

A BITTERSWEET
LIFE (2004)
Avec Byung-hun
Lee, Shin Min-a, Kim Young-Cheol.
Sélection officielle Festival de Cannes 2005, Hors
Compétition.
Sunwoo est un manager d'hôtel très
précis et efficace. Il est le bras-droit
du président Kang, figure éminente
de la pègre. L¿unique point vulnérable
de Kang est sa jeune compagne Heesoo. Doutant
de sa fidélité, Kang ordonne à
Sunwoo de suivre la jeune fille et de remédier
au problème. Quand Sunwoo la trouve aux
bras d¿un autre homme, il hésite
et les laisse libres sans savoir pourquoi. Furieux,
Kang lance sa bande à la recherche de Sunwoo.
L¿enfer commence. Sunwoo doit mener une
bataille irréversible contre sa propre
bande, ce qui l'amènera très près
de Kang...
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Tourmenté jusqu'au fond de son
âme et prêt pour une révolte personnelle
qui prendra des airs de révolution existencielle,
le personnage central de A Bittersweet Life étend
à l'infini le mythe du héros/anti-héros
contemporain tel que le développe le cinéma
mondial depuis quelques années déjà.
Suite à une première partie inégale
dans sa construction et dans sa dimension dramatique tout
comme dans ses mécanismes dramaturgiques purs,
il s'ensuit une réelle seconde partie qui ferait
presque office de "film dans le film", et dans
laquelle le cinéaste emballe une vengeance aussi
noire que l'enfer tout en filant un tissu filmique qui
frôle bien souvent la virtuosité formelle.
Maîtrisé, son exercice de mise en scène
l'est jusqu'au bout, et ce n'est qu'au terme de 118 minutes
des plus intenses que le repos du guerrier pourra s'exercer.
Et l'enfer est à lui !
Alliant élégance facile
et académisme habité, tourmenté aussi,
son film, ultra-stylé, sans maniérisme aucun,
navigue sur des eaux troubles et narquoises, laissant
au personnage le poids de l'essentiel du film. Véhicule
narratif imbattable et obstiné, magistralement
incarné par Byung-hun Lee, il s'aventure sur les
territoires de l'absurde et met à nu la violence
contenue dans l'univers insaisissable de la pègre
Asiatique, au fond duquel le film se cherche une identité
et se construit autour d'alibis narratifs déjà
certes rebattus, mais qu'il explore avec un réel
investissement artistique, doublé d'une performance
technique qui met elle en avant l'évidente dextérité
d'un cinéaste qui prouve qu'une séquence
se lit sur un axe dramatique et formel davantage qu'elle
ne se conçoit. Sans pour autant se faire succéder
des ballets ou des séquences d'action Wooiennes,
A Bittersweet Life représente un authentique
coup d'éclat dans sa toute dernière partie,
et laisse augurer un avenir radieux pour son metteur en
scène surdoué et singulier. Violent, âpre
et désespéré, le film incarne à
lui seul tout un pan du polar/thriller lyrique Asiatique.
Une amertume, aux images et au climat psychologique doux
amèr, au parfum de mort et de scandale...
Présenté hors compétition,
A Bittersweet Life marque la première
venue de Kim Jee-woon au Festival de Cannes. Le réalisateur
coréen s'était fait remarquer l'année
dernière avec un thriller intitulé Deux
Soeurs (voir notre test du DVD zone 3, à
cette adresse) . Son nouveau long métrage
nous entraîne dans le monde mystérieux des
gangsters, des hommes de main et autres caïds de
la mafia coréenne. Le cinéaste s'intéresse
à Sunwoo, le bras droit de Kang, un gros ponte
de la pègre. En refusant d'exécuter un ordre
"délicat", Sunwoo se retrouve contraint
de mener une guerre implacable contre sa propre bande.
Kim Jee-woon parle de son style : "Il
n'y a pas que la narration qui permet de raconter une
histoire, mais aussi les images, les matières,
les expressions de visages, les nuances de jeu des acteurs.
Dans mes films, aussi limpide soit la narration, ce n'est
pas vraiment elle qui guide la compréhension de
l'histoire. Mon style consiste à trouver un équilibre
subtil entre les différents éléments
de la mise en scène afin de donner un sens à
l'intrigue."
