Incendiaire télécinéma qui restitue à la nuance près l'intégralité de la palette chromatique et plus simplement visuelle de Tony Scott. Des qualités superlatives mise en oeuvre pour offrir un rendu proche de la perection, qui se délecte de bout en bout, et ce en dépit du flux ininterrompu d'images que déverse le cinéaste. Six images seconde, superposition, puis re-superposition, désaturation, saturation extrême, étalonnage sauvage poussé vers ses extrêmes, grain volontaire, accélération, décélérations... L'image du film se montre sans cesse mouvante et agitée, insaisissable. La définition, aigue et pointue, accuse un remarquable degré de persévérance, jusque dans les scènes les plus incroyablement complexes, offrant une lecture parfaite, à l'image des contrastes, au rasoir, qui sculptent le paysage visuel du film de manière éloquente et irréprochable, tout en suivant la cadence infernale du montage. La gamme colorimétrique semble sans fin, avec des couleurs limpides et intenses. La compresion MPEG II ne se voit même pas réellement malmenée, puisque tout défaut prévisible demeure sous contrôle et n'intervient pas. Dense, piquée, superbement cadrée et épique en soi et dans son rendu, l'image de ce DVD propose une richesse visuelle d'une profonde densité (scènes sombres ou sous une lumière éclatante) qu'elle restitue dans ses moindres détails. Un must, tout simplement.
Le son
A l'image du film et de son domaine visuel quasi-conceptuel, la bande-son de Domino sublime chaque parcelle filmique et suggère un travail de symbiose, d'union, de mise en phase total et absolu entre images et sons. Cadencée, accélérée, distordue, étendue, ouverte et archi-dynamique, la bande-son du film propose un épanouissement formel de presque chaque instant, et repose sur une voie centrale qui diffuse les voix avec un naturel et un impact souvent saisissants. Oeuvre de montage et de mixage pur, la bande-son de Domino comporte un nombre incalculable de boucles sonores et de micro-séquences qui font exister le film autour et sur le son. Cette édition DVD, préparée par le Studio Mi Casa, ne nécessite aucne réégalisation (désactivez donc le mode THX de votre amplificateur), celle-ci ayant été appliquée en phase de mastering. Si nous pestons depuis tant d'années contre le travail d'adaptation des bandes-sons que réalise ce studio en vue d'une exploitation vidéo, force est de constater qu'avec Domino, il semblerait que d'autres membre se soient joint à l'équipe du Studio dans la mesure où la réégalisation de la partie haute du spectre ne ressemble à rien de ce que nous avions pu entendre auparavant (et qui était si castrateur), ainsi que la gestion de la dynamique, qui préserve ici sa force vive. Les résultats des pistes son dépassent souvent l'entendement: musique tantôt rock, tantôt merveilleusement symphonique (Harry Gregson Williams a composé ici l'une de ses plus belles partitions), impact d'un grave dévastateur et saisissant de profondeur (surtout en DTS ES), pertinence de la scène sonore, et ouverture acoustique permanente et anthologique. Dans ce flot de matières sonores mentistes et souvent désappareillées, il subsiste une forme de subtilité et d'exigence aisément reconnaissable. La présence arrière est souvent imposante, amplifiée par un recours au canal central arrière (ES ou EX) non systématique mais parfois indispensable. Son niveau de diffusion, surtout vers la fin du métrage, confine là aussi à l'anthologique. Certains passages en DTS ES Discrete affirment la suprémacie du format sur le codage Dolby Digital EX (uniquement matricé), au point que ces passages pourraient servir d'exemple parfait pour illustrer les différences. la piste DTS ES se montre d'une efficacité absolue et mémorable, et découpe un paysage arrière au rasoir, ce que le format Dolby Digital EX ne parvient aucunement à restituer, ne serait-ce qu'au niveau de la diaphonie entre les trois voies arrières. La puissance de la bande-son (accident, explosions, actions...) se montre incendiaire et frise l'irrévérence la plupart du temps. L'évoquer en terme de "délire" n'est aucnement justifié, dans la mesure où le travail des mixeurs attitrés de Scott a été d'instaurer une vie acoustique, de densifier les séquences fortes et d'extrapoler les autres. Au final, la bande-son du film demeure infiniment ordonnée, et s'installe sur des plans sonores majestueux, tous décelables, plutôt que sur une effluve de masses sonores dispersées sans tact ni savoir-faire.
