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NOS PARTENAIRES

phone

HK Video (sortie vente 18/08/2005)

Un film de Byeong-Ki Ahn
Avec: Ji-won Ha, Yu-mi Kim, Woo-jae Choi...
Directeur de la photographie: Yong-shik Mun

Film interdit aux moins de 12 ans

Test conduit par Cornwall (Stéphane Roger), août 2005
film1
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Après avoir révélé au grand jour une affaire de mœurs, la journaliste Ji-Won se met à recevoir des appels menaçants. Elle se retire alors dans une résidence prêtée par un couple d’amis et acquiert un nouveau numéro. A nouveau, d’étranges coups de fil viennent la perturber auxquels s’ajoutent d’effrayantes apparitions. Pour couronner le tout, la fillette de ses «bienfaiteurs» développe un sérieux traumatisme après avoir été en contact avec le fameux téléphone. En menant l’enquête, Ji-Won découvre que les précédents possesseurs de sa ligne sont tous décédés dans de mystérieuses circonstances.

NOTEZ LE FILM:

CRITIQUE

Brillant, enlevé et d'une grande finesse, Phone représente sansq conteste possible un véritable manifeste de film horrifique Asiatique. S'il creuse plus avant le sillon ouvert par des films légendaires comme Ring, il s'accapare aussi des propositions d'écriture fimique toutes neuves (très loin du style télévisuel et lénifiant de Nakata par exemple...) tout en s'octroyant la richesse d'un regard de cinéaste sur le genre fantastique (dans la plus pure tradition de Tzvétan Todorov) mais aussi sur la forme comme flux véhiculatoire de la peur. Pour paraphraser Bazin, "(...) de l'intention à la forme", il existe une forme de cohérence presque souverraine qui sauve le genre de la torpeur dans laquelle certains auteurs ou cinéastes l'ont enfermé, et propose par la même un renouvellement salvateur ainsi qu'une forme de traditionnalisme ré-interprété et surtout, intégré dans l'exercice même de la mise en scène. Les frissons sont réels et nombreux, et proviennent de la peur diffuse générée par le climat scénaristique mais aussi par des ressources cinématographiques strictes auxquelles le cinéaste confère une réelle part d'intégrité, loin de tout grand-guignolesque.

Byeong-Ki Ahn, le réalisateur, s’était déjà essayé aux histoires de fantômes avec un premier film intitulé Nightmare, sorti en 2000. Il récidive avec Phone (qu’il a écrit et produit via sa propre société Toilet Pictures appuyé par Buena Vista Corée) deux ans plus tard. Descendant de la même lignée, son troisième long métrage Bushinsaba a été présenté au festival de Gérardmer 2005.

Son film cultive toute une culture du hors-champ et fait surgir l'effroi là où le spectateur ne s'y attend pas forcément. En construisant cette peur viscérale, jamais frontale, mais toujours pregnante, le cinéaste distille une cohérence interne d'une rare complétude: alternance chromatique entre les tons ocres et les tons froids, glacés, entre séquences en intérieur et en extérieur... Les spectateurs pétris d'analyse plus fine seront ravis de constater que l'intégralité des cycles de l'eau sont présents dans le film (pluie, neige, vapeur...), et que chaque séquence s'enchasse dans un tout cumulatif qui resserre l'étau du film, mais installe également une logique interne, cette cohérence dont nous faisions référence quelques lignes plus haut, et qui distingue le film d'autres productions plus anecdotiques. Une forme de noblesse formelle et structurelle en somme, qui n'est pas innocente dans la réussite éclatante d'un long-métrage placé sous le signe de l'effroi et dela tension. En mélangeant habillement thriller, paranormal et drama familial, le film transgresse les codes admis du genre dans le paysage cinématrographique Asiatique précisément puisqu'il en puise des références expressives (y obéit, donc), mais y apporte également une part de solidification et de maîtrise. Une ambition narratologique (dont use aussi Ju-On-The Grudge) certaine apporte son lot de complexification structrelle et narrative, proposant une surface narrative finalement peu commune qui accorde à certaines séquences une importance et un poids dramatique que l'on ne soupçonnait pas dans un récit que l'on coryait très linéaire.

Enfin, le téléphone, employé dans une veine soumme toute Hitchcockienne, constitue une colonne vertébrale dramatique autour de laquelle se bâtit l'effroi, le suspense et le drame. Plus convaincant que la cassette de Ring, il est ici employé de manière libre et diablement efficace. Impossible de passer à côté de l'interprétation habitée et littéralement épatante de la (très) jeune actrice Seo-Woo Eun, qui incarne un personnage possédée par l'esprit du mal. Son interprétration, principalement dans la deuxième partie, transforme chacune de ses apparitions en coup d'éclat, et ne manquera pas de surprendre et de glacer le sang...

