

LE SYNDICAT DU
CRIME (A Better Tomorrow, Trilogy)
De John Woo et Tsui Hark
Tout un pan du cinéma de John
Woo, époque Hong Kong.
Sung Tse Ho et Mark Gor deux seigneurs de la mafia à
Hong Kong, coulent des jours heureux sous les ordres d'un
parrain vieillissant. Tout irait pour le mieux si Ho n'avait
un frère cadet qui a choisi de faire carrière
dans la police.
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L'image
Ces remarques sont valables pour tous les
films de la trilogie présents dans le coffret. L'image
a été restaurée avec goût et
avec soin. Seuls les tons de chair pâtissent de ci
de là de quelques "injustesses". La définition
est incroyablement probante pour des oeuvres aussi datées
et surtout lorsque l'on sait la qualité exécrable
de la conservation des films en Asie. Beaucoup de grain
s'invite tout de même à la fête et les
inévitables défauts inhérents au temps:
scratchs, poussières, lignes, poinçons...
Les lumières sont très bien dosées,
tout comme les contrastes la plupart du temps. On notera
tout de même de nets fléchissements par moments,
avec une balance vers une scène plus éclairée,
plus laiteuse et moins dense. La profondeur de champ est
reproduite avec soin, et les ralentis stylisés, signature
visuelle de Woo, font toiut de même remonter le niveau
du grain et accentuent, du fait de la vitesse de défilement
de la pellicule plus lente lors du mastering, les défauts
comme quelques macro-blocs. L'image préserve
néanmoins une belle texture mais révèle
la faiblesse des matériaux source (mélange
de 35 et 16mm gonflé en 35). Une section image étonnante
car on n'en espérait pas tant. La compression, forte
d'un bitrate extraordinairement haut, se révèle
infernale de qualité et ne révèle que
très rarement son codage numérique de l'image.
Cla se traduit par une présentation visuelle maximisée
puisque la bande passante n'est pas limitée, ce qui
limite tout de même le grain même s'il est très
apparent, mais propose aussi une image piquée et
colorée, loin de la compromission en terme de Bit
Budget. La qualité de l'image, même lors
de faiblesses, n'est jamais vraiment déplorable.
Un très bon point donc en terme d'encodage, capable
du meilleur, et duquel bien d'autres éditeurs devraient
s'inspirer.
Le son
Ces remarques sont valables pour tous
les films de la trilogie présents dans le coffret.
Les surprises continuent: le remixage est à ce
point convaincant qu'il offre une redécouverte
totale de l'univers de John Woo. Tous les canaux sont
activés en permanence, les arrières relayant
les extensions sonores de chaque lieu, et les séquences
furieuses sont reproduites avec une dynamique extrême,
preuve une fois de plus d'un encodage aux petits oignons.
Si certains bruitages ou éléments sonores
ont sans doute été réintroduits (ils
sonnent plus neufs), le reste est ventillé avec
soin sur tous les canaux, et se voit irrigué d'une
gamme dynamique et d'une réponse en fréquence
qui en dépit des limitations de l'époque,
ne cesse de réellement flatter l'oreille. Les balles
siffelnt derrière l'auditeur, le caisson rugit
lors de l'emploi d'un fusil à pompe, et le verre
se brise sur cinq enceintes à la fois avec une
mise en scène sonore finalement assez cohérente
et intelligente al;ors que l'on s'attendait à des
gimmicks de derrière les fagots... En
outre, les dialogues sont ciselés et très
nets, superbement retrancrits et intégrés
avec soin. Cette section devrait étonner les vidéophiles,
car personne ne pensait obtenir une telle qualité
de reproduction de ces dialogues. La scène sonore
se révèle également très mobile
et très dynamique, gage d'un pouvoir de conviction
certain. les DVD semblent encodés un peu plus haut
en terme de dynamique globale et de volume qu'un DVD traditionnel,
histoire de frapper plus fort et de proposer un vrai spectacle
et non une simple piste son sonorisée comme c'est
très souvent le cas... Une fois de plus, si tous
les éditeurs suivaient cette même voie, nos
DVD de classique du cinéma sonneraient nettement
mieux! La piste DTS constitue la dernière surprise
de ce coffret qui en regorge. Elle surpasse sans peine
la piste Dolby Digital 5.1 par sa dynamique et son accroche.
les arrières se libèrent, le délié
s'accentue et les moindres sollicitations multicanales
embaument la bande-son dans un tissu acoustiquement plus
épais et nettement plus violent. En ouvrant quelque
peu la réponse en fréquence, le spectre
audio retrouve sa vigueur et son énergie assez
diminués sur la piste Dolby Digital plutôt
"fadasse". Le format DTS élève
donc le niveau d'un très bon cran et ne se contente
pas de proposer un son plus large, mais travaille en profondeur
pour explorer plus loin dans la matrice audio. Pour preuve,
ce coup de basses incroyable sur l'enceinte arrière
gauche lors du chapitre deux: d'une part, ce passage démontre
la créativité déployée de
la bande-son et, d'autre part, met en lumière les
potentialités acoustiquement supérieures
(niveau, dynamique, ambiophonie, clarté...) du
format DTS. La directivité et la localisation s'en
voient améliorées, et le voile sonore qui
plombe le degré d'intelligibilité sur les
passages chargés du format Dolby Digital disparait
complètement. La scène sonore est davantage
multidirectionelle (surprenant vu l'âge du film)
jusque sur les intermodulations des passages d'action.
Le son n'est jamais mat, ce qui ne maqua pas de bous surprendre
vu l'âge du film, une fois de plus, agréable
à l'oreille. Il ne braille jamais vraiment et conserve
une forme de subtilité insoupçonnable avant
le visionnage. La piste DTS excelle à découper
l'espace et à repousser les murs de la piste d'écoute,
notamment lors du mémorable gunfight dans
la maison à la fin du second opus de la trilogie.
Le format 5.1, s'il demeure légèrement artificiel
par moments, injecte une vie nouvelle aux films de John
Woo. réalisé avec tact et intelligence,
ce remixage est tout aussi convaincant d'un point de vue
artstique que technique. Une réussite indéniable
à laquelle nous ne nous attendions pas le moins
du monde. VOus l'aurez aisément compris, il ne
s'agit aucunement de "mono élargi" mais
d'une vraie mise en scène sonore, parfois un peu
poussive.
A noter que tous les DVD du coffret possèdent
ces mêmes caractéristiques sonores. Cohérent
jusqu'au bout !
L'interactivité
Des documentaires de 8 minutes sur chaque
disque, non sous-titrés, mais complètement
inutiles: on y découvre les dégats causés
par l'arrivée d'une balle dans le corps humain,
de manière très clinique, tirée à
partir des pistolets des protagonistes. Des bandes-annonces
pour chaque film: une originale, en mono, et une autre
remixée avec force et violence dans un DD 5.1 de
toute beauté. Des photos de tournage et issues
du film accessibles en diaporama sonorisé ou une
par une. Seule le troisième opus propose cinq scènes
coupées à la qualité technique douteuse.
Des cartes postables sont incluses dans le coffret, ainsi
qu'un livret illustré, mais pas en Anglais...
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