Datant de 1978, l'image offerte ici, en dépit de nombeux efforts, souffre d'importants soucis: elle se veut 'douçâtre', ses contrastes manquent de punch, et sa dynamique vidéo ne se montrera jamais à son avantage réel... Les lumières de scène, signature du groupe, sont toutefois restituées avec suffisament de clarté et d'éclat pour passer le cap. Les couleurs, pourtant vives, ont tendance à fléchir, et l'on devine une accentuation artificielle de la colorimétrie lors d'un réétalonnage. Au final, la définition se montre soft et lisse au possible (d'autant plus visible en 4/3) et une légère tendance à la granulation emporte parfois ces images légendaires qui de toutes façons ne pourront jamais vraiment être magnifiés par quelque support que ce soit. Difficile donc de faire mieux, mais cette édition se place sans aucun soucis comme une source définitive pour ce concert mythique.
Sur ce point aussi, force est de constater que le concert si légendaire soit-il, a nettement vieilli et ne pourra jamais s'illustrer pleinement. Si la piste PCM affiche une stéréo discrète mais peu sujette aux excès ou à la fidélité parfaite, elle constitue cependant une alternative efficace dans la mesure où elle fait disparaître l'effet de masse et de poids parfois disgracieux des pistes multicanaux.
Ces dernières ouvrent très peu le paysage multicanal et se contentent de bâtir leur structure musicale autour d'une scène sonore bien formée au centre de toute une installation... au point de ressentir un effet de neutralité spatiale et ce même si toutes les voies sont utilisées. En effet, si elles se manifestent davantage que la piste PCM, toutes deux peinent à restituer la dimension scénique du spectacle (inhérent aux conditions d'enregistrement de l'époque?), et font surgir un bloc sonore assez confus au coeur duquel la complexité infra-musicale issue du choix des instruments employés ne s'illustrera qu'en de rares moments où une certaine mobilité viendra prendre le relais, assurant ainsi une circulation efficace mais trop sporadique des masses sonores complexes du groupe, jusqu'en stéréo arrière. Ces timides tentatives insufflent de l'air et de l'aération à un ensemble qui en souffre grandement...
Aussi, la scène multicanaux attendue se limitera aux manifestations du public, reproduites en stéréo par la scène sonore arrière, mais ne manifestera jamais vraiment une volonté de construire, de mettre en scène une esthétique et une émotion musicalement emportée. La réponse en fréquence préserve le caractère brut du matériel de départ: le registre grave est exploré de manière plutôt efficace et habite les compositions du groupe avec un sens de la délinéation appréciable (batterie). les médiums débordent parfois, tandis que le registre aigu et le haut du spectre affiche vite des limites évidentes, ce qui limitera la perception de l'espace tridimensionnel musical. La dynamique, elle, s'est vue grandement optimisée et semble constituer l'essentiel de l'apport du format 5.1.
Le format DTS (présente en simple Mi-Débit...) se montre en revanche totalement supérieur au format Dolby Digital 5.1, qu'il dépasse allègrement: d'une part, parce qu'il semble davantage fouiller le master son et se montre capable de le restituer avec une profondeur et une élongation acoustique largement plus convaincante, mais d'autre part parce qu'il maintient aussi un rapport de fidélité tonale qui fait toute la différence sur certains titres comme Mr. Blue Sky ou encore Telephone Line et Wild West Hero, où la remontée vers le haut du spectre qu'apporte le piano et les clochettes se montre plus chaude, plus flatteuse pour l'oreille. Une intégrité sonore préservée jusque dans la sensation d'espace acoustique: davantage projetté et articulé avec un naturel plus saisissant, la piste DTS autorise une perception plus nette et ô combien plus fluide, pleine et musicale de l'intégralité de la scène sonore et sa richesse orchestrale. Une grandiloquence plus conforme, en somme, aux ambitions du groupe.
Ainsi, le manque de délié constaté se voit-il quelque peu corrigé, mais le caractère étiré et enjolivé de manière artificielle de ce remixage cause, à bien des égards, plus de mal que de bien. Non pas que le naurel ait été effacé, mais les sons ne percent pas l'espace de manière convaincante et semblent congestionnés dans une zone de médiums intermédiaires qui annulerait presque la lisibilité audio des message sonores. En d'autres termes, la complexité des mesages (dernier titres par exemple) n'est pas finement négociée et il en découle sur la pluaprt des titres un sentiment de musique 'brouillonnante'. A ce titre, la nature des divers instruments se montre difficilement décelable parfois, le violon étant noyé dans les cordes électriques et ne joue pas son rôle d'accompagnateur harmonique, de filé micro-orchestral sous-jacent mais bel et bien présent... Confusion et homogénéité trop apparentes, donc.
Au final, l'ampleur du spectacle est là, mais sa finesse et son design, au delà de tous les artifices de l'Electric Light Orchestra, n'était audible qu'en 1978 au stade de Wembley...
Nos notes se montrent conformes à nos exigences. Il ne s'agit pas d'une édition DVD techniquement ratée, loin de là, mais cet effet de volume appliqué pourrait déplaire aux fans purs et durs. Les autres y découvriront un spectacle impressionnant et passeront peut-être sur ces quelques réserves que nous émettons aux remixages 5.1, certes efficaces mais par trop artificieux ou aux efforts concentrés là où il n'en était nullement besoin. A noter que certains albums du groupe étaient disponible en 8 pistes dès les années 70. Il est donc logique qu'un jour des versions multicanaux retravaillées de ces albums soient éditées (DVD, DVD-Audio, SACD ou CD DTS).