Dense et piquée, l'image de Dhoom s'insère dans la problématique visuelle qui inonde tout Bollywood: images "ultra-scopées", anamorphisme archi-prononcé (avec ses perspectives déformées à foison) et montage syncopé sur les séquences les plus agitées. Si les conditions de conservation des internégatifs ont réalisé des progrès colossaux depuis ces dernières années, quelques poussières et autres bévues subsistent. Quoi qu'il en soit, l'éditeur offre ici un rendu admirablement contrasté (séquences de danse et de musique) et disposant d'une définition poussée au maximum. Il en ressort une image dense et extrêmement riche, avec des couleurs explosivement flashy, saturées à souhait. Une tendance à la granulation occasionnelle, principalement sur la fin du métrage (différent type de pellicule employés pour saisir des actions directement importées du meilleur du cinéma Asiatique), vient légèrement ternir un ensemble très 'costaud', riches et nuancé. Les lumières de Bombay se montrent éclatantes jusqu'en pleine nuit, et les diverses échelles (tons de chair, gris, ocres...) proposent un rendu fidèle mais "boosté" aux amphétamines par moments. Des images argentiques ostentatoires et percutantes, à l'image du film.
Le son
Proposée en mi-débit seulement (alors qu'on la jurerait Plein Débit), la piste DTS VO affiche 5.1 canaux au compteur après un logo DTS, le nouveau "Sparks", une exclusivité chez l'éditeur, présenté en DTS ES 6.1 Discrete. Inutile d'attendre plus longtemps: le film propose un rendu tant sonore qu'acoustique complètement bluffant, nuancé, percutant et d'une dynamique à tout rompre. Là où le mixage surfait de Fast and Furious ne s'illustrait que lors des séquences agitées, celui de Dhoom se transcende lui-même dès le pré-générique avec le logo de Yosh Chopra présenté à la mode IMAX: tous les canaux se voient employés avec une charge d'activité imposante. Les séquences Bollywood pures (danses, chansons) bénéficient d'un recouvrement spatial sur tout le spectre audible, transformant ainsi chaque "numéro" en "ressenti": basses expressives, liberté de la réponse en fréquence, agilité du mixage qui localise chaque instrument en décomposant ses effets musicaux sur tout l'espace d'écoute... Un régal acoustique qui n'oublie pas les extensions apportées par une scène arrière par instants fugace et agressive à souhait. La séquence "Dilbara" duplique l'adrénaline visuelle dans la bande-son, offrant une réelle opportunité pour comprendre le rôle souverain des sons dans le cinéma Indien: en exprimant l'action sur un autre mode (sonore donc), le film nécessite, lors de ces instants chantés et dansés "signatures", d'élever son propre impact et de proposer des aspects formels, des prises d'accès directement convaincants. Aussi, la bande-son se gorge d'un nombre impressionnant de ressources acoustiques qui impliquent montage-son choc, mixage équilibré, musicalité et dynamique. Sorte d'accélérateur des particules acoustiques en présence, ces instants musicaux se posent en absolus, tant ils manient expressivité, musicalité et rythmiques avec une maestria presque introuvable ailleurs. Si certains passages se montrent plus classiques dans leur approche sonore et musicale, d'autres constituent de purs instants de grâce, des véhicules tant narratifs qu'acoustiques ancrés dans la chair des images, déjà très colorées.
Mais Dhoom se propulse plus loin: avec ses séquences d'action pures, le film propose une autre vision de Bollywood. En effet, chaque séquence d'action motorisée élève la bande-son de quelques bons crans: dynamique soudainement incendiaire, liberté créatrice se soldant par un emploi simultané de l'intégralité des 5.1 canaux, mixage énergique, basses démoniaques, rapidité de l'évocation... Une authentique perspective sonore axée sur l'action pure et dure qui décuple et multiplie par dix l'impact des images. Certains effets (balles au ralentis, ralentis de chutes, passages d'engins en gros plan...) glissent même volontiers vers l'abstrait en terme de 'design' et de décomposition de l'espace. Le film baigne en effet dans un univers sonore souvent rempli d'arabesques qui se voient réparties sur l'ensemble des voies. La fluidité et l'agilité de la gestion acoustique de l'ensemble fait réellement des merveilles, et les pics sont nombreux. Mieux: le recours au mode DTS Néo:6 sur votre amplificateur affinera le rendu en transformant la bande-son 5.1 en 6.1 (Matricée). Là aussi, des résultats peu communs apparaissent: la quasi-absence d'effets au centre arrière et le maintien, sans "cassage" ou artefact, de l'épatante stéréo arrière, preuve d'une diaphonie réussie (séparation des canaux).
Les dialogues ressortent à la perfection et restituent le phrasé Hindi dans toute sa chaleur (croisements phonologiques entre l'Hindi et l'Anglais) grâce à une excellente réponse en fréquence, jusque dans cette voie centrale. Aucune différence de tonalité entre passages chantés et passages parlés.
Le format DTS Mi-Débit présenté ici constitue là aussi un événement, dès la séquence d'action qui ouvre le film. Il répercute la dynamique de la bande-son à un tout autre niveau et offre un éclat, une prestance, une hauteur ainsi qu'une clarté immédiate que l'on ne retrouvera que très peu dans la piste Dolby Digital. Une fois débarrassé de l'offset (écouter la piste DTS quatre décibels moins fort que la piste Dolby Digital pour comparer), le constat est toujours le même: la piste DTS prolonge l'efficacité acoustique en offrant un filé harmonique qui dessinerait presque une cinégénie sonore supplémentaire. Puissante, rugissante et accrocheuse, la piste DTS constitue là aussi une manière fracassante de s'immerger dans l'univers sonore du film. Dhoom a officiellement été encodé en DTS 5.1 lors de son exploitation au cinéma. Un bureau de DTS dédié a été implanté en Inde depuis quelques années déjà, d'où cette percée évidente sur le marché, d'autant que la production cinématographique locale, entièrement basée sur le son et la musique, a su en tirer un profit tant esthétique que technique dont Dhoom constitue un exemple de taille.
Mention spéciale donc.
L'interactivité
Bandes-annonces commentées par des textes écrits (Dolby Digital 2.0 et 4/3).
Pertinent Making-of de 22 minutes (sous-titré Français, Dolby Digital 20 et 4/3), qui propose son lot de révèlations (peu d'effets spéciaux...) et qui donne la parole à un grand nombre d'acteurs et de techniciens. Même le montage de ce segment fait preuve d'un certain éclat, en dépit d'un certain démagogisme et de quelques facilités...
Fin inédite retirée du montage final
Clip de la chanson titre (16/9 et Dolby Digital 2.0)
Bonus cachés: bandes-annonces de la collection, clip "Veer Zara".