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Au Japon,
deux prisonniers en fuite, matricule KSC2-303 et un voisin de
cellule, courent dans une forêt mystérieuse où
ils ont donné rendez-vous à leurs complices. A
leur arrivée, une voiture approche. Cinq yakusas en sortent.
Les deux fugitifs sont pressés de partir, mais on leur
donne l'ordre d'attendre le chef du gang. Les yakusas font descendre
une jeune femme qu'ils commencent à frapper. KSC2-303
lui porte secours, s'empare d'un pistolet et abat un gangster.
On le croyait mort, mais tel un zombie, il se relève
et saute sur l'un de ses acolytes. Abasourdis par ce qu'ils
voient, les tueurs criblent de balles le mort-vivant qui finit
par s'écrouler. Profitant de la panique, KSC2-303 s'enfuit
avec la demoiselle dans la forêt.
Une oeuvre
folle et déjantée, véritable manga-live
ou resucée servile du meilleur de l'esprit dingo de Evil
Dead, Versus possède un nombre incalculable de vertus
cinématographiques et passe volontiers pour une entreprise
dominée par le prinipe de surenchère total. Le
sag gicle sur les arbres, les zombies sont très mal truqués,
la violence y est tout ce qu'il y a de plus gratuit etc... mais
l'essentiel est pourtant bien condensé: un film qui sous
ses airs amateurs distille une vision de cinéma de genre,
que le réalisateur confirma peu de temps après
avec Azumi, autre palimpseste de l'énergie manga, autre
film d'action echevelé. Tournage en grand angulaire,
montage sportif et syncopé, tout est réuni pour
provoquer une sensation jusqu'au-boutiste, un sentiment de sur-création,
la mise en oeuvre d'un désir de cinéma déjanté.
Inclassable et férocement drôle, Versus a de quoi
déclencher un plaisir de spectateur des plus coupables!
Nous n'en dirons pas plus: à vous de partir à
la découverte... De la série B pur jus croisée
au film d'action à la Yakuza. ici présentée
dans sa version Director's Cut, encore plus furibonde, encore
plus rythmée.
Vidéo : Que vaut l'image de ce
DVD ?
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Brillantes
et efficaces, elles restituent à merveille tous les supports
utilisés et employés: majoritairement issues d'un
matériel 16 mm, elles ne manqueront pas de surprendre par
leur grain très prononcé en basse lumière
et par leur étalonnage colorimétrique qui pourrait
bien passer pour être complètement raté, tant
les couleurs affichées paraissent fades et inconsistantes
la plupart du temps. La saturation est en revanche complètement
réussie lors des séquences en flash back, notamment
sur cette très belle séquence qui ouvre le film.
Une image atypique donc, à laquelle il faudra se faire
pour pénétrer au mieux l’esprit jouissif,
déjanté et jusqu’au-boutiste qui irrigue en
permanence l’entreprise Versus, qui demeure un film de copains
réalisé en deçà des studios normalisés
et dans des conditions qui ne sont pas sans évoquer celles
de Evil Dead. A cet égard, l’image paraît délavée
et fade, de même que les scènes se déroulant
dans la forêt Japonaise (l’intégralité
du film…) font remonter du bruit vidéo et accusent
un affaiblissement de la définition, mais lors des innombrables
séquences sauvages, on ne note pas trop de traces de rémanence
ou d’emploi grossier d’un Digital Noise Reducter (DNR)
là où l’attendait exagéré. La
définition reste solide pour le matériel/support
employé et la fluidité est quant à elle aux
abonnés présents même si ce transfert ne figurera
jamais dans les annales. Le niveau de détail en revanche
est très décevant, imputable au formats de pellicule
utilisés. Pour une édition Ultimate, c’est
sans doute la meilleure copie vidéo du film, et les futurs
standards Haute Définition n’y changeront pas grand
chose. Enfin, signalons que le niveau des noirs demeure bien trop
approximatif tout comme l’échelle des gris, assez
grossière, mais une fois de plus, difficile de faire mieux
compte tenu de la nature même du film, disons le franchement,
plutôt fauché et amateuriste… ce qui n’empêche
pas le plaisir !
Audio : Analyse des pistes sons du disque
Une
section sonore apocalyptique au remixage de tout premier ordre,
qui irrigue la bande-son d'une énergie multicanale tout
simplement foudroyante, avec d'authentqiues accélérations
sonores. Pour ceux qui n’ont connu que la version DD 2.0
du film en zone 2 Française, déjà plutôt
intéressante pour du surround matrcié, cette version
Ultimate se présente comme une furie furieuse, difficile
à dompter et particulièrement épicée
en terme de design et de rendu acoustique. Une scène sonore
de tous les instants qui repose sur une façade frontale
d’une très grande dynamique, capable de réellement
remuer votre home cinema et de faire suer votre processeur. L’ampleur
de la scène sonore sur la séquence d’ouverture
laisse tout juste entrevoir la violence sonique de la suite, où
les épées fendent l’air avec du poids et du
volume, et où les coups de feu retentissent avec un panache
et une énergie qui mobilisent tous vos sens. L’activité
multicanale se construit sur cette façade avant, où
la voie centrale déborde de hardiesse et de dynamique,
se posant même comme un centre fédérateur,
un point névralgique autour duquel s’articule toute
la scène sonore. Les voies arrières se font l’écho
et prolongent les effets de style appuyés avec une vigueur
quasi-anthologique. Leur intervention est constante lors des nombreuses
séquences sauvages et elles soulignent avec alacrité
la violence acoustique de ce qui se déroule à l’avant
tout en la reconduisant avec insistance et… barbarie. Le
volume de reproduction est placé très haut sur ce
DVD ce qui permet à la dynamique globale de se développer
davantage tout en conservant un haut rapport signal sur bruit,
de même qu’une réserve d’énergie
suffisante pour produire son agression sonore dans de belles circonstances.
