

EAGLE'S WING
Avec: Martin Sheen, Sam Waterston, Harvey
Keitel, Stéphane Audran, Caroline Langrishe, John
Castle
(1979) Au royaume des plaines arides
de l’Ouest sauvage, les destins se croisent sans
se ressembler. C’est dans une atmosphère
de guerre tribale opposant les Kiowas aux Comanches que
les deux trappeurs Pike et Henry tombent dans une embuscade.
Au cours de l’attaque, Henry succombe et Pike se
retrouve seul, livré à lui-même, au
beau milieu du désert. Assoiffé de vengeance,
il parvient alors à dérober le cheval légendaire
appartenant au grand chef indien White Bull, responsable
de la mort de son ami. S’engage alors une course-poursuite
acharnée entre les deux hommes pour la possession
du prodigieux étalon…
Réalisé avec un certain
panache et un sens de l'à-propos particulièrement
bienvenu en regard du genre, ce western possède
quelques accents Pollackien, son Jeremiah Johnson
n'étant pas très éloigné
de Eagle's Wing. Les paysages sont cadrés
en Scope, la narration est fluide et même si le
spectateur suit trois histoires parallèles, toutes
sont rassemblées au coeur du même décors.
l'Ouest sauvage, théâtre tragique de la vie
et de la mort, de l'espoir, de la passion et de la déraison,
oeuvre à pousser les personnages dans leur plus
extrêmes limites. On y rentre de toutes parts (voir
les circulations despersonnages dans les décors)
mais on le quitte en embrassant son sol, suite à
une chute douloureuse et mortelle (la mort du personnage
campé par Harvey Keitel). La mort y est édictée
par la nature (le chef indien, "accidentellement"
ou tragiquement écrasé par sa monture),
mais la place de l'homme, qui ne cherche qu'à s'ajuster
aux éléments, y est toujours problématique,
en réponse à la rudesse du climat et empreint
de la solitude de ces pionniers vagabonds. Comme le prétend
l'éditeur, Eagle's Wing est un classique inédit,
une oeuvre très peu télédiffusée,
sinon jamais, que cette belle édition DVD nous
invite à (re)découvrir dans un bel écrin.
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L'image
Le report est quasiment optimal en dépit
du nombre incalculable de défauts et autres "erreurs"
visuelles. La définition est vacillante et n'affiche
jamais un degré de stabilité convenable dans
la représentation du grand Ouest sauvage. L'échelle
des noirs et des gris demeure approximative ou bien non
étalonnée sur de svaleurs de référence.
Les couleurs ne sont jamais saturées et leur étalonnage
colorimétrique se veut défaillant d'un plan
à l'autre. Seules les lumières et les éclairages,
en dépit d'une relative simplicité imputable
aux conditions de tournage (les éclairages d'un feu
de camps au milieu de nulle part sont artificiels au possible)
sont convaicant, et dominent cette présentation DVD
tout juste acceptable. Bien des plans semblent délavés.
Le travail de remasterisation n'a pas été
poussé dans ses derniers retranchements, mais l'effort
est là et bien là, jusque dans les traces,
sauvages et immanquables, d'edge enhancement, preuve,
même s'il s'agit d'un défaut, que des filtres
visuels ont été appliqués sur l'image.
A une instabilité générale (l'image
présente des défuats à tous les plans)
s'ajoute une cargaison entière de défauts
liés au temps: des "pétouilles"
comme des scratchs, poinçons, rayures qui ont tout
de même été liftés et atténués,
mais qui sont bel et bien présents. La gestion du
bitrate est tout à fait correcte en revanche, et
permet aux plans réussis et présentant le
moins de défauts de bénéficier d'une
ampleur visuelle et d'une dynamique vidéo fort bienvenue,
permettant de rehausser la clarté et la puissance
de l'image, surtout lorsque l'Ouest sauvage s'illustre à
l'écran. Un effort de qualité non négligeable
mais qui pourrait décevoir. Nous prenons le parti
de l'éditeur, dont nous saluons la démarche,
mais restons tout de même un peu déçu
de découvrir une image en deça des potentailités
techniques du support. Mais le lifting opéré
ayant été réalisé dans des conditions
software chez le Studio Maia, impossible d'en faire
plus à moins de s'offrir les services d'un laboratoire
annexe extrêmement couteux! PVB Editions nous surprendra
toujours et dans le très bon sens du terme: l'éditeur
permet à un public moderne de découvrir des
films plus anciens ou oubliés dans des conditions
tout à fait décentes, et à moindre
coût.
