Un pressage SD de haute tenue, qui respecte au mieux les intentions visuelles du cinéaste. Les images demeurent denses et enlevées, la fluidité du codec MPEG II atteint de superbes valeurs. Poit fort: la lisibilité des (éternelles) scènes obscures. Outre des contrastes qui n'atteignent pas la précision chirurgicale d'un pressage HD, les séquecnes sombres se montrent profondément définies, le report THX aidant. La définition aurait mérité d'être plus aiguisée, mais les images altérées du cinéaste Ibérique se montrent sous un jour net et précis. Ce sera, au final, une image respectueuse, qu'il s'agisse des tons de chair ou de l'étalonnage colorimétrique, tout comme de la précision d'ensemble. Une lisibilité optimale, et un codec MPEG II qui suit la cadence visuelle avec brio et tact, dynamisme vidéo et sérénité plastique.
Le son
Artistiquement et techniquement, impossible de ne pas décerner à ce travail et à cette bande-son un Diapason d'Or. En effet, notre exemplaire propose le film en Dolby Digital 2.0 (sous 192 Kbps), mais la piste DTS était bel et bien présente, et encodée, de plus, en Plein Débit (1509.75 Kbps). Et quelle performance éblouissante ! Le cinéaste a insisté sur l'apport formel du son dans de multiples interviews. Il s'est entouré du sound designer Britannique Glenn Freemantle, qui avait déjà oeuvré sur le Sunshine de Dany Boyle, proposant une scène sonore remarquablement atmosphérique et diablement perforante. A ce sujet, le cinéaste a répondu à une question sur l'impact dramatique et narratif du son dans ses films:
"Depuis mes courts métrages, je considère que le son est un outil de base pour créer la peur. Dans Aftermath, je dépeignais un monde fort peu différent de la réalité, mais on le percevait comme un exercice de genre : un film d'horreur, bien qu'il n'en était pas un techniquement parlant. Je pense que cela était du à I’ atmosphère sonore créée. Quand j'ai vu Lost Highway de David Lynch, j'ai compris combien on pouvait manipuler ou faire peur en utilisant le bon effet, voire la bonne fréquence. Le cinéma relève de I'hypnose et ce film en est une preuve. Quand des gens m'interrogent sur des éléments obscurs de I'intrigue dans Abandonnée, je me réfère toujours a la musique pour m'expliquer. Avec ce film, j'ai voulu créer une expérience sensorielle, a la fois sonore et visuelle, comme avec une musique qui vous transporte juste émotionnellement. Je ne me demande jamais si un morceau de musique veut dire quelque chose ou non, ou si les paroles suivent une logique particulière. On se laisse juste aller, en I’ écoutant encore et encore, sachant pertinemment comment cela va finir à chaque fois, mais cela ne nous empêche pas d'en profiter totalement. Je pense qu'en tant que public, nous sommes parfois victimes de certaines conventions, qui limitent notre perception des voyages que le cinéma propose. Selon moi, ce n'est pas tant une question de "ou nous allons", que de "comment nous y allons". Du coup, j'ai eu beaucoup de chance de travailler avec Glenn Freemantle et son équipe aux studios Pinewood, qui avaient déjà a leur actif des films tels que 28 jours plus tard et V pour Vendetta, lis ont compris cette puissance et I'ont exploitée a fond, aides de David Kristian, un très bon ami a moi, qui a créé les atmosphères sonores les plus perturbantes que j'ai jamais entendues. II est arrive avec une bande son très hypnotique qui a énormément contribue à créer ce sentiment d'horreur qui continue même une fois le film termine."
