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Après avoir révélé au grand
jour une affaire de mœurs, la journaliste Ji-Won se met
à recevoir des appels menaçants. Elle se retire
alors dans une résidence prêtée par un couple
d’amis et acquiert un nouveau numéro. A nouveau,
d’étranges coups de fil viennent la perturber auxquels
s’ajoutent d’effrayantes apparitions. Pour couronner
le tout, la fillette de ses «bienfaiteurs» développe
un sérieux traumatisme après avoir été
en contact avec le fameux téléphone. En menant
l’enquête, Ji-Won découvre que les précédents
possesseurs de sa ligne sont tous décédés
dans de mystérieuses circonstances.
NOTEZ LE FILM:
CRITIQUE
Brillant, enlevé et d'une grande finesse,
Phone représente sansq conteste possible un
véritable manifeste de film horrifique Asiatique. S'il
creuse plus avant le sillon ouvert par des films légendaires
comme Ring, il s'accapare aussi des propositions d'écriture
fimique toutes neuves (très loin du style télévisuel
et lénifiant de Nakata par exemple...) tout en s'octroyant
la richesse d'un regard de cinéaste sur le genre fantastique
(dans la plus pure tradition de Tzvétan Todorov) mais
aussi sur la forme comme flux véhiculatoire
de la peur. Pour paraphraser Bazin, "(...) de l'intention
à la forme", il existe une forme de cohérence
presque souverraine qui sauve le genre de la torpeur dans laquelle
certains auteurs ou cinéastes l'ont enfermé, et
propose par la même un renouvellement salvateur ainsi
qu'une forme de traditionnalisme ré-interprété
et surtout, intégré dans l'exercice même
de la mise en scène. Les frissons sont réels et
nombreux, et proviennent de la peur diffuse générée
par le climat scénaristique mais aussi par des ressources
cinématographiques strictes auxquelles le cinéaste
confère une réelle part d'intégrité,
loin de tout grand-guignolesque.
Byeong-Ki Ahn, le réalisateur, s’était
déjà essayé aux histoires de fantômes
avec un premier film intitulé Nightmare, sorti
en 2000. Il récidive avec Phone (qu’il
a écrit et produit via sa propre société
Toilet Pictures appuyé par Buena Vista Corée)
deux ans plus tard. Descendant de la même lignée,
son troisième long métrage Bushinsaba
a été présenté au festival de Gérardmer
2005.
Son film cultive toute une culture du hors-champ
et fait surgir l'effroi là où le spectateur ne
s'y attend pas forcément. En construisant cette peur
viscérale, jamais frontale, mais toujours pregnante,
le cinéaste distille une cohérence interne d'une
rare complétude: alternance chromatique entre les tons
ocres et les tons froids, glacés, entre séquences
en intérieur et en extérieur... Les spectateurs
pétris d'analyse plus fine seront ravis de constater
que l'intégralité des cycles de l'eau sont présents
dans le film (pluie, neige, vapeur...), et que chaque séquence
s'enchasse dans un tout cumulatif qui resserre l'étau
du film, mais installe également une logique interne,
cette cohérence dont nous faisions référence
quelques lignes plus haut, et qui distingue le film d'autres
productions plus anecdotiques. Une forme de noblesse formelle
et structurelle en somme, qui n'est pas innocente dans la réussite
éclatante d'un long-métrage placé sous
le signe de l'effroi et dela tension. En mélangeant habillement
thriller, paranormal et drama familial, le film transgresse
les codes admis du genre dans le paysage cinématrographique
Asiatique précisément puisqu'il en puise des références
expressives (y obéit, donc), mais y apporte également
une part de solidification et de maîtrise. Une ambition
narratologique (dont use aussi Ju-On-The Grudge) certaine
apporte son lot de complexification structrelle et narrative,
proposant une surface narrative finalement peu commune qui accorde
à certaines séquences une importance et un poids
dramatique que l'on ne soupçonnait pas dans un récit
que l'on coryait très linéaire.
Enfin, le téléphone, employé
dans une veine soumme toute Hitchcockienne, constitue une colonne
vertébrale dramatique autour de laquelle se bâtit
l'effroi, le suspense et le drame. Plus convaincant que la cassette
de Ring, il est ici employé de manière
libre et diablement efficace. Impossible de passer à
côté de l'interprétation habitée
et littéralement épatante de la (très)
jeune actrice Seo-Woo Eun, qui incarne un personnage possédée
par l'esprit du mal. Son interprétration, principalement
dans la deuxième partie, transforme chacune de ses apparitions
en coup d'éclat, et ne manquera pas de surprendre et
de glacer le sang...
