Sensationnel rendu argentique de la sublime photographie du grand Chris Menges. Les lumières affichent uen divine clarté, la définition se montre aigue et saisissante, les contrastes détaillés et subtils, forts et découpés avec soin. Une image DVD d'une très grande classe et qui affiche une prestance de tous les intants, des scènes de nuit sophistiquées aux compositions savantes sur les grands espaces (sens duc adre à tomber à la renverse), elle suit la cadence et s'adapte à chaque circonstance avec un brio qui laisse sur le carreau. Sa finesse dans les bleu du ciel se voit magnifiéé par une palette colorimétrique douce et saturée à la fois (ocres, oranges et autres couleurs transparaissent à la perfection) réaliste et formidablement argentique, jusque dans les tons de chair. Un remarquable ouvrage visuel, marquant durablement la conscience, d'autant que cette édition ne comporte aucun défaut compressif notable outre un léger grain de temps à autres. Mention spéciale à la m-é-m-o-r-a-b-l-e photo de Chris Menges, véritable bijou d'absolu cinématographique, des cadres jusqu'aux compositions qui captent la chaleur et la saturation des couleurs naturelles avec un savoir-faire à se damner, idéalement restituées sur ce DVD.
Le son
La version Française, doublée par les artistes habituels, notamment pour ce qui est de la voix de Jones, a visiblement subi des retouches importantes et affiche un non respect total face à la version originale: bruitages supplémentaires (criquets omniprésents) en VF inaudibles en VO, façade avant certes plus claire mais délavée etc... A fuir donc, sans quoi Trois Enterrements ne ressemblera qu'à un banal téléfilm avec une acoustique flasque et artificielle.
Les version originales (DTS, Dolby Digital et 2.0) se montrent donc beaucoup plus calmes et nettement plus réalistes. Avec des voix texanes ou Méxicaines captées de manière brute et ultra-fidèle, la bande-son s'anime peu sur les autres voies, mais se concentre efficacement sur l'ampleur des dialogues, qu'elle met en scène adroitement et avec une gamme dynamique et une transparence immanquables. La bande-son restitue le design global que l'on retrouve sur une oeuvre comme 21 Grams: ténue mais intense, loin de toute disposition commerciale ou spectacularisante. En ce sens, une grande intimité envahit la scène sonore mais l'ampleur attendue ne se manifeste pour ainsi dire jamais, avec une réserve expressive sur la façade arrière fort dommageable. Celle-ci ne sera employée que lors des coups de feu qui émaillent le film ou lors d'événements localisés, mais ne contiendra qu'une part très timorrée de partition musicale ou d'émotion acoustique. Sans pour autant renoncer à sa propre ampleur, le film repose sur sa dynamique assez massive, ses dialogues percutants et perçants dont l'épaisseur sonore et les timbres dominent le paysage sonore du film, à l'image de ses personnages qui dominent, chacun à leur façon, leur espace de vie. Aucun artifice, un renoncement certain à l'abstrait (projet de mis een scène sonore différent de celui fréquemment noté chez un Egoyan par exemple) et une disposition acoustico-scénique qui se veut une restitution du sens et du réalisme du drame. On regrettera vivement que l'ouverture sonore soit très limitée, mais l'on appréciera la grande justesse dont elle fait preuve: transparente, plutôt vive, elle ne s'emprisonne jamais dans une étroitesse peu confortable. Disposant d'une réponse en fréquence idoine, la bande-son se répand sur tout le spectre avec une énergie certaine et des valeurs de véracité qui sont le véritable objet de la mise en scène sonore.
Comme c'est d'ordinaire le cas chez l'éditeur, Europa, presque aucune différence n'est audible entre les codages multicanaux, et le passage en Downmix Stéréo Surround analogique de la piste Dolby Digital 5.1 donne des résultats enthousiasmants... La piste Dolby Surround 2.0 se voit limitée par ses faibles capacités réactives et acoustiques et Dieu merci, ne dépasse aucunement le rendu des pistes 5.1. Ces dernières affichent des caractéristques techniques comparables en tout points, à quelques nuances près: le format DTS dispose d'une ouverture acoustique générale ainsi que d'un pouvoir de recouvrement légèrement plus ample et évocateur. Aucune normalisation des dialogues n'a été détectée, ce qui autorise une comparaison directe entre Dolby Digital et DTS (offset: 0 dB ). Au final, l'intimité acoustique et les micro-variations sonores de cette bande-son ne se voient pas restotuées avec davantage de fermeté ou de subtilité par cette piste DTS qui se contente d'être là comme sur bien des sorties de l'éditeur, mais révèle finalement une forme d'inutilité en raison du traitement qui lui est apporté... Aucune différence de tonalité ou de réponse en fréquence, mais une élongation et une pointe de prolongement acoustique sont à détecter sur le format DTS qui, de manière timide toutefois, semble prolonger et affiner le paysage sonore de ces Trois Enterrements avec une grâce légèrement plus substantielle.
L'interactivité
DISQUE # UN
Bandes-annonces (Dolby Digital 2.0 et 4/3).
Making-of (14 minutes 45) finement pensé, réalisé par une équipe Française, et mêlant tournage, courts bêtisiers, interviews (Cannes...). On y découvre un Tommy lee Jones profondément intègre et austère, mais d'une sincérité absolue, qui devait faire autorité. Un court segment conçu avec tact et efficacité, et proposé dans une très grande qualité d'image.

DISQUE# DEUX
Documentaire de Canal+ : « Le retour à la terre de Tommy Lee Jones » Remarquable documentaire qui suit le cinéaste-acteur sur les lieux du tournage, dans on véhicule, lunettes de soleil vissées sur les yeux. Un voyage rétrospectif sur fond de musique du film, un supplément que l'on apprécierait de voir plus souvent.
Présentation du film au Festival de Cannes 2005 (14min55), superbement monté et fort en émotion... mais surtout très complet.
Avant-première à Paris
Le making-of de la musique (7min52) qui donne la parole au cinéaste sur ses choix musicaux (chansons, inspiration...), et ses raisons d'avoir opté pour Marco Beltrami (ancien apprenti de Ennio Morricone).
Interview de Tommy Lee Jones
Interview du scénariste Guillermo Arriaga
Scènes coupées
CD Exclusif de la bande originale du film composée par Marco Beltrami

Edition spéciale Fnac
Un DVD-5 incluant la masterclass de Tommy Lee Jones et Guillermo Arriaga enregistrée le mercredi 16 novembre 2005.