

DIG ! (2004)
Avec:
The Dandy Warhols, The Brian Jonestown Massacre.
DIG! est l'histoire exemplaire
de deux groupes de la scène indépendante
américaine vue de l'intérieur : The Brian
Jonestown Massacre de San Francisco et The Dandy Warhols
de Portland. Unis au départ par un même esprit
de révolte et de création, par une admiration
réciproque, chacun va gérer à sa
façon le tiraillement entre ses aspirations artistiques
et sa soif de notoriété. Pendant 7 ans,
la réalisatrice Ondi Timoner va les suivre et capter
ainsi 1500 heures d'images qui témoignent de leurs
évolutions respectives. Dig!, c'est le
rock vu de l'intérieur, via le destin de deux groupes
jumeaux, qui se sont tour à tour adorés,
méprisés, inspirés, détestés,
admirés... 1500 heures de tournage pour un montage
final d'une durée de 107 minutes, encensé
par le public lors de la sortie en salles et récompensé
par le Grand Prix du Documentaire (Festival de Sundance
2004).
The Dandy Warhols ont sorti le 12 septembre
2005 leur tout nouvel album : "Odditorium Or Warlords
Of Mars" (Capitol Records). Une tournée européenne
est prévue et ils donneront un concert parisien
à l'Elysée Montmartre le 27 octobre. THE
BRIAN JONESTOWN MASSACRE a sorti son nouvel album "We
Are The Radio" cette année aux Etats-Unis
(pas de distributeur en France) et une tournée
française est envisagée pour la fin d'année.
Une bigarure impressionnate pour un foisonnant
voyage sensoriel (dans tous les sens du terme) filmé
en vidéo et monté avec une hargne et une
force de conviction qui impressionnent à force
de maîtrise. Parfois osé, souvent déroutant
mais toujours passionnant, Dig! s'impose comme
un OVNI que personne n'a réellement vu venir et
qui témoigne à nouveau de la force vive
du cinéma documentaire contemporain. Récompensé
à Sundance et apprécié dans le monde
entier, ce gigantesque montage condensé en 107
minutes redouble de densité et réussit l'exploit
de ne jamais laisser place à l'ennui. En se renouvellant
à (presque) chaque instant, il captive et immerge
dans un univers complexe et souvent insaisissable tout
en ouvrant une réelle perspective sur le rock alternatif
et progressif. A découvrir, et à conserver
comme un objet de culte pas si modeste que ça...
Derrière sa façade débraillée,
peu pensante et son ambiance de franche déconnade
parfois "crade", il se cache néanmoins
une pertinente exploration de l'univers théorique
et physique de la création musicale contemporaine
'engagée' et preogressiste, dont la cinéaste
capte les gestes et les attitudes avec un oeil vif et
acéré. Acerbe même. Devant nos yeux,
c'est tout un courant créatif, néo-grunge
et post-rock qui se dévoile.
A ne pas manquer: la formidable
bande-annonce, composée à l'image du
film et rythmée par les sublimes tubes des deux
groupes, et le site officiel
du film, pour prolonger l'expérience et en découvrir
davantage sur ces deux groupes phares.
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L'image
En dépit de sa nature vidéo
et du format 4/3 Plein Cadre l'image présentée
ici expose les procédés de mise en scène
'vidéo' avec un certain brio. Parfois sous-exposée
ou sur-exposée et souvent granuleuse ou hors-propos,
l'image résume à elle seule les conditions
de tournage difficiles et improvisées (1500 heures
de rush...). Suffisament définie, contrastée
avec soin et exposée de manière convaincante,
elle réussit son passage sur DVD de manière
dicrète et loin de toute ostentation. Compression
MPEG II invisible la plupart du temps, et défauts
sous contrôle. Une qualité d'ensemble dont
on ne pouvait attendre plus mais qui demeure satisfaisante
sur bien des points. Au final, une image vidéo brut
de décoffrage dont seul le montage a altéré
la réalité... mais quel montage! Dynamique,
secoué et toujours très juste, il transforme
un simple document en oeuvre documentaire à part
entière.

Le son
La piste (encodée en DTS mi-débit
alors qu'il y avait de quoi faire passer du plein) réalise
un véritable petit exploit. Si le mixage du film
ne se prête guère aux effets de style superfétatoires,
il n'en demeure pas moins aussi brut de décoffrage
que l'image et le montage. Il suit la cadence infernale
en se renouvelant lui aussi lors de chaque séquence,
conférant à l'ensemble un supplément
d'âme parfois saisissant puisqu'il s'aventure (rarement
toutefois) aux quatre coins de l'espace d'écoute
et joue avec les valeurs de la dynamique pour insister
sur ses propos. La musique, part essentielle du film,
en dépit de sa captation complètement amateur,
se voit en outre parfois mise en scène, ou plutôt
re-mise en scène (lors du mixage du film), diffusant
quelques bribes de stéréo arrières
loin de l'embryonnaire lors de certaines séquences.
En ce sens, l'intégralité des enceintes
travaillent avec plus ou moins de bonheur acoustique.
Mitigée, la scène sonore n'en est pas moins
robuste et efficace une fois qu'elle s'écarte du
domaine frontal et monophonique (dialogues, interventions
des groupes, interviews, discussions...), proposant même
des écarts de dynamique assez massifs. Dans l'ensemble,
difficile de ressentir la dimension pleinement multicanale
de la bande-son de Dig!, mais force est de constater
que les voix off, enregistrées en studio, qui font
office de narration, ressortent à merveille et
se voient complétées par les chansons des
deux groupes dont les notes furieuses et agressive se
répercutent jusque sur les voies arrières.
Des bribes de création abstraite insufflent une
dimension cinématographique et scénique
à quelques séquences, même si les
basses sont au repos... Claire, dynamique et complètement
naturelle, cette bande-son domine son sujet et affiche
un tempérament acoustique discret mais palpable.
En accordant aux tubes des groupes une place de choix
dans l'espace d'écoute, le mixage obéit
à la logique formelle de la cinéaste et
agrémente l'expérience du film d'un soupçon
de sophistication que la piste DTS restitue avec une finesse
accrue et une force de conviction qui distancent, et de
loin, la piste Dolby Digital, anémique et trop
assagie. Le format DTS élargit le champ de vision
sonore et dessine les contours de la bande-son avec un
réel sens de l'efficacité, lisible jusque
sur la scène arrière, franchement plus nette,
plus définie, et à la stéréo
plus expansive, plus réelle (et cela s'entend et
se perçoit), plus évidente. Libérée
et délestée du codage Dolby Digital, qui
lisse de trop le son et qui réduit les écarts
tout en écrasant les efforts créatifs, elle
constitue la piste de référence sur cette
édition, offrant à la musique rock une ampleur
et une âme acoustique clairement plus en phase avec
le propos. Une petite réussite que nous soulignons,
et des différences entre les deux codages nettes
et marquées, très en faveur du format DTS.
A signaler: le changement de piste son nécessite
un passage, rapide, par le menu.
L'interactivité
Très réduite, elle ne contient
que deux clips vidéos des (plus sages) Dandy Warhols
"Boys Better" et "Smoke It". Le Brian
Jonestown Massacre a été ignoré...
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