Phone travaille donc le genre en élargissant
l'espace physique de ses frontières, et en repoussant
toujours plus loin ses dimensions scénaristiques. Le
film impose aussi un cinéaste sur lequel il faudra compter
à l'avenir, même si son Bushinsaba se
révèle bein moins novateur et bien plus apprêté
que Phone.
Vidéo : Que vaut l'image de ce
DVD ?
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Master de haute tenue pour un encoadage forcément
très difficile, l'obscurité, ou plutôt la
pénombre, régnant en maître sur l'essentiel
du métrage. Cela dit, HK Vidéo ne nous déçoit
pas et rese fidèle à ses encodages soignés.
Le cadre très ouvert (1.85) est respecté et dispose
d'une belle luminosité lors de scènes d'intérieur
ou de jour. Les contrastes certes travaillés et essentiels
pour la lecture de l'image (certaines apparitions se déroulant
dans la pénombre presque totale) se révèlent
en revanche légèrement décevants. S'ils sont
ici présentés nettement mieux que sur les DVD zone
ALL ou 3 du film, ils ne manqueront pas de décevoir légèrement,
mais etait-il possible de faire mieux? D'une manière comme
d'une autre, vous devrez procéder à des réglages
sur votre diffuseur afin d'optimiser le rendu, et il est vivement
conseillé de visioner le film dans l'obscurité la
plus totale. La définition, de très bon aloi, pâtit
en revanche d'une légère tendance à la "gomme
numérique", qui donne à voir des images lisses
et sans réelle texture parfois. Les couleurs, savamment
traitées et étalonnées, se révèlent
pour leur part présentes lorsque requises, sans saturation
artificieuse. Les premiers et arrière-plans sont clairement
définis mais il manque à cette image une réelle
patine, ainsi qu'une dynamique visuelle qui tirerait réellement
profit de la mise en scène. La compression demeure fluide
et réussie, sauf peut-être lors des scènes
de pluie, où quelques pixels peuvet faire leur apparition...
Quoi qu'il en soit, loin de décevoir, l'image s'avère
difficile à gérer, mais convainc par sa prestance
et son excellent bitrate, qui témoignent d'un encodage
optimisé au delà duquel il sera difficile d'aller,
quelque soit la zone d'édition... Les bleus des scènes
de nuit passent notamment bien à l'image, et permettent
une représentation convaincante des scènes sous
éclairées. Précisons que l'éditeur
a travaillé ce master pour en tirer un résultat
optimal.
Audio : Analyse des pistes sons du disque
Le cinéma d'effroi Asiatique, dont nous
parlons souvent ici, dispose à coup sûr de bandes-sons
novatrices, voire fastueuses. Phone, sans pour autant
innover de manière radicale, propose une expérience
acoustique de tous les instants, terrorisante et artistiquement
irréprochable. Elle repose avant tout sur un mixage savant,
capable de très grands écarts et qui parvient de
se jouer des crêtes d'intermodulation et des brutales variations
de volume et de dynamique avec une précision et un impact
saisissants. La bande-son se voit également secondée
par une excellente réponse en fréquence, qui utilise
toutes les ressources du spectre audio audible dans sa reproduction,
des infra-graves aux zones plus hautes du spectre (très
largement mieux rendus en DTS). Naturelle et transparente, la
bande-son installe ses dialogues au centre de l'espace frontal,
et les reproduit avec une netteté soyeuse et fluide, qui
virtualie un haut degré de réalisme vocal. Les autres
voies sont animées en quasi-permanence et propulsent une
énergie sonique toujours à propos, jamais exagérée,
mais constamment exacerbée, principalement en DTS ES. La
courte séquence d'introduction, sorte de point d'orgue
initial du film, représente un modèle de mise en
espace sonore, dès les tous premiers instants (la première
seconde du film), qui installe une tension visuelle et qui travaille
un espace sonore de manière dramatique et découpée,
saisissant pour son ouvrture et sa force d'évocation acoustique,
ainsi que par les perspectives sonores qui s'ouvrent comme par
magie. Les bruitages divers de l'ascenseur, le temps à
l'extérieur, les sonneries du téléphone,
le niveau des voix ainsi que le remplissement de la scène
sonore, tous sont exceptionnels de présence et frappent
par leur clarté. Loin de tout effet artificiel, la bande-son,
dans cette séquence, bâtit un univers sonore diaphane
et dur, mélange habile de concret et d'abstrait, et qui
ouvre un espace de représentation acoustique choc
et viscéral. Le reste du métrage, rythmé,
distille quelques merveilleuses figures de style sonore qui ne
devraient pas manquer de provoquer des sursauts, notamment grâce
à la diaphonie. Certaines séquences finales abusent
de l'équilibre offert jusqu'alors et poussent violemment,
sans crier gare, des effets sonores d'un réalisme effarant
et déstabilisant pour un spectateur non habitué.
