

Banlieue 13 (2004)
Avec:
Paris, 2013. Damien est l'élite
de la police. Officier d'une unité spéciale
d'intervention, expert en arts martiaux, il est passé
maître dans l'art de l'infiltration et sait mener
à terme ses opérations par des actions rapides,
précises et néanmoins musclées.
Et c'est bien la mission la plus
extrême de sa carrière qui vient de lui être
confiée : une arme de destruction massive a été
dérobée par le plus puissant gang de la
banlieue. Damien est chargé d'infiltrer dans le
secteur pour désamorcer la bombe ou la récupérer.
Réalisé sans le moindre
souffle ni la moindre inspiration artistique, Banlieue
13 ne se distingue guère sur le plan plastique.
Outre ses chorégraphies rapides et echevellées,
la seule réussite du film (les cascades sont réalisées
en live, sans câble la plupart du temps), Banlieue
13 constitue avant tout un gâchis sans âme,
un film de commande de plus à mettre au crédit
de Besson-le-producteur. Dialogues insipides, consistance
nulle, durée anecdotique, rien ne semble élever
le film au-dessus de ce qu'il demeure: une oeuvrette certes
impeccable techniquement (le réalisateur fut un
chef-opérateur) mais dont la dimension ou l'essence
première ne cessera de nous échapper...
sans que l'on cherche à l'atteindre. Cependant,
le film baigne dans une technicité certaine qui
dépasse allègrement celle de Blade III !
On ressent l'influance de Ong Bak voire, avec un peu d'ambition,
celle de New York 1997 de Carpenter, mais Banlieue 13
ne cesse de jouer la surenchère sommaire et abrutie.
Quelques séquences mouvementées mis à
part (l'ouverture, le casino etc... recèlent un
certain sens pratique de mise en scène et disposent
d'un montage éclair d'une saisissante efficacité),
le film demeure plombé par un certain atavisme.
Au final, Banlieue 13 restera un gigantesque clip de démo
pour les prouesses bondissantes à proprement parler
hallucinantes des deux vedettes. Une série B poussive
mais énervée, qui propose une lecture concertée
de tous les dossiers artistiques et techniques propres
aux productions Besson (notamment dans son scénario,
indigne). Les séquences d'action, elles, véritable
clé de voûte du film de Pierre Morel, se
révèlent épatantes tant dans les
prouesses physiques que dans le montage et la technicité.
Elles sauvent le film du nanar patenté...
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L'image
On prend les mêmes et on recommence,
par rapport à la précédente édition:
une section image détonnate de précision et
de présence. Le format CinémaScope est utilisé
à bon escient, et la compression parvient à
suivre la cadence parfois sportive des exécutions
formelles du réalisateur et du chef monteur sans
faillir. De bout en bout, l'image de Banlieue 13
convainc non pas pour son éclatante lecture cinématographique
du monde, mais par l'univers qu'elle semble créer:
baignée dans des tons aciers ou ocres, tantôt
éclatants sur les extérieurs, tantôt
grisaillant (le béton omniprésent de la cité...)
la photo du film est retranscrite ici avec une belle fluidité
et dans une lumière parfaitement calibrée.
Pierre Morel, ancien chef-opérateur, ne s'y est visiblement
pas trompé. La colorimétrie si spécifique
au film (les couleurs ont été filtrées
sur la majeure partie des séquences) se voit retranscrite
là aussi sans réelle fausse note. Ajoutons
à cela une gestion du contraste optimum la plupart
du temps (outre la séquence du casino, plutôt
terne, ce qui ne manseura pas de surprendre) et un degré
de définition des plus coinvenables, et l'on obtient
un nouveau titre qui incarne réellement les potentialités
techniques du DVD. De manière générale,
les arrières-plans sont détaillés et
convenablement gérés. Le niveau des noirs
est par contre légèrement moins solide et
fluctue selon les passages. Solide et affinée, l'image
ne manquera pas de convaincre, tout comme la compression:
un sans-faute à son actif. On regrettera cependant
une image un peu typée "numérique"
par moments, mais complètement typique des productions
EuropaCorp finalement. Tout ceci nuit finalement quelque
peu au rendu argentique que nous affectionnons tant, sans
pour autant constituer un défaut de taille. A noter,
le superbe générique, sous influence là
aussi, mélange de diverses techniques de montage,
idéalement reproduites sur ce DVD. Le nouveau transfert
THX n'apporte que très peu d'améliorations,
si ce n'est aucune. L'image récupère un bitrate
digne de ce nom, 9.32 Mbps, plutôt énorme,
qui lui offre une belle densité, une meilleure assise
et une meilleure lisibilité dans les scènes
d'obscurité. Du reste, la définition se montre
plus fine et détaillée, et les légers
défauts se montrent désormais aux abonnés
absents...