Le format DTS demeure exhaltant et enivrant. Les résultats obtenus et audibles confirment à chaque instant sa nécessité, pour la bonne raison que le format Dolby Digital se montre presque incapable de restituer la folie acoutsique ambiante avec le meêm dsens de la délinéation et du découpage. Lors d'une écoute en DTS-ES Discrete, la bande-son semble traverser la pièce et en sortir par le canal central arrière qui offre un impressionnant pic de performance, tandis qu'en Dolby Digital EX, rien n'y fait, les sensations ne sont pas les mêmes. Ainsi, le format DTS élargit la perception acoustique des sons, et offre une préhension, une fraîcheur (voix, clarté ambiante, réponse en fréquence), une immédiateté ainsi qu'un aplomb dans l'évocation ou la description tout simplement exceptionnels. Présence surround densifiée, textures sonores améliorées, apparences acoustiques affinées: les résultats sont patents et instantanés, d'où notre diapason d'argent, rare, octroyé ici sans le moindre doute. Enfin, le format DTS met en évidence, avec un rare sens de l'efficacité, la moindre figure de style sonore, dupliquant ainsi, dans la bande-son, ce qu'offrent et déversent les visuels: ralentis sonores (jusque dans les scènes d'action), superpositions, collages, étiolements, expansions soudaines... le tout en mainetant une excellente réponse en fréquence, sur l'intégralité du spectre audible. En faisant littéralement culminer mixage artistique et pertiennce technique, la bande-son de Domino réalise et achève une partie non négligeable du potentiel formel du film, n'hésitant pas à investir les terrains narratifs (lisible dans le montage, avec amorces etc...) et psychologiques.
Des résultats exceptionnels pour un projet de mise en scène dont on ressent chaque procédé d'écriture, chaque vague formelle, chaque flux et reflux. Une bande-son étagée avec soin, et qui utiise toute la largeur expressive du format multicanaux pour exister, canal central arrière compris. Si ce dernier n'est pas sollicité en permanence, il oeuvre à encore amplifier la bande-son et à répartir ses forces vives avec davantage d'efficacité, multipliant encore, au pasage, les possibilités d'évocation et les figures de style. La dernière séquence animée du film, dans l'asenceur du casino, relayée par la Passion selon Saint Matthieu (Bach), consitue le climax acoustique et sonore du film, où chaque détail est poussé dans ses derniers retranchements avec une fluidité accrue en DTS ES, et une dynamique dévastatrice. Signalons, enfin, que le très long et magnifique générique de fin est entièrement mixé en 6.1 également, avec des voix qui se balladent de voie en voie, et un final symphonique, toujours en 6.1, signé Harry Gregson Williams, et dont les prestations harmoniques (enregsitrement de haute volée, soyeux et enlevé) nous donneraient presque la chaire de poule.
L'interactivité
Commentaires: Tony Scott et le scénariste Richard Kelly.
I Am A Bounty Hunter: The Story of Domino Harvey’s Life (20:30)
Scènes coupées/alternatives: toutes présentées en 16/9 et Dolby Digital 5.1 non flagé en EX (une rareté exceptionnelle), avec commentaires optionnels du cinéaste.
Alternate audio track: lecture de script.
Bounty Hunting on Acid: Tony Scott’s Visual Style (10:38): étonnante featurette qui détaille au maximum les expériences visuelles du cinéaste. Une pertinence réelle que l'on ne soupcçonnait pas.
Trailer et teaser du film en Dolby Digital 5.1 phénoménal, et bandes-annonces de Final Destination 3 (Dolby Digital 5.1, exceptionnel parfois). D'autres trailers sont présents mais présentés en 2.0...