Rutilantes dans l'ensemble, les images ne souffrent d'aucun défaut réel, outre ceux inhérents aux choix de pellicule mais parti-intégrante de la mise en scène. Fluides et enlevées, les scènes de nuit se voient fort bien contrastées et la définition acérée repérée dès les premières séquences n'y laisse aucun pixel. Les lumières, étudiées, ne souffrent d'aucune sur-compression. Le niveau de détail du premier au dernier plan visible demeure lisible et asez performant, révélant même de belles richesses chromatiques lors de certaine séquences. Les incessants mouvements de caméra, qui s'illustrent parfois de manière ostentatoire, ne donnent pas lieu à des tumultes de la compression. Une certaine plénitude visuelle vient à l'esprit à la vision du film, qui se voit ici desservi par un transfert PAL fort réussi. Seuls certains effets spéciaux visuels viennent gâcher sporadiquement le spectacle en raison d'un intégration ridicule en bien des occasions...
Une épaisseur et un volume placés fort hauts, un encodage son rigoureusement agressif et porteur, une bande-son inspirée et ultra-agressive: voilà comment qualifier l'expérience sonore offerte par An American Haunting. Le film bénéficie en effet d'une façade sonore qui se fond en performance acoustique, souvent à la manière d'un The Haunting (Jan De Bont, 1999) dont la bande-son avait été créée et mixée par Gary Rydstrom. Dans l'ensemble, impossible de passer à côté de l'aplomb que suggèrent les dialogues, ni même de la dynamique surprenante et totalemet agressive qui a été insufflée à cette bande-son. Chaque parcelle de la zone d'écoute semble profiter d'un pouvoir de recouvrement idoine, tandis que les zones géographiques de la scène sonore (façade avant et arrière) se montrent tour à tour parfaitement identifiable, et fondues l'une dans l'autre avec une fluidité et des qualités de dispersion que nous n'avions pas entendues depuis belle lurette. Il n'en reste pas moins que l'approche artistique, certes tapageuse, repose avant tout sur un aspect documenté et réaliste, mettant en avant des détails parfois inutiles et n'hésitant aucunement à faire remonter un bon degré de texture et de définition qui apporte tout son lot d'identification primaire (réalisme) et secondaire (réactions des spectateurs aux effets et autres sollicitations audio-visiogènes pour reprendre une expression de Michel Chion). Il en résulte une bande-son très composée, au superbe écxlat tonal (propreté et expressivité des médiums et aigues, réponse tonale...) et fort réussie, sur laquelle le film se bâtit à plus d'une reprise. L'emploi de la dimension scénique du format multicanaux 6.1 se montre rigoureux et libre, ce dernier étant à plus d'une reprise tiré vers des extrêmes certes ostentatoires et 'grotesques' (mise en avant archi-poussée), mais dythirambiques sur le plan acoustique. Par exemple, lors d'une scène centrale, un esprit se manifeste sur les trois voies arrières en raclant littéralement la surface des enceintes avec fracas et puissance acoustique, dupliquant à l'arrière de la scène sonore ce que les personnages expérimentent dans une vieille maison en bois.
Une perspetive subjective est ainsi créée selon le positionnement des personnages à l'écran, la scène sonore pouvant s'orienter à foison, preuve de ses qualités de circulation et de mobilité. Assise sur une dynamique capable de très grands écarts, la bande-son propose également une hauteur expressive qui mobilise l'intégralité du spectre sonore, avec une bonne qualité de réponse en fréquence. Celle-ci anime la scène sonore de manière circulaire, et permet d'insuffler une diemsnion éruptive dont bénéfciera le film lors des coups de feu ou encore des scènes de possession ou des voix humaines se baladent sur toutes les voies de manière multidirectionnelle, assurant ainsi des sensations 'épidermiques' aux auditeurs peu habitués. Une bande-son effective, capable d'une remarquable efficience, et qui vise parfois à sur-dimensionner ou exagérer le propos acoustique, non sans bonheur et audace. Certaines basses fréquences résonnent telles des nappes pénétrantes difficilement audibles mais parfaitement calibrées pour s'incruster dans le mobilier de la salle d'écoute. Elles animent encore plus les séquences les plus éloquentes et enfonçant le clou encore plus loin et en insistant sur le caractère physiologique et organique de la bande-son.
