Les tonalités ocres et 'terre' de ce métrage très stylisé se laissent reproduire avec uen douce efficacité, sans jamais tomber dans la sursaturation. En dépit d'une photographie typée et parfois peu natuelle, l'univers cinégénique du film se voit ici octroyé un bel éclat (lumières et contrastes ad hoc), doublé d'une définition qui nous permet de penser que la SD a encore de beaux jours devant elle. Sans excès et sans fioritures, les images du film demeurent fluides (compression MPEG-II à peine visible) du premier au dernier plan, même si l'on notera quelques traces de poussière et de tâchettes à peine visible sur l'internégatif employé. Les images ne sont pas des plus rutilantes, conditions de tournage obligent mais possèdent une très belle patine sur cette édition DVD SD qui a le bon goût, comme toujours chez l'éditeur, de préserver les intentions originelles des créateurs. Le piqué demeuyre globalement de convenable à correct, mais les contours ne sont jamais sur-accentués comme cela aurait pu aisément être le cas. Une image fidèle et stable, éloignée des standards hollywoodiens, mais suffisament performante pour être appréciée à sa juste valeur. La température colorimétrique est assez élevée, mais cela est du, sur de nombreuses séquences, au souhaits des metteurs en scène.
Le son
Nous ne saurions que vous conseiller un visionnage intelligent, histoire de profiter d'une vitalité et d'une ouverture multicanaux franche dès les premiers instants, doublée d'un sens du détail totalement placé au service du film. Alone suggère un lissage acoustique dans la pure veine du cinéma horrifique Asiatique, qui propose, en série, des capacités dynamiques colossale (emploi récurrent de la gamme dynamique, ou passage d'un son très faible à un son extrêmement élevé) et une spatialisation pointilleuse lors des séquences-clé. Le film n'y échappe pas, et profite d'une lumineuse réponse en fréquence, qui s'étale d'un bout à l'autre du spectre audible. Certaines zones de ce spectre sont exploitées avec parcimonie, tandis que d'autres (haut et bas) occupent le premier plan de la scène sonore avec une fidélité de premier ordre. La scène sonore demeure vive et variée, et alterne ambiances et placements d'effets avec une réelle maestria tant technique qu'artistique.
Sans proposer une surenchère continue et intensive, le film préserve un caractère acoustique réaliste et parfois très intime (très beaux détails isolés sur le canal central), installant la narration dans un continuum fluide et familier, avant de passer à l'étape supérieure en libérant des effluves d'outre tombe. Chaque séquence horrifique (régulièrement placées dans la dramaturgie du film) libérera un pouvoir multicanaux très directif reposant sur une amplification soudaine de la dynamique qui poussera la notion de volume et de temps de montée dans ses derniers retranchements, ne ménageant ainsi aucun répis aux palpitants des spectateurs. En ce sens, la scène sonore se réorientera vers les hors champs placés aux 5.1 axes d'écoute, et mobilisera des capacités de manifestation aussi diverses que possible. Sans atteindre un placement aussi expert et cisellé que sur The Eye 2 ou Regeneration des frères Pang par exemple, que nous avions chroniqué, Alone parvient à trouver un équilibre naturel dans la restitution du réel et de l'irréel. Par là-même, les effets se seront pas aussi diaphoniques que sur d'autres productions, ne seront jamais vraiment ventilés de manière intense et sauvage sur tous les canaux, mais émaneront davantage d'uen couche d'ambiance, soudainement déstabilisée par des sonorités horrifiques réparties ça et là sur la scène arrière.
La clarté de l'évocation convie le réalisme technique et artistique, confrontant réel et irréel sur un même plan, et il est important de signaler que le surnaturel ne surgira pas exclusivement des voies arrières, mais hantera l'intégralité de la scène sonore et de ses ambiances installées. En reproduisant sur le mode sonore la source même du fantastique (une anormalité vient briser lz quiétude de la normalité), cette bande-son parvient à) trouver son propre terrain définitionnel, sorte de réplique technique aux intentions artistiques. La scène sonore multicanaux s'ouvre alors de manière phénoménale et surprend par ses capacités d'attaque franches et variées, faisant surgir des volutes de basses et autres sonorités distendues venues d'outre-tombe là où on ne les attend pas forcément.
Le codec DTS détend ici la dynamique et amplifie la perception de l'horreur. Il apporte un lissage presque symphonique et une réactivité physique tout bonnement d'une bluffante efficacité. L'activité surround se voit décuplée avec maîtrise et ampleur, les débordements sur la scène arrière se montrent plus qu'inquiétants, tandis que domine un trouble acoustique, toujours maîtrisé. La dynamique se voit revigorée et se laisse découvrir dans sa pleine mesure. Les effets les plus directionnels traversent la scène sonore avec une verve inattendue, tout en préservant la clarté de l'écoute et l'intelligibilité à l'aide d'une exploration de la zone médium juste et raffinée. Une main de maître !
Au grand final, il s'agira d'une bande-son énergique et nuancée, capable de dissiper des masses d'information jusque dans la partition musicale inspirée. Le domaine multicanal n'y est évidemment pas oublié puisque les six canaux sont actifs en quasi-permanence et savent se mouvoir avec habileté au gré des courants acoustiques qui les traversent. Moins démonstrative mais plus concertée, cette bande-son se voit hantée en permanence par des manifestations agressives réparties aux quatre coins de la pièce d'écoute, jusque dans l'incendie final, reproduit de manière expansive et juste, clé de voûte d'une bande-son très naturelle et puissament évocatrice.
Le format Dolby Digital 2.0 aura bien du mal à suivre, et en comparaison directe, il sonne tel du mono compressé en MP3...
La piste Française Dolby Digital 5.1 lisse quelque peu les ambiances, demeure efficace, mais ne possède aucunement le pouvoir evocateur du codec DTS, ici présenté en Plein Débit.
Interactivité
Une interactivité classique chez l'éditeur, qui donne accès à suffisaùent d'informations annexes sur le tournage et les conditions de production.
Making-of
Scènes coupées (20’)
Clip
Bandes – Annonces
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