Kim Jee-woon sur ses influences : "Pour
A Bittersweet Life, je me suis beaucoup inspiré
du cinéma de Jean-Pierre Melville, surtout d'Un
Flic, et plus généralement des films
noirs français des années 70. Ce qui m'intéressait,
c'était de montrer un sentiment de néant
et d'ironie. (...) Et si j'avais découvert Le
Samouraï avant la fin du tournage, mon film
aurait été bien meilleur."
La frontalité des cadrages qui
confrontent les personnages à leur destin macabre,
et qui les accompagnent sur les voies serpenteuses d'un
enfer grandissant autour d'eux, ainsi que l'inéluctabilité
de leur trajectoire existencielle qui baigne la deuxième
partie du film ne cessent en effet d'évoquer l'auteur
de l'Armée des Ombres. Néamnmoins,
Kim Jee-woon parvient sans mal à se forger une
intégrité et une singularité que
lui a reconnu le Festival de Cannes. En ce sens, A
Bittersweet Life pourrait fort bien constituer les
premières pierres d'un édifice cinématographique
complet et abouti dont on attend l'achèvement avec
une vive impatience. Scorsese aurait-il rencontré
P.T.Anderson en Asie ?
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L'image
A film singulier, signature visuelle unique.
Cet adage se vérifie, en partie toutefois, sur cette
édition DVD. Les tons sombres et ternes qui composent
l'essentiel du métrage sont restitués avec
conviction, épaulés par des contrastes convenables
mais qui ont une certaine tendance à s'effilocher
lors des séquences les plus sombres, donnant à
voir une image perfectible et parfois terreuse. Il en va
de même pour la définition globale, correcte/dans
la norme la pluaprt du temps, mais dont le pouvoir de conviction
se voit aisément mis en doute lors de nombreuses
séquences finalement peu définies ou qui,
du moins, appellaient à davantage d'efforts lors
de l'encodage. Toute la palette colorimétrique est
restituée de manière convaincante, même
lorsque des filtres ocres (repaire Russe...) sont employés,
ou bien lorsque doivent exploser les rouges ardents d'un
décor d'hôtel de luxe. Les séquences
en intérieur composent l'essentiel du film, mais
s'avèrent parfois peu lisibles (arrière-plans,
zones sombres, échelles de gris et de noir...) en
raison d'une granulation argentique prononcée. Au
final, un manque de piqué caractéristique
émaille cette édition DVD (plans larges surtout),
mais un encodage respectueux des parti-pris esthétiques
du cinéaste, qui ne présente que très
peu de défauts (mosquito noise, artefacts...) et
qui propose une compression qui maintient une belle fluidité
en toutes circonstances. Nous attendions mieux, mais les
futures éditions d'autres zones devraient souffrir
des mêmes soucis inhérents aux choix de pellicule...

Le son
Sans œuvrer vers l'anthologique,
la bande-son du film propose une expérience acoustique
somme toute tempérée et nuancée,
mais qui souffre elle aussi de légères carences
aspectuelles... Avant toute chose, signalons l'absence
assez flagrante de différences notables entre les
deux codages son... Le format Dolby Digital EX distillant
même, sur ce titre, de meilleurs effets arrières,
davantage localisés et bénéficiant
d'un pouvoir dynamique légèrement plus poussé
qui forment tout de même une différence de
taille avec le format DTS (pourtant flaggé ES),
plus diffus et... moins précis sur la partie arrière
de la scène sonore... Allez comprendre. En revanche,
le format DTS parvient à extirper un niveau de
basses fréquences du master que la piste Dolby
Digital EX peine à matérialiser. Ainsi,
ce registre est très nettement plus ouvert et bien
mieux représenté en DTS, jusque dans les
partitions musicales, qui possèdent un registre
grave inexploré en Dolby Digital, mais ouvert,
palpable et faisant saillie de manière immanquable
(très agréable à l'écoute)
en DTS. D'un point de vue artistique, la bande-son ne
déploie jamais vraiment l'artillerie lourde, exception
faite du gunfight final, mais préfère se
recentrer sur une certaine réserve expressive doublée
d'une ténuité expressive fort dommageable
lors de certaines séquences. La première
partie dispose d'une mise en espace acoustique très
plane, aplanie et linéaire, et use de l'espace
sonore avec une grande parcimonie que seule la précision
constante du canal central, qui articule tout le film,
vient briser ou tout du moins atténuer. La présence
arrière demeure secondaire et peine à s'imposer,
à se faire exister. Lors des séquences dans
les véhicules en revanche, la bande-son respire
un peu plus et tapisse légèrement la pièce.