Phone travaille donc le genre en élargissant l'espace physique de ses frontières, et en repoussant toujours plus loin ses dimensions scénaristiques. Le film impose aussi un cinéaste sur lequel il faudra compter à l'avenir, même si son Bushinsaba se révèle bein moins novateur et bien plus apprêté que Phone.

 

Vidéo : Que vaut l'image de ce DVD ?

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Master de haute tenue pour un encoadage forcément très difficile, l'obscurité, ou plutôt la pénombre, régnant en maître sur l'essentiel du métrage. Cela dit, HK Vidéo ne nous déçoit pas et rese fidèle à ses encodages soignés. Le cadre très ouvert (1.85) est respecté et dispose d'une belle luminosité lors de scènes d'intérieur ou de jour. Les contrastes certes travaillés et essentiels pour la lecture de l'image (certaines apparitions se déroulant dans la pénombre presque totale) se révèlent en revanche légèrement décevants. S'ils sont ici présentés nettement mieux que sur les DVD zone ALL ou 3 du film, ils ne manqueront pas de décevoir légèrement, mais etait-il possible de faire mieux? D'une manière comme d'une autre, vous devrez procéder à des réglages sur votre diffuseur afin d'optimiser le rendu, et il est vivement conseillé de visioner le film dans l'obscurité la plus totale. La définition, de très bon aloi, pâtit en revanche d'une légère tendance à la "gomme numérique", qui donne à voir des images lisses et sans réelle texture parfois. Les couleurs, savamment traitées et étalonnées, se révèlent pour leur part présentes lorsque requises, sans saturation artificieuse. Les premiers et arrière-plans sont clairement définis mais il manque à cette image une réelle patine, ainsi qu'une dynamique visuelle qui tirerait réellement profit de la mise en scène. La compression demeure fluide et réussie, sauf peut-être lors des scènes de pluie, où quelques pixels peuvet faire leur apparition... Quoi qu'il en soit, loin de décevoir, l'image s'avère difficile à gérer, mais convainc par sa prestance et son excellent bitrate, qui témoignent d'un encodage optimisé au delà duquel il sera difficile d'aller, quelque soit la zone d'édition... Les bleus des scènes de nuit passent notamment bien à l'image, et permettent une représentation convaincante des scènes sous éclairées. Précisons que l'éditeur a travaillé ce master pour en tirer un résultat optimal.

 

Audio : Analyse des pistes sons du disque

film3

Le cinéma d'effroi Asiatique, dont nous parlons souvent ici, dispose à coup sûr de bandes-sons novatrices, voire fastueuses. Phone, sans pour autant innover de manière radicale, propose une expérience acoustique de tous les instants, terrorisante et artistiquement irréprochable. Elle repose avant tout sur un mixage savant, capable de très grands écarts et qui parvient de se jouer des crêtes d'intermodulation et des brutales variations de volume et de dynamique avec une précision et un impact saisissants. La bande-son se voit également secondée par une excellente réponse en fréquence, qui utilise toutes les ressources du spectre audio audible dans sa reproduction, des infra-graves aux zones plus hautes du spectre (très largement mieux rendus en DTS). Naturelle et transparente, la bande-son installe ses dialogues au centre de l'espace frontal, et les reproduit avec une netteté soyeuse et fluide, qui virtualie un haut degré de réalisme vocal. Les autres voies sont animées en quasi-permanence et propulsent une énergie sonique toujours à propos, jamais exagérée, mais constamment exacerbée, principalement en DTS ES. La courte séquence d'introduction, sorte de point d'orgue initial du film, représente un modèle de mise en espace sonore, dès les tous premiers instants (la première seconde du film), qui installe une tension visuelle et qui travaille un espace sonore de manière dramatique et découpée, saisissant pour son ouvrture et sa force d'évocation acoustique, ainsi que par les perspectives sonores qui s'ouvrent comme par magie. Les bruitages divers de l'ascenseur, le temps à l'extérieur, les sonneries du téléphone, le niveau des voix ainsi que le remplissement de la scène sonore, tous sont exceptionnels de présence et frappent par leur clarté. Loin de tout effet artificiel, la bande-son, dans cette séquence, bâtit un univers sonore diaphane et dur, mélange habile de concret et d'abstrait, et qui ouvre un espace de représentation acoustique choc et viscéral. Le reste du métrage, rythmé, distille quelques merveilleuses figures de style sonore qui ne devraient pas manquer de provoquer des sursauts, notamment grâce à la diaphonie. Certaines séquences finales abusent de l'équilibre offert jusqu'alors et poussent violemment, sans crier gare, des effets sonores d'un réalisme effarant et déstabilisant pour un spectateur non habitué. Mené de main de maître, cette création sonore respecte les préceptes de Randy Thom, qui conseille toujours de se focaliser sur ce qu'entendent les personnages. Le mixage du film représente en soi un modèle du genre et dont Thom serait fier, dans la mesure où la bande-son ne dessert pas seulement le film, comme contrepoint dramatique, mais se place à la "hauteur d'oreille" des personnages, nous donnant à entendre ce qui fait partie de leur univers, notamment la sonnerie stridente du téléphone. En opérant un croisement malicieux entre sons diégétiques essentiels et création acoustique abstraite pure, la bande-son finit par oeuvrer sur un territoire qui flirte constamment entre le connu et l'inconnu, déstabilisant par la même et en permanence l'équilibre acoustique rassurant que recherche tout spectateur. Cette exploration de l'effroi par le son et son traitement même, par le son toujours, s'impose comme une véritable extension formelle sans laquelle le film ne serait pas. Objet artistique de mise en scène, la bande-son ne propose pas un simple "appareillage technique" qui dessert l'efficacité du film et décuple le plaisir du spectateur, mais investit littéralement sa surface apparente en créant un territoire formel d'une grande subtilité dans son exécution, et dont le but avéré est d'étendre les limites du film tout en propulsant le spectateur au coeur d'un univers multidimensionnel total, déstabilisant, qui pervertit les sons du quotidien pour les entraîner sur le territoire du mal. D'un point de vue artistique, cette bande-son atteint sa cible à chaque instant et acquiert, au final, une valeur de référence quasi-apologétique. Les multiples apparitions des fantômes ou les manifestations d'êtres possédés (la fillette, inoubliable), tout comme les sonneries du téléphone, s'incarnent à l'écran et au coeur de la bande-son avec une violence expressive et une transparence acoustique à couper au couteau, surtout sur la piste DTS ES de la version originale. La bande-son de Phone possède en outre de quoi muscler ou mettre à mal votre système d'écoute...