Ce report THX propose une scène sonore qui figure parmi les plus convaincantes jamais entendues. Œuvre radicale, la bande-son du film propose une expérience de la terreur qui pourrait faire figure de modèle théorique. La scène multicanaux se voit vive et contrastée, offrant de multiples aspects et une redéfinition permanente de la notion d'ambiophonie. Tous les canaux se mettent en œuvre afin de suggérer des perspectives acoustiques sans cesse renouvelées, continuellement actives. La bande-son repose sur une réponse en fréquence idéale, d'un extrême du spectre à l'autre. Les graves accusent un poids formel d'une imparable densité, et distillent un tapis d'infra-graves contextuelles perforantes et mémorables. La conception sonore, pour sa part, accumule les sonorités abstraites qui évoquent un univers déliquescent et malsain, oppressant et dynamique en diable. En ce sens, tous les canaux participent à la création d'un univers acoustique de très haut calibre, et qui cumule activité multicanaux démentielle, réponse en fréquence idoine, dynamique échevelée et activité permanente. Chaque événement sonore dispense des effets audio-visiogène à l'impact immédiatement terrassant. Les deux scènes sonores, frontale et arrière, possèdent des raccords et une cohérence dans leur relation formelle qui a de quoi ravir même les oreilles les plus blasées. Loin de simplement et basiquement créer des effets surprises, l'univers acoustique du film capitalise les sensations de terreur, puis propose une accélération soudaine doublée d'une amplification absolue de tous les canaux, créant par là-même une sensation d'oppression tactile et radicale. le format DTS propose une lisibilité optimale, et explore le master avec une maestria sans pareil. Lorsque la conception artistique rejoint la performance technique, on se retrouve face à un univers qui ne laissera personne indifférent, et que Abandonnée se plait à explorer à chaque plan. Le niveau de détail sur les canaux arrières ou frontaux atteint des valeurs maximales, qu'il s'agisse de sonorités d'ambiance, ou de la diffusion de la musique abstraites, elle-même faite de sonorités plus que de masses symphoniques. Profondément perturbante car imprévisible, la bande-son est comparable à un univers dans sa dimension acoustique et la densité maximale qu'elle atteint. Chaque son se déplace dans l'espace avec une mobilité traçable au rasoir. Précision et dimension, transparence et force de conception dominent les sensations éprouvées, et rares sont les bandes-son qui procurent un tel plaisir d'écoute, et qui proposent un tel état de radicalité dans leur conception, toute entière dévouée à décupler l'impact des images. D'une rigueur extrême et d'un pouvoir de conviction sans pareil, la bande-son du film dépasse son statut de contrepoint dramatique, et propose un souci de réalisme et d'exigence qui laissent tout deux sur le carreau. Brillant exercice, le travail sonore est ici un véritable exercice de fiction, qui participe à la création de l'univers du film de manière symbiotique avec les mages. De multiples délocalisations sur les voies arrière achèvent de composer cet univers acoustique entièrement fait de terreur et d'angoisse distillées avec tact. Terrorisante et complexe en diable, la bande-son demeure l'une des plus belles jamais entendue, et s'impose, avec force et fracas, comme la bande-son de l'année, véritable valeur étalon pou les œuvres horrifiques à venir. Les dialogues se montrent aériens dans leur rendu scénique, et la voie centrale possède un pouvoir de définition là aussi puissamment évocateur. La piste Dolby Digital 2.0 se montre incapable d'en restituer ne serait-ce que 10% de l'efficacité du format 5.1 multicanaux.
Au final, ce sont des valeurs superlatives, et il sera bien difficile de résister à ce tourbillon acoustique complexe d'effets en tout genre. Nos plus hautes distinctions accompagnent cette chronique, sur le plan artistique et technique.
Interactivité
Dans l’antre d’Abandonnée : making-of inédit (30’)
Nacho Cerda et l'approche de la mort (28’)
Les petits secrets de Nacho Cerdà (13’)
Petit dialogue entre amis : quand Buck rencontre Cerdà - les 2 réalisateurs parlent de leurs influences cinématographiques (14’)
Scènes alternatives et coupées (13’)
Comparatif film/story-board multi-angle (6’)
Story-board du film (imprimable en partie Rom – 493 pages)
Galerie photos
THX Optimizer (mire de réglages)
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