La musique bénéficie d'un superbe relief spatial et tonal, notamment sur la piste DTS ES Discrete, où le canal central arrière préserve ce qui se disperse en Dolby Digital (passé en EX). Les trajectoires des cordes (instruments dominant la partition) ainsi que leur angoissante et lancinante portée se voit décuplées et élargies en DTS ES, là où elles retombent sur terre en révélant une forme de distorsion en Dolby Digital. COmposée par une équipe Canadienne (Québecoise), la bande-son mérite amplement notre diapason d'or pour sa prestance par moments anthologiques. Réalisée dans un contexte certes traditionnel (le grand guignolesque qu'impose le genre), elle bénéficie pourtant une forme de sensibilité extra-hollywoodienne tout en représentant le meilleur de l'acoustique Hollywoodienne... que de toutes façons, on n'entend plus. Par moments, sa puissance expressive et son filé étalé sur toutes les voies, avec vitesse et dynamique, possède très sincèrement de quoi faire flancher un palpitant un peu fragile... Vous voilà prévenus si une écoute à fort volume ne vous fait pas peur. Certaines transitions ou amorces sont négociées sur le mode sonore et la bande-son propose des écarts de gamme dynamique propres à réveiller un mort (accident de carriole, événements météorologiques, sursauts de terreur...). Propreté multicanaux et force d'assaut acoustique se voient fréquemment décuplés et amplifiés, avec, toujours, un fileté et un panache sonore à fondre de plaisir. A elle seule, la bande-son résout une problématique: comment être au coeur d'un genre archi-codé et encore parvenir à innover en le poussant dans ses retranchements.
Autre exclusivité: la présene d'une piste DTS ES 6.1 Discrete (canal central arrière pleine bande et réel 6.1, soit 7 canaux discrets et bien réels). Le film n'a jamais été mixé sur sept canaux, mais sur six. Il ne faudra donc aucunement s'étonner de la présence certes hurlante et puissante de ce canal central arrière, mais quelque peu accessoire, ce canal ne re présentant jamai vraiment un axe, un support, un pilier sur le quel reposerait la scène sonore et sur lequel il aurait été possible de faire poindre des entrées ou sorties de champs (arabesques sonores plus complexes). Néanmoins, en quelques occasions, la scène arrière respire d'une vigueur incroyable, et ce canal central arrière se montre impérieux et profondément réussi, instaurant une triphonie composée et éclatée, forte en diaphonie, donc en séparation... et donc lisible au millimètre près. L'apport du mode Discrete conserve la réponse en fréquence initiale. Si la pluaprt du temps, les différences avec le format Dolby Digital EX sur ce canal central arrière se limitent à l'ancdotique, à d'autres, elles flirtent avec le mémorable, notamment sur la musique (imparablement supérieure en DTS ES 6.1 Discrete), qui récupère une ouverture arrière sans perte ou dégradation (cordes, piano...), ou bien lors des évenements surnaturels. Là-dessus, en DTS ES 6.1 Discrete, la scène arrière se fait plus brillante, plus ouverte, plus forte, plus étalée, et surtout, très largement plus détaillée. Le canal central arrière semble s'élever en hauteur et volume sonore lors des écoutes en DTS ES 6.1 Discrete, tandis que le Dolby Digital EX donne le sentiment de se rabaisser, de s'effondrer, ce qui nuit à l'élargissement et à la perception des très nombreux détails incrustés dans la chair même de la scène arrière. D'où l'intérêt technique et artistique, démonstration à l'appui, d'un format 6.1 discret et non matricé. Dans les deux formats, ce canal est actif en permanence, parfois avec une force vive excessive, qui fait plaisir à entendre. La bande-son et sa complexité acoustique (étalage de bruitages, définition des plans et étagements sonores) ne peut qu'en profiter, et ce même si la stéréophonie arrière se voit parfois brisée ou réduite. Enfin, précisons que lors du générique de fin, la piste DTS ES 6.1 Discrete transforme l'assise symphonique de la scène arrière grâce à son canal central discret.
Le format DTS lui-même sur cette édition dispense de brillantes qualités spatiales: il fonctionne tel un élargisseur et un libérateur, qui, sans réellement décupler l'impact, renforce de quelsues bons crans la perception des détails, affine le relief multidimensionnel et densifie les éléments sonores et dynamiques en présence. Une réussite objective de force et d'assurance qui ouvre plus encore l'impact tonitruant de la bande-son. Préservant un maximum de fore vive, il ne souffre d'aucun affaiblissement tonal ou spectral, et offre à la bande-son la propreté d'une dynamique visiblement non-réétalonnée pour l'adapter à une exploitation domestique. Le format Dolby Digital, pour sa part, introduit une légère mais audible distorsion lors des passages chargés en décibels et au niveau de détail élevé. Il tient difficilement la comparaison face à la propreté, à la fluidité, à l'impact, à l'éclat et à la linéarité sonique que développe la piste DTS ES 6.1 Discrete, décidément très forte en sensations. Immanquablement, une réussite majeure.
Attention: notre diapson do'r n'est pas attribué en raison du côté 'montagnes Russes fracassantes' de la bande-son, mais récompense ses qualités intrinsèques en rapport avec le genre horrifique, aini que ses prestations techniques d'intégration des éléments, et la réussite qu'offre la piste DTS ES 6.1 Discrete.
Interactivité
Aucune sur l'édition simple