Le son
Mixée et préparée
au Digital Domain de Luc Besson dans des conditions luxueuses,
la bande-son de Banlieue 13 constitue pour le film un
authentique cheval de bataille tout en proposant, fait
plutôt rare pour une production Besson, une relative
déception... On reconnaît de suite, dès
les premières minutes du métrage, la patte
si caractéristique de Didier Lozahic, mixeur émérite,
"soundman" de Luc Besson depuis belle lurette.
Lozahic a toujours su dessiner un paysage sonore de premier
ordre, en intégrant les éléments
théoriques du genre du film au cœur même
de la bande-son qu'il compose. Ici, dès le générique
et ses lourdes basses, ses caractéristiques techniques
et artistiques se révèlent de manière
évidente et patente: un son vif, rapide, hautement
spatial, et qui, sans chercher à éparpiller
les sons de manière grossière dans l'espace,
parvient à créer un paysage acoustique au
service du film. La suite est une confirmation: le métrage
bénéficie d'un mixage dynamique et apprêté,
qui ne se déchaîne réellement cependant
que lors des scènes agitées, déployant
alors une épatante énergie acoustique qui
fonctionne, d'un point de vue formel, en symbiose avec
l'image. Déflagrations, déplacements d'objets,
coups de poing et pieds, tous se voient fermement ancrés
dans des fréquences basses qui en décuplent
l'impact. Sans être d'une mobilité et d'une
inventivité exceptionnelle, la scène sonore
repose sur une base stable, localisant les bruitages sur
le devant de la scène frontale, et répartissant
la musique (malheureusement peu inspirée et envahissante)
sur les autres voies disponibles. Fugacité et rapidité
caractérisent ce travail sonore: les éléments
ambiophoniques ne s'installent jamais vraiment dans les
voies surround, mais y circulent de manière rapide,
nette et franche, d'où ce sentiment de célérité,
d'évanescence et "d'éphémère"
que nous abordions plus haut, bien que ces termes soient
un peu forts. Rythmée et de nature changeante,
la bande-son propose un pouvoir de recouvrement spatial
relativement limité la plupart du temps (déception,
donc, pour les séquences dialoguées), mais
qui parvient à s'ouvrir de manière outrancière
(sous contrôle toutefois, et jamais dans l'excès),
aidée en cela par une gamme dynamique idoine, lors
des séquences d'action pure, comme celle du casino
ou encore de l'évasion en voiture. Lozahic affectionne
particulièrement les basses fréquences,
qui sont mise en scène avec un brio technique bluffant
dans Haute Tension. Ici, le constat est à peu près
le même: moteurs des véhicules, coups de
feu ou bien simple tapis acoustique figurant la dangerosité
d'une situation, elles se révèlent efficaces
et quasi-omniprésente dans le projet sonore du
film. Pour continuer sur le terrain de la technique pure,
nous serions tentés de dire que ce DVD est en soit
une réelle déception... Les raisons sont
bien simples: comme tous les films édités
par EuropaCorp, le rendu de la bande-son se voit altéré
par quelques "bidouilles" audio pas forcément
nécessaires et par un mastering final qui ne vise
pas l'efficacité totale du son multicanal... Explications:
Lorsque vous downmixez la piste Dolby Digital 5.1 en analogique
par votre lecteur de DVD, vous obtenez un son Dolby Surround
analogique d'une qualité transcendentale, et dont
le rendu, tenez-vous bien, excède en l'améliorant
le rendu de la piste DD 5.1 source... Tout est une question
d'encodage et de mastering: l'éditeur s'assure
ainsi que les personnes non équipées de
"home-cinema 5.1" puissent jouir d'une présentation
audio correcte. Celui-ci a donc favorisé, lors
du mastering (dernière phase de préparation
d'un DVD), la qualité du "downmix" plutôt
que la pêche du 5.1. Et il ne s'y est pas trompé:
basses démesurées (constantes et reproduites
avec une force indécente), omniprésentes,
effets arrières i-d-e-n-t-i-q-u-e-s à ceux
proposés en 5.1 (sans la stéréo arrière
évidemment), voie centrale plus franche, dynamique
assourdissante (oui, parfois plus qu'en 5.1... et nous
avons mesuré au décibelmètre), franchise
sonore plus marquée... Bref, sur ce plan-là,
cette "version" Dolby Surround fabriquée
à partir d'une piste 5.1 est une réussite
éclatante, dont le rendu (faites donc le test)
marque presque plus que celui de la piste 5.1, même
au format DTS... D'après nos mesures, ce sont 5
à 6 dB que l'auditeur gagne lorsqu'il écoute
le son downmixé... Nul attaque envers le mixeur
(que nous connaissons bien en plus!) ou son équipe
de notre part ! Il s'agit tout bonnement des résultats
que l'on obtient sur TOUS les titres DVD édités
par EuropaCorp (nous l'avons d'ailleurs déà
souligné auparavant sur le site), et cette marque
de fabrique" provient de l'encodeur utilisé
et de ses paramètres. Et ces paramètres
laissent des traces: le rendu en Dolby Digital 5.1 comme
en DTS 5.1 ne semble pas des plus convaincants: les pistes
disposent de sérieux atouts dynamiques, mais à
l'écoute, on perçoit comme voile limitatif
qui bride de manière surprenante leur pouvoir expressif.
