Le DVD (zone 2, TF1 Vidéo) possède une piste
son encodée en DTS 5.1 Mi Débit (VF), et
une autre encodée en Dolby Digital 5.1 (même
langue, 448 Kbps). Une piste Mono Dolby Digital 2.0 est
également jointe. Le format de l'image (PAL) est
en , 16/9 anamorphique, 1.66:1 environ (d'où bandes
noires latérales, tout à fait normales pour
ce ratio, car inférieur au 1.77 du 16/9). 81 minutes
environ (film). Bitrate global film:
7.87 Mbps. Edition double-DVD (suppléments séparés).
Disponible à la vente en zone 2 depuis le 22 septembre
2005 .
NOTEZ LE FILM:
NOTEZ LA PISTE DTS:
Photos Copyright TF1 Vidéo
L'Emmerdeur
Avec Lino Ventura, Jacques Brel, Caroline Cellier, Jean-Pierre
Darras...
Réalisateur :
Edouard Molinaro
Scénariste :
Francis Veber
Producteurs :
Alexandre Mnouchkine
Georges Dancigers
Compositeurs :
Jacques Brel
François Rauber
Ralph, tueur à gages, attend patiemment
dans une chambre d'hôtel, en plein cœur
de Montpellier, l'heure à laquelle il doit
abattre un certain Randoni, témoin crucial
d'une sale affaire. Tout est prêt, et dans
deux heures son contrat sera rempli. Mais c'est
sans compter sur la présence de Pignon,
dans la chambre d'à côté.
Quitté par sa femme, ce représentant
en chemiserie choisit le même moment pour
mettre fin à ses jours… en se pendant
aux tuyaux de la salle de bains. Tout s'effondre
et c'est le début de l'inondation, qui
gagne rapidement la chambre du tueur…
L'Emmerdeur, c'est avant toute
chose un ensemble d'anecdotes: le scénario est
signé Francis Veber, et se veut une adaptation
de sa pièce, "Le Contrat". Brel s'appelle
François Pignon dans le film. Pignon ou Perrin,
Brel a inauguré la série, poursuivie par
P.Richard, ou P.Bruel comme dans la Chèvre
ou les Compères, ou encore le
Jaguar. Point de Campana pour faire duo, le personnage
joué par Lino Ventura s'appelle Ralph Milan, mais
en possède le même caractère.
Considéré à l'époque
de sa sortie comme un film alimentaire et populaire, sorte
de comédie du Samedi soir, le film de Molinaro
a récupéré avec les années
une aura prestigieuse qui se lit encore aujourd'hui de
manière particulièrement patente: caméra
à l'épaule et mise en scène surprenante
pour la plupart des séquences (bien plus 'agité'
et plus composé que n'importe quel film de veber
sur ce point), ce qui retire volontiers au film son caractère
trop théâtral, mécanique comique subtilement
élaborée, ne versant jamais dans l'excès
mais étayée par la prestance sans nom des
deux acteurs principaux. En ce sens et pour de multiples
raisons, le film représente aujourd'hui encore
une sorte de pilier autour duquel s'est bâti et
stratifié tout un pan de la comédie Française,
au cinéma du moins. Nombreux furent les oeuvres
qui naviguèrent dans son giron scénaristique
et formel. Brel et Ventura campent des personnages saisis
à contre-emploi par un travail dramatique de tous
les instants, travail qui se voit épaulé
par leur passé commun. En effet, ils avaient déjà
tourné ensemble l'année précédent
le film chez Lelouch: l'Aventure c'est l'Aventure.
Sortie en salles en 1973, le film connut
un beau et vif succès public avec plus de 3,3 millions
de spectateurs. Dixième et dernier film pour Jacques
Brel (qui signe d'ailleurs aussi une partie de la musique),
l'Emmerdeur reste à ce jour un exemple
fin et exécuté avec brio de ce que la comédie
dite "à la Française" peut apporter
au cinéma, et vice versa. Un remake Américain,
dont le scénario fut également signé
Veber, vit le jour en 1981, réalisé par
Wilder, avec jack lemmon et Walter Matthau.
Forte d'un bitrate conséquent qui
accorde à l'image une attention soutenue, cette édition
DVD s'avère une fort belle réussite. L'image
est la première à bénéficier
de cet effort éditorial: elle offre une définition
formidable, acérée même, et naturelle
(le film date de 1973). Les contrates, forts et justes,
explorent tout le cadre jusque dans les arrières-plan,
et proposent une palette expressive que l'on attendait pas.
Même constat sur le flanc de la colorimétrie,
aux tons de chair impeccables et à la saturation
très justement ajustée, en accord parfait
avec le film. Dans l'ensemble, une image de très
grande classe, propre, sans réel défaut (poussières
etc...) qui témoigne de l'emploi d'un internégatif
de haute volée. La compression, invisible et naturelle,
permet de suivre tous les plans parfois complexes, caméra
à l'épaule, dans des conditions techniques
optimales. L'image qu'offre ce DVD s'octrie un excellent
rendu des objets, détails (costumes, couleurs), qui
procure au film une forme de jouvence bienvenue. Restauration
impeccable donc, qui apporte finesse et naturel argentique
(scènes en exterieur, superbes) dont le film avait
bien besoin. Seul le tout début du métrage
souffre d'une définition un peu légère,
et certains autres plans d'une dynamique vidéo un
peu dure, et numérique, mais ils sont très
rares. Dernier point: la lumière du film est signé
par le grand Raoul Coutard, issu (entre autres!) de la Nouvelle
Vague.