Mené de main de maître, cette création sonore
respecte les préceptes de Randy Thom, qui conseille toujours
de se focaliser sur ce qu'entendent les personnages. Le mixage
du film représente en soi un modèle du genre et
dont Thom serait fier, dans la mesure où la bande-son ne
dessert pas seulement le film, comme contrepoint dramatique, mais
se place à la "hauteur d'oreille" des personnages,
nous donnant à entendre ce qui fait partie de leur univers,
notamment la sonnerie stridente du téléphone. En
opérant un croisement malicieux entre sons diégétiques
essentiels et création acoustique abstraite pure, la bande-son
finit par oeuvrer sur un territoire qui flirte constamment entre
le connu et l'inconnu, déstabilisant par la même
et en permanence l'équilibre acoustique rassurant que recherche
tout spectateur. Cette exploration de l'effroi par le son et son
traitement même, par le son toujours, s'impose comme une
véritable extension formelle sans laquelle le film ne serait
pas. Objet artistique de mise en scène, la bande-son ne
propose pas un simple "appareillage technique" qui dessert
l'efficacité du film et décuple le plaisir du spectateur,
mais investit littéralement sa surface apparente en créant
un territoire formel d'une grande subtilité dans son exécution,
et dont le but avéré est d'étendre les limites
du film tout en propulsant le spectateur au coeur d'un univers
multidimensionnel total, déstabilisant, qui pervertit les
sons du quotidien pour les entraîner sur le territoire du
mal. D'un point de vue artistique, cette bande-son atteint sa
cible à chaque instant et acquiert, au final, une valeur
de référence quasi-apologétique. Les multiples
apparitions des fantômes ou les manifestations d'êtres
possédés (la fillette, inoubliable), tout comme
les sonneries du téléphone, s'incarnent à
l'écran et au coeur de la bande-son avec une violence expressive
et une transparence acoustique à couper au couteau, surtout
sur la piste DTS ES de la version originale. La bande-son de Phone
possède en outre de quoi muscler ou mettre à
mal votre système d'écoute...
Incroyable
piste DTS ES VO (Coréenne), qui s'impose sans peine et
dès les premiers instants comme la piste de référence
de cette édition. Bien qu'encodée en mi-débit,
elle met littéralement à nu chaque articulation
sonore de la bande-son et oeuvre à créer un paysage
acoustique d'une étonnante pureté, détonant,
et très surprenant. Sans exagérer ou proposer une
simple remontée de volume, elle achève d'exploiter
le potentiel de la bande-son, en rendant plus évidentes
les arabesques sonores, et en installant au coeur de l'espace
d'écoute une solidité acoustique et une prestance
d'évocation auxquelles les pistes Dolby Digital EX ne peuvent
prétendre, à aucun moment... En insistant sur les
détails sonores, la piste DTS ES creuse et fouille la matrice
sonore avec une précision sans cesse rehausée (il
suffit d'écouter la sonnerie du téléphone
en DTS pour se rendre compte de sa qualité de reproduction
par rapport au format Dolby Digital), détaillant les effets
arrières avec un degré de complétude et de
clarté qui ont bien souvent de quoi laisser sur le carreau.
Les multiples musiques employées (dont la superbe partition
de Mahler, présente à fort juste titre, puisqu'il
s'agit de celle également employée sur Mort
à Venise, de Viconti) récupèrent une
présence sonore et un degré de qualité qui
incitent à augmenter le volume. Du reste, la piste DTS
ES creuse une profondeur acoustique accrue presque palpable, par
rapport au format Dolby Digital, audible notamment sur les voies
arrières, qui ne se contentent pas de proposer une simple
ouverture qui prolonge la scène sonore, mais qui l'étendent
et la densifient de manière spectaculaire (pluie, apparitions,
ascenseur...). Toutes ces qualités réunies aboutissent
au final à un "maillage sonore filé" d'une
belle densité, qui lui-même se fond en paysage acoustique
complexe et très articulé, qui profite bien entendu
de la meilleure dynamique du format DTS tout autant que de son
pouvoir de recouvrement optimisé et son respect des timbres.