Une large partie de la gamme dynamique semble avoir été
bridée, retouchée, limitée... jusque
dans les basses fréquences, tantôt absolument
brillantes en 5.1 (l'attaque du casino par la police),
tantôt bien plus convaincantes en Dolby Surround
downmixé (générique etc...). La scène
sonore se bâtit autour d'un bloc sonore dynamique,
aucun doute sur ce point, mais impossible de ne pas ressentir
dans l'évocation sonore ce sentiment de limitation,
qui provient, à nouveau, de l'encodeur employé...
Une fois passé outre ces quelques réserves
majeures que nous détaillons à chaque film
que nous chroniquons, et dont nous nous sommes fait les
spécialistes, venons-en aux détails techniques
concernant les deux formats sonores employés sur
ce DVD. Avant toute choses, nous n'avons pas noté
de différence marquée entre les deux codages.
Le format DTS s'autorise cependant un rendu acoustique
davantage "homogénéisé",
au sens où il dispose d'une certaine puissance,
certes tempérée, au niveau de son pouvoir
de recouvrement spatial. A cet égard, lors de la
présence de certains sons fortement localisés
sur les voies arrières, la piste DTS élargit
le champ d'évocation en renforçant tout
à la fois la densité sonore ainsi que sa
stature physique. Certains effets sonores localisés
récupèrent une dureté et une sécheresse
totalement en phase avec le film. En revanche, aucune
différence en terme de réponse en fréquence,
tonalité ou tenue des basses fréquences
(0.1 LFE) entre les deux codages son. Ceux-ci proposent
un rendu sonore identique dans ses formes aspectuelles,
jusque dans sa géométrie acoustique. Les
similitudes sont donc légion, mais les différences
(le mot est-il correctement choisi?), disons les "non-similitudes"
sont à débusquer dans le poids du son, dans
sa densité plus que dans sa lecture spatiale multicanale
(à nouveau l'encodeur employé par l'éditeur,
aussi bon soit-il, est en cause...). Sur lé générique
initial, aucune différence n'apparaît entre
DD et DTS 5.1. En apparence seulement, puisqu'une fois
écoutée la piste DTS, l'auditeur attentif
se rendra compte que les voies frontales disposent d'un
regain de puissance, ainsi que d'une présence acoustique
légèrement plus marquée. Durant la
suite du métrage, ces remarques restent les mêmes,
et c'est à fort juste raison que les scènes
agitées possèderont non pas un impact différent,
mais une consonance sonore plus nette, plus objective,
tout comme une légère amélioration
de l'homogénéité de diffusion des
sons sur l'arrière. D'où cette scène
sonore un petit peu plus épaisse et étendue
en DTS, qui revivifie certaines séquences plus
calmes, et qui redonne, de manière anecdotique
toutefois, un léger "peps" au mixage
tonique et alerte de Didier Lozahic qui a du être
atténué en vue de son exploitation en vidéo
sur DVD. Le relief sonore est toujours relativement neutre,
que ce soit en Dolby Digital ou DTS 5.1...
La nouvelle mouture certifiée
THX n'induit aucune différence réelle avec
la piste DTS de la précédente édition...
Cette piste DTS est tout à fait commutable en ES
ou en Dolby Digital EX, ce qui permet un "arrangement"
de la scène arrière légèrement
plus uniforme et propre. La dynamique conserve ses bonnes
valeurs et se montre toujours convaincante, mais nous
n'avons pas noté d'améliorations notables,
pas même un passage en DTS Plein Débit.
L'interactivité
Packaging Steelbook (métal brossé)
du plus bel effet. L'intégralité des suppléments
a été répartie sur le deuxième
DVD.
• Making-of du tournage (26')
• Deux courts-métrages: le second court-métrage,
Mukiai, qui e révèle des plus surprenants,
et évoque Versus, film Japonais emblématique
d'un certain genre à la mode. Réalisé
par Cyril Raffaelli lui-même, ce court-métrage
révèle du rythme, des audaces formelles et
une liberté expressive qui emportent finalement l'adhésion,
d'autant que ce travail a entèrement été
réalisé au caméscope (en 2001). Combats
au sabre, aux poings et aux pieds, ce court constitue une
agréable surprise au coeur du contenu de ce DVD.
Véritable démo des capacités physiques
du comédien-cascadeur, ce court-métrage ne
devrait pas manquer de surprendre... Surprise dissimulée:
un making-of très court (3 min 30) suit le générique
du court-métrage.
• Combat du casino : montage long
• Bêtisier
• THX Optimizer
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