 

 

DTS vs. Dolby Digital
DTS vs. DD

film1Incroyable piste DTS ES VO (Coréenne), qui s'impose sans peine et dès les premiers instants comme la piste de référence de cette édition. Bien qu'encodée en mi-débit, elle met littéralement à nu chaque articulation sonore de la bande-son et oeuvre à créer un paysage acoustique d'une étonnante pureté, détonant, et très surprenant. Sans exagérer ou proposer une simple remontée de volume, elle achève d'exploiter le potentiel de la bande-son, en rendant plus évidentes les arabesques sonores, et en installant au coeur de l'espace d'écoute une solidité acoustique et une prestance d'évocation auxquelles les pistes Dolby Digital EX ne peuvent prétendre, à aucun moment... En insistant sur les détails sonores, la piste DTS ES creuse et fouille la matrice sonore avec une précision sans cesse rehausée (il suffit d'écouter la sonnerie du téléphone en DTS pour se rendre compte de sa qualité de reproduction par rapport au format Dolby Digital), détaillant les effets arrières avec un degré de complétude et de clarté qui ont bien souvent de quoi laisser sur le carreau. Les multiples musiques employées (dont la superbe partition de Mahler, présente à fort juste titre, puisqu'il s'agit de celle également employée sur Mort à Venise, de Viconti) récupèrent une présence sonore et un degré de qualité qui incitent à augmenter le volume. Du reste, la piste DTS ES creuse une profondeur acoustique accrue presque palpable, par rapport au format Dolby Digital, audible notamment sur les voies arrières, qui ne se contentent pas de proposer une simple ouverture qui prolonge la scène sonore, mais qui l'étendent et la densifient de manière spectaculaire (pluie, apparitions, ascenseur...). Toutes ces qualités réunies aboutissent au final à un "maillage sonore filé" d'une belle densité, qui lui-même se fond en paysage acoustique complexe et très articulé, qui profite bien entendu de la meilleure dynamique du format DTS tout autant que de son pouvoir de recouvrement optimisé et son respect des timbres. Là où le DD 5.1 EX resserre les pôles d'évocation de la bande-son et amoindrissent les rapports centre-arrières ainsi que la dynamique audio, la piste DTS ES VO (valable aussi sur la VF, mais une très légèrement moindre mesure) enrichit le mixage de l'intérieur, en insistant sur les forces internes expressives du son, sans la moindre extrapolation artificieuse. Une véritable lecture multicanale scrupuleuse et studieuse en somme, doublée d'une remarquable propension à la performance et à la complexification acoustique. Du coup, le film en devient presque plus effrayant, et semble même se faire plus abouti encore, plus complet, davantage étoffé. Il est en effet impressionnant de constater à quel point la technique sonore parvient à amplifier et à "expandre" l'efficacité formelle et artistique d'une oeuvre de cinéma. Le gain de précision qu'octroie la piste DTS ES VO à la bande-son creuse l'écart de manière drastique, et propulse dans l'espace d'écoute des formes sonores nettement mieux découpées et intégrées les unes aux autres, tout en rehaussant la vigueur expressive avec laquelle le mixage a été conçu. Un authentique paysage sonore, finalement très "tonal", aux pics surprenants et nombeux (vous voilà prévenus) fruit d'une mise en espace méticuleuse et acérée, à laquelle le format DTS ES redonne tout son sens et met à jour toute la saveur afin d'offrir une texture acoustique sans cesse plus sophistiquée. Le terme "gain" ne semble aucunement usurpé, mais le mot se révèle bien faible devant les prestations sonores que propose le format DTS tant ce dernier réalise une prouesse impérieuse dont le format DVD devrait bénéficer plus souvent, bien plus souvent... Vous constaterez que nos notes, un peu plus bas, sont particulièrement tranchantes.