Là où le DD 5.1 EX resserre les pôles d'évocation
de la bande-son et amoindrissent les rapports centre-arrières
ainsi que la dynamique audio, la piste DTS ES VO (valable aussi
sur la VF, mais une très légèrement moindre
mesure) enrichit le mixage de l'intérieur, en insistant
sur les forces internes expressives du son, sans la moindre extrapolation
artificieuse. Une véritable lecture multicanale scrupuleuse
et studieuse en somme, doublée d'une remarquable propension
à la performance et à la complexification acoustique.
Du coup, le film en devient presque plus effrayant, et semble
même se faire plus abouti encore, plus complet, davantage
étoffé. Il est en effet impressionnant de constater
à quel point la technique sonore parvient à amplifier
et à "expandre" l'efficacité formelle
et artistique d'une oeuvre de cinéma. Le gain de précision
qu'octroie la piste DTS ES VO à la bande-son creuse l'écart
de manière drastique, et propulse dans l'espace d'écoute
des formes sonores nettement mieux découpées et
intégrées les unes aux autres, tout en rehaussant
la vigueur expressive avec laquelle le mixage a été
conçu. Un authentique paysage sonore, finalement très
"tonal", aux pics surprenants et nombeux (vous voilà
prévenus) fruit d'une mise en espace méticuleuse
et acérée, à laquelle le format DTS ES redonne
tout son sens et met à jour toute la saveur afin d'offrir
une texture acoustique sans cesse plus sophistiquée. Le
terme "gain" ne semble aucunement usurpé, mais
le mot se révèle bien faible devant les prestations
sonores que propose le format DTS tant ce dernier réalise
une prouesse impérieuse dont le format DVD devrait bénéficer
plus souvent, bien plus souvent... Vous constaterez que nos notes,
un peu plus bas, sont particulièrement tranchantes.
NOTEZ LA PISTE DTS:
Suppléments : Que trouverez-vous sur la galette
?
•
(précieux) Commentaire audio du cinéaste (Sous-titré
en Français)
• Making of (chapitré, 45 minutes)
• Interview du réalisateur
• Interwieus des acteurs (six)
• Les coulisses du tournage (featurettes)
• Scènes commentées par la jeune actrice principale
(10 minutes environ)
• Les effets spéciaux et le maquillage
• Deux scènes coupées
• Anecdotes (8 minutes)
• Epilogue
Le making-of constitue la pierre de touche de
cette édition Collector. Réalisé avec goût
et proposant d'authentiques images du tournage, il convainc par
son ton et sa "couverture".
L'interactivité du disque 2, articulée autour de
menus très sobres presque minimalistes, reste de grande
classe et propose une observation des conditions de tournage très
juste. L'intégralité des suppléments est
sous-titrée en Français. Les interviews se révèlent
assez anecdotiques, voire décevantes, mais les featurettes,
certes courtes, sont finement conçues. En revanche, les
scènes coupées, inutiles, alourdissent quelque peu
le propos. Les scènes commentées par la jeune actrice
le sont tout autant, même si celle-ci y énonce quelques
vérités bien senties et que le principe soit très
bon en soi.
Conclusion
Une édition DVD zone 2 à ne rater
sous aucun prétexte, par la clarté de sa piste son
et pour la qualité hors du commun de la piste DTS ES VO.
Un encodage audio et vidéo fin et délicat auquel
nous vous convions sans réserve. Les bonus, réellement
substantiels, complètent un ensemble franchement convaincant
qui devrait se frayer une place dans toute dvdthèque qui
se respecte. Petit conseil: si vous organisez une projection entre
amis, n'hésitez pas à faire grimper le volume très
haut juste après le logo "Metropolitan Films",
au commencement même du film. L'effet est garanti, et pourtant,
il ne s'agira que de deux sonneries de portable... Autre conseil:
le film se visionne à un certain niveau sonore (plutôt
haut) afin d'en faire resssortir toutes les harmoniques, et avec
la langue soigneusement collée au fond de la bouche sous
peine de la voir coupée...
Nos Notes du Disque
(les notes concernent les pistes DTS ES et DD EX Coréennes,
même si les pistes Françaises, très convaincantes,
sont aussi concernées).
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