Les premières secondes de film,
situées après le générique,
donnent une impression catastrophique: couleurs pastels
(teintes volues par le réalisateur), définition
totalement imprécises image grossières, sans
densité ni piqué particuliers... Ce sera pourtant
avec ces résultats qu'il faudra composer durant tout
le film. Les contrastes affichent par moments des valeurs
convaincantes, mais la définition ne tire jamais
son épingle du jeu, et en vient à écorcher
l'apprêt des images en proposant une strucure rugueuse
et assez 'numérique', pâle et sans profondeur.
Les arrières-plans, dans les scènes les plus
complexes, apparaissent quelque peu bruités et flasques.
Certains plans passeraient presque pour une image issue
d'un master VHS très légèrement amélioré.
En revanche, bonnes valeurs colorimétriques (encore
que) et absence de défauts dus à une compression
hasardeuse. L'image et son master sont en revanche constellés
de petits points, tachettes et autres marques du temps qui
maintiennent l'origine argentique du film et son cachet
'petit budget'. En dépit d'un bitrate fort conséquent,
l'image n'a visblement pas subi de remastering suffisant,
et s'offre, avec cette édition, de manière
brute et peu élégante. Difficile de ne pas
être déçu.
Le son
Quatre pistes son ont été
intégrées sur cette édition: deux sont
encodées en Dolby Digital 2.0 Surround, et deux pistes
5.1 (Dolby Digital et DTS Plein Débit). Les efforts
se porent sur les deux pistes son 5.1, dont la deuxième,
DTS, a été encodée en Plein Débit
(1509.75 Kbps). A l'écoute, la vigueur saisissante
du format multicanal ne se réveille que lors de très
courtes séquences du film, ce dernier n'ayant de
toutes façons pas été entièrement
remasterisé. Les pistes 5.1, aux encodages complètement
indiscernables et sans la moindre différence, insistent
de manière parfois excessive sur la clarté
de la voie centrale et des dialogues, qui, eux, sont rendus
avec une intelligibilité totale et une dynamique
vocale souvent exemplaire. Le niveau de détails des
autres canaux oscille de passable à anecdotique,
en empruntant très rarement les chemins de 'convaincant'.
Le potentiel acoustique du film de Jackson est pourtant
réel, mais la bande-son, faute d'un travail technique
approfondi, ne se limite qu'à une donnée illustratrice
secondaire même si de temps à autres, elle
matérialise des éléments de mise en
scène sonore tout à fait pertinents. Le volume,
placé lui très haut, un excellent point pour
cette édition, autorise une gestion de la dynamique
d'ensemble fort agréable voire impresionnante, mais
dont ne profitent pas les canaux surround, dans la mesure
où les informations spatiales qu'ils véhiculent
demeurent anecdotiques et très peu circonstanciées.
Le paysage sonore n'offre ainsi que peu de préhension
acoustique, et les aspérités de la bande-son
sont audibles essentiellement dans la voie centrale, équilibrée
et diaphane. Le format DTS, s'il lisse légèrement
plus les éléments présents dans la
bande-son, ne parvient pas non plus à créer
une exergue suffisante pour pouvoir être apprécié
et révéler sa richesse texturelle et structurelle
en terme de spatialisation. Les remixages 5.1 pêchent
donc par leur absence déraisonnée d'ouverture
ainsi que par un déficit d'architecture sonore. Les
quelsues effets dispersés sur les voies arrières
ne concernent que les toutes premièrse séquences,
qui les emploient de manière parfois grossière.
Pire, certains éléments semblent 'jettés'
sur une stéréo arrière qui étire
le rendu sonore au maximum avec une perte d'intelligibilité
et de définition. Les quelues chansons qui émaillent
le paysage sonore du film bénéficient d'une
intelligibilité tout à fait convaincante,
mais demeurent inscrites dans une perspective d'écoute,
certes dynamique et claire, mais proche de la monophonie.
C'est enfin avec une grande surprise que l'on constatera
que les pistes Dolby Digital 2.0 ouvrent (très rarement
toutefois) davantage l'espace sonore musical que les pistes
5.1...
L'interactivité
Outre un menu animé et sonorisé
en 2.0, le spectateur ne trouvera qu'une bande-annonce dans
un état pitoyable (16/9, VF DD 2.0) et deux listes
déroulantes des filmographies de Kate Winslet et
de Peter Jackson.