux arrières sont à ce titre
quasi muets sauf lors des derniers instants). Holtz avait déjà
œuvré sur Les Rivières Pourpres, la Mentale,
Ni Pour Ni Contre, La Repentie, Sur mes Lèvres et Le Pacte
des Loups notamment, et force est de lui reconnaître un
authentique talent pour les sons qualifiables de naturalistes,
qu'il intègre toujours avec une grande élégance,
une grande fermeté, dans un plenum sonore de tout premier
ordre. La perspective réaliste est là et bien là,
sans excès ou sans principe de surenchère à
l'américaine. Vivacité et proximité caractérisent
son travail. Au niveau du design, il s'est ici totalement servi
de la prise de son tournage: le canal central est en permanence
sollicité, et Holtz n'a pas choisi d'effectuer des remontages
successifs par ajout de couches (sauf peut-être sur les
canaux surround lors de la scène dans le Rectum) mis a
réintégré la prise de son originelle, avec
ses hauts et ses bas qualitatifs (car oui aussi, le son est sale,
à l'image de l'expérience visuelle que propose Noé)
dans le mixage final. Ainsi donc, la continuité stylistique
est toujours d'à propos, et s'assume jusqu'au fin fond
de la bande-son.
En revanche, Irréversible fait aussi figurer
un morceau inouï lui aussi, sans doute inédit, du
moins dans cette forme là. Un gigantesque bloc de basses
fréquences, soigneusement calibré à 27 Hz
(fréquence notamment utilisée par la police américaine
afin de calmer les manifestants etc...), et dont les effets se
ressentent à un niveau organique. Cette fréquence
clé, à mi chemin entre le presque audible et le
ressenti corporellement est connue pour être déstabilisante
au bout d'un certain temps, et suggère une forme de chaos
mi-sonore mi- vibratoire qui est à l'aune même de
la création sonore du film. Durant plus d'une heure, vous
ressentirez continuellement cette pression acoustique énorme
au cœur de laquelle émergent les personnages. Littéralement
sculptés autour de ce bloc de basses fréquence qui
incarne leurs peurs, leurs frustrations, leurs violence aussi,
ils existent avec lui et par lui. Il est en effet hautement impressionnant
et voire pénible pour le corps (l'effet étant voulu
à 200%) de subir les vingt minutes de plongée quasi
métaphorique voire allégorique au cœur de cette
boîte de nuit baptisée le Rectum au rythme des cycles
de votre subwoofer. Ronflement, gonflement, élongation,
profondeur... tout est là pour susciter un sentiment de
malaise pas uniquement liéà l'expérience
sonore, mais à son extension physiologique forcée.
A l'image des image subliminales qui marquent une zone de la conscience,
la bande-son de Irréversible marquera n'importe quel spectateur
qui l'aura visionné en son numérique.
Et à ce titre, considérez que vous
n'aurez pas, vous n'aurez JAMAIS vu le film de Noé si vous
ne l'avez pas visionné en son numérique. Le canal
de graves séparé (baptisé 0.1 LFE, pour Low
Frequency Effect) est dédié dans une configuration
5.1. Il est inaudible sous cette forme en Dolby Surround, Stéréo
ou mono... Et comment passer à côté d'une
telle spécificité, d'une telle idiosyncrasie de
mixage? Ce bloc de basses est bien fixe sur le plan de la stabilité
et du niveau. Il figure ainsi la détermination de Marcus,
incarne le chaos d'Alex et fait sourdre puis jaillir la violence
souterraine de Pierre, le professeur ami du couple. A cette solidité
inébranlable (on n'échappe pas à cette masse
imposante de bases fréquences), Noé accole une instabilité
visuelle permanente (steadycam déchaînés,
plans virevoltants, images mentistes, tournoyantes...). Fait intéressant,
alors qu'elles sont présentées pour être déstabilisantes,
elles finissent par l'être mille fois moins que la bande-son
chaotique et archi-structurée composée pour le film.