La musique, sublime, autre marque de signature forte du
film et qui accompagne le développement thématique
de son lyrisme incendiaire, ne se voit elle non plus peu
mise en valeur. Son emploi demeure des plus académiques,
dans la mesure où elle se cantonne aux voies frontales
sans vraiment proposer une pureté et une netteté
acoustique hors pair. Matte, la bande-son le demeure jusqu'au
bout. Nous retrouvons en revanche la présence d'effets
arrières purement scéniques (déplacements
des personnages vers le hors champ audibles sur une enceinte
arrière de longs moments durant) et très
marqués, déjà à l'œuvre
sur Deux
Sœurs, le précédent film du
cinéaste. Les quelques séquences de combat
permettent à la bande-son de retrouver l'ampleur
autour de laquelle elle aurait du se construire, de manière
timorée toutefois. Net rehaussement des basses
fréquences, coups de feu qui claquent et traversent
l'espace avec une efficacité indéniable,
rondeur expressive du fait de l'emploi simultané
de tous les registres expressifs du spectre audio... Sans
oublier une délocalisation parfois poussée
des sons sur le reste de l'espace sonore (balles, douilles,
chutes...) et un usage du hors champ et de l'expansivité
de la stéréo frontale assez convaincant.
La descente aux enfers et au bout de la vie du personnage
ne sera finalement que très peu acoustique, la
bande-son ne servant pas ici de contrepoint dramatique
abstrait mis en forme mais œuvrant seulement à
se recentrer sur les visuels. Difficile de ne pas parler
de déception tant la mise en scène acoustique
demeure invariablement ténue et étroite.
Elle n'est pas même aidée par la réponse
en fréquence offerte lors du mixage qui elle aussi
affiche une réserve dynamique (libérée
en de rares occasions toutefois) et tonale. Le champ sonore
proposé par le format DTS, guère plus large,
n'arrange pas vraiment l'affaire. A Bittersweet Life 'pâtit'
en ce sens d'une manque de volume, d'ampleur et d'expansion.
Ses instants sublimés de mise en scène,
fougueux et lyriques, ne se voient aucunement transcendés
ou mis en exergue sur ce mode artistique parallèle
(mais substantiel) que représente une bande-son.
Notre constat formel se conclut donc sur une lacune en
terme d'exploitation de l'espace sonore qui, à
terme, finit par dissiper un sentiment d'incomplétude
parfois désagréable... Par rapport à
celle de Deux Soeurs, la bande-son de A Bittersweet
Life constitue sans aucun doute une régression
artistique.
L'interactivité
Editions signées par le réalisateur et l'équipe
réparties de manière aléatoire sur
le marché... Aurez-vous suffisament de chance ? De
notre côté, il faudra rejouer !
Disque 1:
Deux Commentaires audio en VO malheureusement non sous-titrés...
.
Disque 2:
Interactivité archi-complète
et ultra-réussie, des plus conéquente, même
s'il va falloir réaliser des efforts langagiers gigantesques,
aucun sous-titre n'étant fourni, ni Anglais ni Français...
La Dolce Vita
Segements de tournage (environ 37 minutes en six chapitres)
entrecoupés d'interviews sur le vif. Sympathique
et complet.
Making of A Bittersweet Life
25 minutes 35 très complètes qu'il est
possible d'écouter avec ou sans les commentaires
de l'équipe (non sous-titrés...). Quoi qu'il
en soit, rien n'est sous-titré...Images du tournage,
prépartion des scènes, interviews... Un module
détaillé et qui remplit son office sans jamais
voler son nom de "making-of".
Style of A Bittersweet Life
Art / Music / Sound / Action / Gun Smith / SPecial Effect
/ Special Art / CG: huit segments passionnants de 5 à
15 minutes, malheureusement non sous-titrés...
WHY ?
Succession d'interviews (21:22 minutes) toujours non
sous-titrées...
Deleted and Alternate Scenes
18 scènes coupées à visionner avec
ou sans commentaire... sans sous-titres en tous cas.
Entretien/table ronde (17 minutes)
A Bittersweet Life in Cannes
Le seul segment (07:41) qu'il nous sera possible de
suivre puisqu'un journaliste Français présent
lors du festival y est interviewé dans la deuxième
partie. Images de l'équipe en France à Cannes,
ambiance d'après projection, conférence de
presse etc...
Sweet Sleep
Enregistrement d'une chanson en studio et défilement
du générique du film et de son équipe
technique.
EPK
Clip, teaser, trailer et TV Spot
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