NOTEZ LA PISTE DTS:

 


Suppléments : Que trouverez-vous sur la galette ?

• (précieux) Commentaire audio du cinéaste (Sous-titré en Français)
• Making of (chapitré, 45 minutes)
• Interview du réalisateur
• Interwieus des acteurs (six)
• Les coulisses du tournage (featurettes)
• Scènes commentées par la jeune actrice principale (10 minutes environ)
• Les effets spéciaux et le maquillage
• Deux scènes coupées
• Anecdotes (8 minutes)
• Epilogue

Le making-of constitue la pierre de touche de cette édition Collector. Réalisé avec goût et proposant d'authentiques images du tournage, il convainc par son ton et sa "couverture".

L'interactivité du disque 2, articulée autour de menus très sobres presque minimalistes, reste de grande classe et propose une observation des conditions de tournage très juste. L'intégralité des suppléments est sous-titrée en Français. Les interviews se révèlent assez anecdotiques, voire décevantes, mais les featurettes, certes courtes, sont finement conçues. En revanche, les scènes coupées, inutiles, alourdissent quelque peu le propos. Les scènes commentées par la jeune actrice le sont tout autant, même si celle-ci y énonce quelques vérités bien senties et que le principe soit très bon en soi.

 

Conclusion

Une édition DVD zone 2 à ne rater sous aucun prétexte, par la clarté de sa piste son et pour la qualité hors du commun de la piste DTS ES VO. Un encodage audio et vidéo fin et délicat auquel nous vous convions sans réserve. Les bonus, réellement substantiels, complètent un ensemble franchement convaincant qui devrait se frayer une place dans toute dvdthèque qui se respecte. Petit conseil: si vous organisez une projection entre amis, n'hésitez pas à faire grimper le volume très haut juste après le logo "Metropolitan Films", au commencement même du film. L'effet est garanti, et pourtant, il ne s'agira que de deux sonneries de portable... Autre conseil: le film se visionne à un certain niveau sonore (plutôt haut) afin d'en faire resssortir toutes les harmoniques, et avec la langue soigneusement collée au fond de la bouche sous peine de la voir coupée...

Nos Notes du Disque

(les notes concernent les pistes DTS ES et DD EX Coréennes, même si les pistes Françaises, très convaincantes, sont aussi concernées).

 

Note Image

Note DTS

Note DD

Note artistique mixage

Note Interactivié

Note Image

Note DTS

Note DD

mixage artistique

Note Interactivité


  Note Globale  
 
jaquette
specifications techniques
- DVD Vidéo
- DVD-9 + DVD-9
- 104 min (film)
- Zone 2 (PAL) France
- RCE : Non
- Intro DTS: non...
- Changement de piste son à la volée impossible.

format video
- 16/9 anamorphique
- Ratio : 1.85:1 environ

format DTS
- Français 6.1 ES Matrix
- Coréen 6.1 ES Matrix

format DD
- Français 5.1EX
- Coréen 5.1 EX

format PCM
- Aucun

debit audio
DTS : 754.75 Kbps
DD : 384 Kbps

(DTS Mi-Débit)

sous-titres
- Français (imposés)

interactivite
- Menus animés
- Chapitrage
- Sélection codage son
- Accès aux trailers

bonus
- Making-of
- Scènes coupées
- Bande-annonce
- Featurette
- Anecdotes...

dvd-rom
- Accès site internet de l'éditeur


prix
26 .99 € (prix public)


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