On pourrait continuer à explorer l'univers sonore de l'œuvre
des heures durant, vous l'aurez compris. Un grand bravo à
Cyril Holtz, une fois de plus, et à Noé, qui ont
su mettre en phase, et ce continuellement, toutes les structures
fondamentales du film. Image comme son s'intègrent, s'assimilent,
s'uniformisent afin de proposer un 'tout' viscéralement
cohérent et profondément marquant.
Suppléments : Que trouverez-vous sur la galette
?
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Très belle édition japonaise! Deux
disques, le second étant réservé aux suppléments
qui reprennent les suppléments de l'édition française.
Un surétuit en plastique, un digipack en carton dur et
luisant faisant figurer une horloge (souvenez vous, "le temps
détruit tout"...), des logos DTS rouges sur toutes
les tranches... bref l'emballage est splendide, et flatte l'oeil!
Le recto est imprimé en français, le verso en japonais.
Les disques sont magnifiquement sérigraphiés. Sur
le disque #1, l'accès au film, aux chapitres, aux réglages
spn (avec lancement du jingle DTS). Commentaire audio du réalisateur,
et possibilité de voir le film à l'envers (reverse
sequence), c'est àdire dans une continuité chronologique
inversée par rapport à celle du film. Quelques trailers.
Disque #2: Commentaire éclairés de Rodolphe Chabrier
sur les effets spéciaux, scènes coupées,
interview de Belluci, Interview (japonaise!) de Cassel et Noé,
le court métrage 'Intoxication' (réalisé
par Noé), 6 teasers français, trailers, et un livret
de quatre pages où est écorché le nom du
mixeur...
Suppléments DVD-ROM : Votre PC va-t-il se régaler
?
Absence totale.
| DTS vs. Dolby Digital |
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L'encodage DTS révèle un degré
de texture supplémentaire dans son évocation, et
dispose d'un rapport dynamique nettement plus convaincant. La
qualité de reproduction des dialogues, brut (captés
dès l'enregistrement, sur le tournage) grimpe d'un cran,
miraculeusement. A noter qu'il ne s'agit pas là que d'un
simple réglage de volume d'une piste à l'autre.
Quant au 'bloc de basses'? Peu de différences audibles,
mais une largeur et une circonvolution nettement plus étoffés
en DTS. En Dolby Digital, le canal de grave manque de richesse
intérieure, il apparâit plus basique, moins traitre,
moins sournois. Peu de grosse différences cependant. Au
niveau de la tonalité de l'ensemble, la piste DTS emporte
l'adhésion avec une clarté spatiale plus nette et
contruite, ainsi que des degrés de variations de la dynamique
plus francs. Et c'est cette version DTS, rappelons-le,
qui a été présentée au Festival International
du film de Cannes (2002, et ce fut marquant!), et que Noé
regrettait ne pas voir figurer sur le zone 2 français du
film... Ce DVD japonais la restitue avec panache et vigueur, même
si les effets véritables (est-ce bien là ce que
nous recherchons?) ne sont pas légion. Le tout début
du film, et ses tourbillons visuels s'assoit sur une belle mise
en scène sonore, très frontale, mais dont l'assise
est plus marquée en DTS.
Conclusion
Un emballage luxueux pour une oeuvre qui ne fera
jamais l'unanimité. Qu'importe! Une piste DTS Plein Débit,
un pressage somptueux, des suppléments non sous-titrés
français (j'espère que vous saisissez ce
que je veux dire...!!)... de quoi flatter le colelctionneur cinéphile.
A noter qu'une édition belge en DTS Mi-Débit est
également disponible, moins luxueuse que celle-ci. Au travers
d'une telle édition, les japonais en disent long sur leur
respect pour le cinéma français: Truffaut, Godard
etc... et maintenant Noé sont édités dans
de superbes DVDs que nous ne pouvons que jalouser... depuis la
France ! SOngez que Taxi 3 et le Transporteur sont disponibles
en DTS Plein Débit au japon et que n'avons dans leur pays
d'origine rappelons-le, droit qu'à des versions mi-débit
ou ne présentant aucune piste DTS... Encore un DVD japonais
que l'on est fier de posséder !
Notes du Disque
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