Le son
La surprise continue avec un remixage
5.1 discret des plus efficaces et des plus surprenants.
La séduction opère dès les premiers
instants, où la scène arrière se
révèle de manière patente et objective,
pour ne plus lâcher son emprise sur le film. Il
s'agit en effet bien d'un remixage en 5.1 qui emploie
tous les canaux (exception faite du caisson de basses)
disponibles et ce en quasi-permanence et avec une clarté
et une propreté que l'on entend peu sur ce type
de remixage. La voie centrale s'avère forte, puissante
et claire comme du cristal, procurant ainsi aux savoureux
dialogues une dynamique inouïe qui tient lieu de
véritable mise en scène. Bien plus claire
et plus évidente que sur 80% des films Français
contemproains employant le son numérique, celle-ci
s'avère immanquablement efficace et d'une très
grande précision. Les voies satellites à
cette centrale sont également animées avec
un certain panache. La musique occupe une partie non négligeable
des voies, et ne propose pas un simple élargissement
de l'espace d'écoute où les sons se verraient
ventilés de manière artificieuse sur toutes
les voies, mais propose une vraie mise en scène
sonore esthétisante et sensible. Aucun souffle
ou autre défaut de ce type n'est perceptible à
l'écoute du film, tout comme la distorsion. L'articulation
sonore est réelle, avec emploi, modéré
certes mais notable, de la stéréo arrière,
qui se révèle employée de manière
purement acoustique et afin d'habiller la scène
sonore de manière élégante et réussie.
Remixage intelligent est le terme qui vient immédiatement
à l'esprit. Les sons et leur variété
ont été néttoyés sans que
leur dynamique en souffre, puis replacés dans un
nouvel espace acoustique, qui ne dénature aucunement
le film mais propose une form d'ouverture et d'ampleur
dont les résultats, au final, dessert la dynamique
dramatique du film sans jamais la mettre à sac
ou à plat à force d'artifice. La piste DTS
offerte par l'éditeur, et dont la présence
pourrait faire sourire voire inquiéter, pousse
encore plus loin l'effort sonore réalisé,
en ouvrant l'espace de manière nettement plus franche,
et en instillant des valeurs dynamiques encore plus élevées
qui élèvent littéralement la bande-son
en ampleur et en qualité. Dynamique, claire et
ample, cette piste DTS est à privilégier
pour son surcroît de finesse et de précision,
immanquables là aussi, et qui tranchent avec le
format Dolby Digital 5.1 de manière souvent surprenante.
La scène sonore du film de Molinaro se voit ainsi
réévaluée dans le bon sens du terme,
sa clarté comme 'éclairée' de l'intérieur,
son dynamisme ambiant durci etc... A nouveau, les bienfaits
du codage DTS sont nets et coupants, qu'i s'agisse de
répartition ou de réponse en fréquence
(voir à ce titre les tout premiers instants du
film, où la scène arrière se montre
vraiment plus ouverte et objective en DTS), ainsi que
dans ses valeurs tonales (musiques) et spatiales. Sans
réellement proposer une vraie tri-dimension acoustique,
le remixage 5.1 numérique discret du film, via
la piste DTS, dessine de manière jamais appuyée
mais bien rélle, un paysage sonore "dimensionné"
et intègre. Du côté de l'artifice
ou de l'argument commercial, c'est l'abstention pure et
simple. Le cadeau de l'éditeur est à ce
titre bienvenu et indispensable pour les plus exigents.
Les vertus habituelles du codage DTS sont bien présentes,
surtout qu'elles se révèlent ici de manière
évidente. Aucun soucis de downmix, mais
seule la piste DD 2.0 fait remonter des basses fréquences...
En conclusion, cette édition de l'Emmerdeur
repose sur des bases techniques établies et de
grande qualité, transformant cette édition
spéciale en réel produit collector pour
le cinéphile exigent et passionné. Surprenant
est le terme qui vient à l'esprit, puis équilibré,
pour qualifier cette bande-son remasterisée et
remixée. Nous aurions du créer un "diapason
de bronze section remasterisation"!
L'interactivité
- « L'emmerdeur vu par » : Jean-Marie Poiré
et Vincent Perrot
- « Les rêves accomplis » : entretien
avec France Brel
- « Molinaro, un esprit libre » : entretien
avec Edouard Molinaro
- « Le groom de l'Hôtel du palais » :
interview de Nino Castelnuovo
- « Une cellule pour deux » : analyse de Christian-Marc
Bosséno, co-auteur du Dictionnaire du cinéma
populaire français.