Le son
Le Studio Maïa, dont nous vous avions
déjà vanté les mérites, a
réalisé la restauration et la mise en espace
des éléments sonores via son procédé
unifié nommé RMD
51 (Remastering Digital 5.1). Et il s'agit
là, une fois de plus, d'un réel effort de
mise en scène sonore, qui figure sans nuls doutes
parmi leurs meilleurs. La scène sonore est très
active sur tous les points cardinaux de l'installation,
et oscille de la subtilité (bruitages et craquements
d'insectes sur les voies arrières) à la
violence, orchestrale et convenons-en, artificielle, comme
lors de l'attaque de la caravane dans le désert
par les indiens. Les dialogues occupent le centre de cette
scène sonore et sont délivrés avec
fermeté et punch, preuve de leur retraitement en
studio qui a visiblement été optimum en
terme de placement et de hauteur de voix. Cette même
scène frontale, à défaut d'être
d'une largeur convaincante, n'hésite pas à
s'offrir les services des autres enceintes disponibles
pour prolonger, de manière dynamique et vive, la
sensation d'espace et d'amplitude. La gamme dynamique
a de quoi surprendre, ce qui a pour effet de durcir la
mise en scène sonore, de solidifier les masses
acoustiques pour enfin dépeindre un authentique
paysage lorsque toutes les voies s'activent, LFE y compris.
Lors de ces instants fabriqués de toute pièce
depuis le Mono, le format DTS propose une sensation de
largeur expressive nettement plus tamisée, plus
texturée que le format Dolby Digital, lui davantage
artificiel dans son rendu acoustique, et plus faible quant
à la charge dévolue à chaque canal.
La remise en scène par le studio Maïa repose
avant tout sur une mise en espace, une ventilation concertée
et intelligente qui redonne une vigueur expressive doublée
d'un pouvoir de conviction sincèrement très
convaincants. Le procédé n'en est pas à
ses balbutiements, et la maturité, l'âge
de raison semblent avoir été atteints depuis
longtemps. Preuve en est cette délicatesse dans
le traitement sonore qui a sans aucun doute été
précédé par une observation très
précise des potentialités dynamiques du
son, dans sa version d'origine mono, et par le respect
des prétentions artistiques originelles, même
sur la bande-son. Le potentiel créatif semble avoir
été exploré au maximum, et même
si l'on peut dénoncer certains choix radicaux car
trop artificieux, à l'image de ces scènes
au coin du feu où l'on perçoit fermement
les craquements des braises sur les enceintes arrières,
force est de constater que l'artifice et la fausseté,
jusque dans les timbres, ont été bannis.
On restera surpris de découvrir cette patine sonore
ainsi que son pouvoir, sa volonté de mise en scène,
qui articule, avec clarté, pertinence et efficacité.
Aucune séquence du métrage ne semble éteinte
ou vide de substance sonore. Même lors des séquences
dialoguées (début du film), la bande-son
semble animée d'une très subtile dimension
aurale, faite d'échos prolongateur sur les voies
arrières et d'un pouvoir de recouvrement spatial
qui habille et maquille la scène sonore sans pour
autant la dénaturer, l'extirper hors de ses limites.
Le procédé n'a pour autant rien d'un vulgaire
maquillage artificieux et permet de revigorer le caractère
immersif de la bande-son, en conservant ses éléments
originaux, mais en oeuvrant pour davantage de clarté
expressive, et plus d'expressivité acoustique.
De surcroît, dans un genre aussi typé que
le western, ce type de ré exploitation sonore se
trouve dans son élément. Rien n'est véritablement
oublié: coup de feu, dérapages, sable, éléments
naturels (le vent etc.), courses poursuites, flèches
décochées, rivières, ambiances naturelles...
et tout semble orchestré selon une partition qui
obéit au seul mot d'ordre de clarté. Même
l'équilibre tonal a bénéficié
de soins particuliers. En outre, la finesse de certains
effets sonores réalise des petites merveilles,
redonnant immanquablement du cachet et de la vie à
la bande-son. La piste DTS, sur la version originale du
film, dès le début du métrage, permet
à la bande-son de sortir du cadre physique imposé
par les enceintes, et en dépit de l'âge des
matériaux sonores, réussit à propulser
sa dimension sonique un bon cran plus loin, en travaillant
sur davantage de clarté et d'intelligibilité.
La scène sonore respire beaucoup mieux, l'aération
est de la partie, tout comme le pouvoir de conviction.
Bref, tout concourt à redonner un souffle sonore
en phase totale avec le projet de remise en espace du
Studio Maïa. En d'autres mots, le format DTS donne
clairement à entendre le travail réalisé
lors du RMD 5.1. Dommage que l'éditeur n'ait cette
fois-ci pas opté pour une piste DTS Plein Débit,
comme ce fut le cas avec leurs anciennes publications...
L'interactivité
Une modeste galerie de photos (couleurs
et noir et blanc), des filmographies complètes
et quatre bande-annonces d'autres films de l'éditeur
(4/3 et DD 2.0). Les menus sont animés, mais le
changement de piste son à la volée est ilpossible.
un passage forcé par le menu est nécessaire,
et le film redémarre... Le disque est joliment
sérigraphié.
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