Les lumières et les choix esthétiques de la chef opératrice Agnès Godard, ainsi que ceux de la cinéaste, sont conservées sur ce pressage. Néanmoins, impossible de ne pas évoquer sa dimension téléfilmique, inscrite dans la définition de l'image, très aléatoire; et ses couleurs, délavées. Des tonalités froides et presque désaturées par moments, et une dimension argentique qui évoque un croisement entre 16 et 35 mm. Les tout premiers plans évoquent la performance d'une VHS, puis l'on se surprend à déduire qu'il s'agit là d'une esthétique imposée, pensée et conçue avec soin... Difficile d'en être satisfait. L'image de cette édition souffre de quelques défauts d'encodage dus en partie aux éléments d'origine, et propose des lumières laiteuses dont la strcture même altère le rendu de la définition et des contrastes, parfois très inquiétants. Les scènes de concert, elles, sans bénéficier d'une esthétique supérieure ou différente, offrent un rendu quelque peu plus dense et solide.
Le son
Une surface sonore un peu mat et étouffée qui ne permet pas de débordements à la réponse en fréquence. En ce sens, les dialogues, toujours correctement centrés (spatialement et sur le plan tonal), se voient quelque peu bridés en terme d'élongation et de portée dramatique, en raison de cette limitation discrète certes, mais tout de même perceptible sur certaines zones du spectre audible.
Le mixage multicanaux ne manque parfois aucunement d'ouverture (musique et paroles diffusées en stéréophonie sur les deux enceintes définissant la scène arrière) et de pertinence, mais souffre d'une forme elle aussi en retrait: dialogues et situations se montrent purement monophoniques (un choix que nous ne constaterons pas), dans le sens où elles semblent éteindre toute captation et mise en scène acoustique des ambiances. D'autres passages les mettront pourtant en valeur de manière très réussie, à l'image de cette poignée de scènes de rues parisiennes. Quant à la musique, elle capte elle toute l'essence muticanale du mixage 5.1. En effet, sa lisibilité se fait subtile et son objectivité harmonique fortement mise en avant, sculptée autour de la voie centrale (paroles) et capable de déploiements acoustiques inattendus, définissant par là même des formes sonores surprenantes et sincèrement réussies. Centre névralgique du film, les chansons se voient investies d'une charge dramatique phénoménale (ouverture du film) que le mixage 5.1, pensé et réalisé en tant que tel, se plait à mettre ne lumière, atteignant ainsi le statut de mise en scène. Déplacements latéraux, circulations instrumentales de voie en voie, dynamique ascendante et réponse plus marquée, lors des instants musicaux, le film récupère une entité immanquable qui le fait échapper à ses aspects trop timorrés et lui ouvrent les portes de la franchise dans l'évocation dramatique.
Toutefois, ces efforts plus conceptuels restent au stade de l'expérimentation et n'occupent pas une part si sensible de l'écriture scénique. La piste DTS mi-débit incluse se distingue, en outre, très peu de sa rivale Dolby Digital, alors qu'il était possible de s'attendre à des résultats enthousiasmants. Si la perception des masses sonores s'élargit, et si la dynalique musicale dessine des figures harmoniques plus musicales et plus flatteuses, cette piste DTS ne possède pas d'âme véritable et ne fera jamais luire une justesse plus sensible ou lumineuse, comme c'est pourtant bien souvent le cas sur des productions dominées par la musique. Le caractère peu physiologique des sons du mixage ne le favorisant pas, la piste DTS convaincra certes, mais mobilisera surtout la bonne volonté de l'auditeur-spectateur. Les sursauts de dynamique, francs et nets (générique d'ouverture et ambiance du public) se voient eux soulignés avec davantage d'aisance, mais aucunement de manière très convaincante ou très objective. Il en demeure un rendu un tantinet plus arrondi qui profite à l'acoustique ouatée du film, mais pas de "mise en détail" ou de sonorités plus riches, qui doivent pourtant bien être présentes dans le master originel.
Enfin, ne pas oublier d'abaisser le volume de 4 dB lorsque l'on passe de la piste Dolby Digital à la piste DTS, en raison d'un offset (normalisation des dialogues).
L'interactivité
D'élégants menus en 5.1 accompagnent la navigation.
En guise de supplément, un unique documentaire fort agréable en cinq parties sur le tournage, chapitré en tant que tel. D'une durée conséquente (4/3, 51 minutes), il n'hésite pas à nous faire découvrir l'ambiguité du tournage (disfonctionnements parfois lourds enetre Seigner et Le Besco...) ainsi que l'inquiétude grandissante de la cinéaste.
L'habituel lien internet vers le site de l'éditeur TF1 Vidéo est également de la partie.