De surcroît, chaque effet sonore se trouve diaboliquement
maximisé et « expansé » avec un soin,
une sécheresse et une rapidité d’exécution
qui font très franchement plaisir à entendre et
à expérimenter. Mais la bande-son parvient même
à élever sa furie en laboratoire sonore, offrant
quelques perspectives théoriques sur le placement scénique
des sons dans une séquence d’action de même
que leur retombée sur le tissu sonore ainsi formé.
La directionnalité acoustique se veut avant tout ambiophonique,
mais les trajectoires soniques des effets sonores sont parfaitement
localisables depuis leur source, leur point d’émission,
leur création, leur expansion et leur « note de traîne
», de même que leur disparition. Le tout de manière
très fluide, très texturé. Lors des passages
les plus animés, et il y en a, la scène sonore est
habitée de toute part et rugit avec une dynamique colossale
et un pouvoir d’envahissement sonore véritablement
volumétrique, toutes les voies participant ardemment à
la création d’une sensation sonore d’envergure
et de tout premier ordre. Le mixage se montre extrêmement
créatif en parallèle, sur les sons des épées,
des coups de feu, des déplacements hors-champ, des signaux
ponctuels, et ses capacités « constructrices »
excèdent sans peine nombre de productions américaines.
Le
format DTS, présenté ici en un plein débit
des plus jouissif, développe encore mieux les écarts
de dynamique et accentue le relief acoustique de manière
on ne peut plus probante. Une différence marquante et qui
s'entend, la plupart du temps. Les effets retrouvent un souffle,
une vigueur, un pouvoir d’élongation et une musculature
soniques digne de figurer dans le bestiaire des bandes-sons les
plus agressives. Les écoutes en DTS ES Discrete mettent
en évidence des lignes de basse plus amples et plus profondes,
tout comme une accentuation franche nette et ciselée de
tous les effets : non pas que ceux-ci se voient revigorés
ou tout simplement améliorés, ils reconquièrent
leur pouvoir d’évocation au même titre que
leur intégrité, qui a une sérieuse tendance
à s’étioler en Dolby Digital. Ce dernier format
sonore ne fait en aucun cas le poids face à la puissance
démesurée et diaboliquement efficace du format DTS
qui monopolise des capacités de dynamique presque enfouies
dans nombre de décodeurs. Les différences ne sont
peut-être pas forcément toujours objectives entre
les deux formats sonores, mais lorsque l’on écoute
en DTS, c’est avec la sensation d’être entourés
et servis avec un renfort d’efficacité, renfort qui
met très nettement en avant les potentialités extrêmes
de la bande-son en rehaussant sa perceptivité, son objectivité
sonore et acoustique. Effets et dynamique sont à ce titre
mis en lumières, et même si la texture du son original
est légèrement altérée (du à
un manque de soin lors de l’enregistrement car l’on
perçoit trop d’écarts entre son direct et
son relevant du procédé artficiel, créés
de toute pièce sur une console de mixage) et pas toujours
très juste au niveau des timbres (une fois de plus, le
film n’a jamais coûté bien cher), il en ressort,
en DTS, une nette « sensationnalisation » dans la
violence sonore qui ne devrait pas manquer de mettre en émoi
un grand nombre de home cinemaniaques. Le volume sonore développé
sur les voies arrières est des plus représentatifs:
plus ample, plus large et surtout plus fluide en DTS. Un son rauque
et massif (certains coups assénés vous atteignent
au plexus), qui se joue de la surenchère avec une bonhomie
confondante, une bande-son qui ne s’économise pas,
pour notre plus grand plaisir. Le canal central arrière
ES possède une vigueur comparable à ses comparses
et se voit utilisé avec sérieux, de manière
quasi-permanente. En comparaison avec le codage Dolby Digital
EX, le DTS ES transcende cette partie de la scène sonore...
Un KO direct, net, franc et massif.
Suppléments : Que trouverez-vous sur la galette
?
Musique additionelle,
nouveau montage avec des inserts exclusifs, le tout remixé
en DTS ES 6.1 Discrete. Sur le disque bonus, le vdéphage
se régalera d'environ deux heures et demi de compléments
avec notamment des scènes inédites (21 minutes),
des scènes coupées, des featurettes (10 et 27 minutes)
puis "Behind Versus Part 2 - Versus the Legend" (46
mins.). Des courts métrages, Nervous 1 et 2 (7 et 16 minutes).
Rappelons
que le film est présenté dans un fourreau cartonné
dont les Japonais ont le secret. Simple, mais très efficace.
Conclusion
Une
édition extrêmement soignée, dont on regrette
en revanche l'absence totale de sous-titrage Anglais, ce qui réserve
le film à quelques indéboulonnables amateurs du
cinéma de Ryuhei Kitamura.
Nos Notes du Disque
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