Une restitution live dynamique et réaliste, mais qui se veut plutôt modérée en terme de design. En réalité, il semble s'agir là d'une captation automatique, sans mise en scène multicanaux particulière. L'énergie de Gary Moore y est tout de même préservée, et les riffs de guitare électrique se voient magnifiés par des effets de loupe sonore qui suggèrent une mise en emphase discrète, et qui va même jusqu'à fouiller le bruit de fond en provenance des amplis Marshall.
La réponse en fréquence se veut convaincante: restituant celles des guitares électriques avec justesse et sécheresse, elle permet de s'immerger dans les créations de Moore tout en préservant un soucis de réalisme acoustique très musical, et ce même si le registre grave aurait gagné à être exploré davantage. En termes de musicalité, ce concert concentre peut-être un peu trop d'énergie sur la façade frontale, qui dessine une triphonie quelque peu confuse et assez peu mobile. Les balances et rapports inter-voies ne sont en effet pas étalonnés avec une justesse scénique parfaite, mais la nature organique de la musique ne se voit jamais trahie, laissant transparaître le ressenti de l'artiste au bout de chaque corde. Nous regrettons toutefois la petitesse de la scène multicanaux 5.1, qui aurait gagné à intégrer, lors du mixage davantage d'articulation et des rondeurs acoustiques plus poussées afin de traduire de manière moins brut et plus étoffée l'émotion acoustique et musicale. Quoi qu'il ne soit, la piste son présentée ici se montre tout à fait convaincante et bénéficie d'une intégrité circonstanciée: elle s'attarde sur l'essentiel, à savoir les décibels de l'artiste, qu'elle magnifie de par sa prestance numérique et son pouvoir de recouvrement qui, à force, traduit l'ampleur de la scène et les diverses interactions entre les musiciens. Seul le découpage sonore manque quelque peu d'aération sur les premiers titres. Le dernier, pièce de résistance, Parisienne Walkways, tube interplanétaire, constitue sans le moindre doute le meilleur passage de ce show lumineux: volume global poussé, sens du détail, découpage sonore, spatialisation plus poussée et interprétation de rêve. Il aura fallu attendre longtemps, mais toute l'essence musicale de Gary Moore se voit restituée avec fougue, jusque dans la célèbre note, tenue ici durant 24 secondes. Paroles et environnement musical sont à l'unisson, les lignes de basses se tendent, tandis que la piste DTS prolonge l'étendue du spectacle.
En effet (Attention: offset de -4 dB sur la piste Dolby Digital qu'il convient donc d'écouter 4 dB plus fort que la piste DTS), le format Dolby Digital 5.1 se montre à nouveau trop court dans sa restitution des textures et de la fibre des guitares. Introduisant une mini distorsion bine audible, il "coupe" et atténue une bonne partie de l'émotion et de la chaleur acoustique que dégage l'artiste. La captation se voit ainsi compromise et fortement contrariée par instants, notamment sur la voix du chanteur et les détails articulatoires et toniques des guitares. S'il ne s'agit pas de l'édition la plus spectaculaire de l'éditeur, la piste DTS 5.1 offerte ici intensifie pleinement la plénitude du son, et se recentre davantage sur l'essentiel: préserver la nature du son et mettre en avant une fidélité à toute épreuve. Ecouter en DTS revient ici à profiter d'une scène multicanaux certes perfectible comme nous l'évoquions plus haut, mais également faire disparaître les artefacts liés à une compression audible qui affaiblit la clarté de la perception. Des différences réelles mais pas forcément anthologiques (moins que sur d'autres titres) entre les deux codages son, mais une piste DTS qui affiche une lumineuse fidélité, un équilibre solide et une restitution des détails d'arrière-plan (dynamique, enveloppe surround, public...) et des subtilités musicales et tonales entre les diffuseurs qui force le respect.
La scène arrière se limite aux réactions du public présentée dans une stéréo manquant de richesse et d'ampleur, mais ne propose qu'un écho très limité et automatisé de la scène avant... Enfin, la piste Dolby Digital 2.0 se montre inaudible car sourde et totalement inutile.