

La Folie
des Hommes
de Renzo Martinelli (2000).
1959, dans une vallée des Dolomites.
Carlo Semenza, un architecte renommé, secondé
par l’ingénieur Biadène, travaille
d’arrache-pied à la mise en œuvre du
plus grand barrage d’Europe. Un projet majeur pour
l’économie de la région. Mais très
vite après le début des travaux, des conséquences
dramatiques se profilent, pouvant entraîner un gigantesque
éboulement de la montagne sur laquelle s’appuie
le barrage. Ce glissement de terrain soulèverait
une vague de dimension terrifiante qui pourrait menacer
des milliers de vies et rayer de la carte plusieurs villages
en contrebas. Seule une journaliste consciente du danger
tente de s’opposer à la folie de ces hommes
qui osent défier la nature... Mais la pression
économique est énorme et les travaux continuent...

Daniel Auteuil et Michel Serrault prennent
part à ce film ambitieux, dont les moyens ne sont
pas toujours à la mesure de l'ampleur qu'il souhaite
évoquer. Une oeuvre profondément humaine
et inspirée où le sens tragique prend le
pas sur tout le reste et emporte tout sur son passage.
Un style italien qui rappele, de ci de là, les
grandes heures de ces fresques monumentales que les productions
de ce pays ont pu offrir au cinéma. A découvrir,
dans cete belle édition DVD en dépit de
l'absence de bonus et du deuxième disque anecdotique:
un banal téléfilm en DD 2.0 et 4/3...
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L'image
Très belle copie qui rend justice
à la photo et au tournage très particuliers,
semi numérique, semi vidéo, mais 100% Scope.
Les couleurs sont traitées, la granulation voulue,
mais l'éclat et la luminosité ne seront pas
bien difficile à dénicher. Emploi d'un réducteur
de bruit, certes, mais aux effets plutôt dissimulés,
eux. Une image très particulière, qui pourrait
fort bien décevoir par sa grisaille omniprésente...
Très belle lumière, dont une magnifique séquence
d'ouverture dans le cimetierre. L'emprise du CinémaScope
est réelle et ne lâche pas prise du début
à la fin.
Le son
Une fois passé outre la barrière
(énorme) que constitue la VF (le doublage est la
plupart du temps ridicule et fait hurler la voie centrale)
et déploré le manque de VO, c'est à
un spectacle monumental que l'on assiste. L'éditeur,
DVDy, s'est depuis ses origines concentré sur le
DTS Plein Débit avec plus ou moins de bonheur (VF
à chaque fois...). Ici, l'édition DVD est
plus ambitieuse (superbe packaging), à l'image
de la bande-son, sorte de roc en mouvement, dur,
âpre, rugueux, mais vif et extrêmement animé.
C'est bien simple: l'expérience sonore proposée
est remarquable. Il ne se passe pas un seul instant sans
que les canaux soient animés d'un souffle parfois
artificiel, mais toujours bienvenu. Cette bande-son serait
presque plus animée et vive que celle de X-Men
2, c'est dire ! Les tremblements de terre, les déferlements
d'eau sont délivrés avec un punch colossal
et des basses fréquences très larges. Sans
l'aide d'une bande-son de circonstance, le film ne serait
pas grand chose: source de dimension et de profondeur,
elle fait résonner les échos, sonner les
outils, sourdre les menaces et s'écoruler les maisons
dans l'espace acoustique. Une scène sonore complètement
multidirectionelle, réellement palpable mais qui
sonne toutefois très studio et très processed,
voire artificielle. Les séquences d'accident élèvent
la dynamique d'un gigantesque cran et se parent d'une
dimension audio titanesque (je pèse mes mots et
vous n'oublierez pas les tremblements de terre de sitôt
!) dont la directivité exacerbée accroît
les tensions à l'écran et réhausse
le degré de vérité. La piste DTS
est ici incroyablement plus homogène que sa rivale
Dolby Digital qui elle écrase les informations
surround de manière immanquablement perceptible.
La largeur de la piste DTS, issue d'une encodage software,
fait merveille au niveau de l'évocation: la réponse
en fréquence est libérée et les nombreuses
tonalités se répandent avec onctuosité
et célérité dans toute la zone d'écoute.
Une excellente surprise donc, à n'en point douter.
A noter que le downmix de la piste Dolby Digital donne
des résultats exceptionnels en Dolby Surround (là
aussi je pèse mes mots...), au point de parfois
et en exagérant un peu rivaliser avec la piste
DD 5.1... Au final, c'est une mise en scène sonore
impressionante faite de pics de puissance (les moult tremblements
de terre) et de beaucoup de subtilité lorsqu'il
s'agit d'évoquer la vie naturelle et aquatique,
les mouvemens de la nature. Les multiples propriétés
acoustiques des lieux du film (le barrage, la colline,
la route) sont reproduites avec vérité,
ampleur et conviction dans tout l'espace d'écoute.
L'ambiophonie prend ainsi toute sa dimension environnementale
et révèle son authentique rôle: envelopper
de même que faire ressentir des émotions
(musique, très bien intégrée sur
toutes les voies, moments intimes, transparents mais bien
réels d'un point de vue sonore) et représenter
des lieux (cascade, lac etc...) jusque dans leurs silences
et leur pesanteur acoustique.
L'interactivité
Une bande-annonce en 16/9 1:2.35 et DD
2.0 VF. Menu animé et sonorisé (déjà
réussi). Le disque #2 contient un téléfilm,
"Avalanche", ridicule... qui fait vraiment tâche
à côté de la véritable oeuvre
de cinéma (jusque dans ses imperfections et ses
approximations) qu'est la Folie des Hommes. Et
en plus, le prix de vente du DVD est placé sous
la barre des 20 Euros...!
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