Un rendu argentique séduisant et une prestance cinéma de première main caractérisent au mieux ce pressage Asiatique. La subtile photographie se voit restituée à merveille par un encodage MPEG II aux petits oignons, qui ne sougline jamais le trait de manière ostentatoire mais conserve les qualités de composition et de cadre du tournage, ainsi que les choix artistiques du domaine visuel. Les contrastes s'y montrent efficaces et tendus (en dépit de certaines scènes moins convaincantes), la définition jamais dure ou artificieuse. Les lumières (scènes en extérieur jour) affichent elles de superbes valeurs, tout comme les échelles de gris et ses valeurs parfois surprenantes. La colorimétrie, parfois poussées vers une saturation malvenue, dispense des couleurs tamisées ou éclatantes et produit un réalisme chromatique qui sied totalement au propos. Au final, il en résulte une qualité vidéo notable et une belle intégrité globale, qui font de ce pressage un rendu rempli d'unité et de densité. Difficile de faire mieux visiblement, au vu de la qualité des éditions des autres zones, très perfectibles.
Le son
Proposée en mi-débit seulement (alors qu'on la jurerait Plein Débit), la piste DTS VO affiche 6.1 canaux (canal central arrière matricé). Le rôle de ce canal optionnel centre arrière ne sera ici que fort limité: en effet, il n'insiste que très rarement sur sa propre dimension et ne creuse qu'une très fine profondeur de champ, qui, très sincèrement, n'avance à rien et ne révèle aucune forme de subtilité ou de présence, d'extension, le film n'ayant jamais été mixé sur sept canaux (6.1), mais sur six (5.1). Néanmoins, cette édition est la seule au monde à proposer une piste DTS, et les résultats varient de moyennement convaincants à fortement appréciables. En effet, le film ne jouit aucunement d'un mixage tonitruant, mais offre une clarté et un rayonnement orchestral de tous les instants qui apporte à l'oeuvre de Ang Lee un souffle intime quasi-épique. La musique constitue l'essentiel des informations multicanaux: même si elle ne respire essentiellement que sur l'arc frontal, elle se voit prolongée de manière harmonique sur les autres voies, et dispose en permanence d'une assise stéréophonique et d'une ampleur dynamique tour à tour riche et aboutie. Flexible, lumineuse et dynamique, la partition oscarisée illumine le film de l'intérieur, et se voit encore rehaussée par le format DTS, qui lui transmet une fluidité accrue ainsi qu'un rayonnement tonal parfois nettement plus franc et marqué. Cette piste ouvre un horizon presque nouveau parfois, augmenté par un renfort dynamique et une articulation musicale sensiblement au-dessus.
Dialogues et sons diégétiques possèdent de bonnes qualités d'intégration: sans excéder un certain classiscisme, ils se voient placés dans une scène sonore large d'un point de vue frontal, et offrent à l'action et à l'humeur dramatique du film une densité immanquable. Outre les difficultés de compréhension de l'accent forcé de Heath Ledger, le reste des voix demeure de haute volée et de profonde clarté, accompagné d'un rapport signal sur bruit, d'une dynamique et d'une réponse en fréquence de tout premier ordre qui, d'emblée, donnent le change et fortifient le rendu harmonique global d'une bande-son très discrète mais qui propose toutefois de brillantes qualités de composition lors des séquences situées en montagne, vibrantes d'émotion. Liberté et franchise de l'évocation, naturel de la fluidité suffisent à retranscrire des émotions tactiles et immédiates. Le volume peut donc être rehaussé sans crainte pour encore davantage de sensations et pour suraccentuer quelque peu le velouté acoustique de la scène sonore et sa semi-transparence. A signaler: une très courte séquence d'orage qui dépasse le cadre même du film et offre un rendu multicanaux profond et agressif, littéralement surprenant.
Le canal central arrière, qu'il s'agisse de Dolby Digital ou de DTS, oeuvrera à élargir un sentiment de la perception arrière. Parfois alerte, souvent secondaire voire inutile, il remplira la scène arrière sans pour autant assumer un rôle dans la mise en scène sonore du mixage. La piste DTS ES, elle, offre davantage de définition par rapport au Dolby Digital EX sur cette voie annexe. La fluidité entre les trois voies arrières s'y voit accentuée et davantage déliée. Les effets positifs du format DTS ne s'étendent aucunement vers cette voie ES d'extension, mais s'impose sur toutes les voies actives: la musique s'y voit retransmise avec une stabilité accrue, et l'on devinerait presque les pupitres et la disposition de l'orchestre et des musiciens. Une image sonore spatialement bien plus orientée et acoustiquement plus dense, plus cossue, plus large et nettement soulignée, notamment dans la perception de la stéréophonie à l'avant ou dans les articulations entre les voies. Enfin, le format Dolby Digital semble couper une partie du spectre et boucher la complétude sonore du rendu, défaut audible qui n'est lui pas présent sur la piste son encodée en DTS.
Une exclusivité mondiale que ce zone 3, et à laquelle les adorateurs du film devraient penser...
L'interactivité
Dans l'ensemble, ce disque deux propose les mêmes segments insipides disponibles dans les autres zones, zone 2 comprise. Entre faux making-of vraiment promotionnel et opportuniste, les quelques interviews se montent simplistes et à côté de la plaque... Des suppléments indigents et difficiles à suivre jusqu'à leur terme, mais que l'éditeur a pui intégrer sur un autre disque afin de préserver l'intégrité de la compression MPEG II sur le film.
"Directing From the Heart: Ang Lee" featurette
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