

L'HOMME
DU TRAIN (2003)
Avec Jean Rochefort, Johny Halliday, Jean-Francois Stévenin...
Un
mystérieux étranger descend d'un train
et fait son apparition dans une petite ville. Cet
individu au visage marqué, ayant pour unique
bagage un sac de voyage, entre dans une pharmacie
sur le point de fermer pour acheter de l'aspirine.
Il fait alors la rencontre d'un professeur de français
à la retraite qui lui propose de prendre
un verre d'eau chez lui.
Alors que tout les oppose, ils vont sympathiser
et se rendre compte que l'un aurait voulu avoir
la vie de l'autre. L'ancien enseignant se rêvait
aventurier, tandis que le voyageur s'envisageait
pantouflard.
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L'Homme du train a été sélectionné
en compétition officielle au Festival du Film de
Venise. Une première pour le cinéaste qui
avait présenté Félix et Lola à
Berlin en 2000 ainsi que Monsieur Hire et Ridicule à
Cannes en 1989 et 1995. Patrice Leconte n'a pas caché
sa joie de se retrouver à Venise une fois sur place:
"J'en rêvais beaucoup. Je suis très
ému d'être là. Je n'arrive pas à
être blasé des festivals."
Le scénario de L'Homme du train est signé
Claude Klotz. Ce dernier avait déjà travaillé
sur ceux du Le Mari de la coiffeuse et de Félix
et Lola, deux films de Patrice Leconte.
Johnny Hallyday n'en est pas ici à ses débuts
sur grand écran. Le chanteur faisait déjà
une apparition en 1954 dans Les Diaboliques de
Henri-Georges Clouzot. Il a tenu les rôles principaux
de plusieurs films comme Detective (1984) de
Jean-Luc Godard et plus récemment Love me
(1999) de Laetitia Masson. Dans ce dernier film, il jouait
déjà au côté de Jean-Francois
Stévenin qui lui fera faire une apparition dans
son film Mischka (2002). Avec L' Homme du
train, c'est donc la deuxième fois de l'année
que les deux hommes se retrouvent ensemble sur grand écran.
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L'image
FPE livre ici un DVD soigné, aux
menus proposés en Dolby Digital 5.1. L'image s'avère
correcte, en raison d'une certaine faiblesse de dynamique
qu'il faut aller chercher du côté de la compression
et de son aspect quelque peu numérique, assez disgracieux
sur certaines séquences. La colorimétrie,
filtrée dans des tons bleus aciers ou gris, se révèle
respectée, et met en lumière les cadres du
cinéaste (Leconte est toujours crédité
comme cadreur sur ses films, et il se révèle
des plus habile, ce qui n'est aucunemet une nouveauté...),
ainsi que la direction de la photographie, brillante elle
aussi, signée Jean-Marie Dreujou. Définition
à l'avenant, légèrement heurtée
par la compression, perfectible. Niveau des noirs et des
contrastes convenables (scènes de nuit) mais fluidité
à toute épreuve. Une image solide mais qui
ne manquera pas de décevoir en raison d'un léger
manque de justesse...
Le son
Les bandes-sons des films de Leconte
ne sont jamais anecdotiques ou légères.
Dans le cas présent, la bande-son oscille entre
une forme de systématisme (lisible dans la mise
en scène sonore de la partition) et un désir
de préserver l'intimité et ses sensations
acoustiques. Ceci est notamment lisible dans le traitement
des dialogues: le superbe scénario et ses dialogues
acérés, composés par Claude Klotz,
sont ici reproduits avec un aplomb sonore immanquable
et d'une belle justesse de ton. La voix de Rochefort occupe
l'espace central avec une certaine délectation,
toujours haute sur le plan artistique et esthétique,
et toujours juste et fidèle sur le plan technique.
Loin de proposer une dimension artificieuse, la bande-son
dispose d'une part de vérité des timbres
et de mise en scène sonore qui correspond bien
à la forme esthétique des précédentes
oeuvres de Leconte. Simple mais intègre, pleine
sans pour autant tomber dans la surcharge, la bande-son
de l'Homme du Train s'inscrit naturellement dans
la tradition des bandes-sons du cinéma Français
axée sur la transparence et la véracité
acoustique. La voie centrale s'avère claire et
précise, mais pas pointilleuse, tandis qeu les
voies satellites ouvrent un espace sonore à l'ampleur
non négligeable, occupée la plupart du temps
par une partition fantomatique, à la guitare baladeuse
et langoureuse, ambigue et élégiaque, réponse
esthétique, traduite par la bande-son, à
la situation des personnages. Si la simplicité
et la réserve caractérisent au mieux ce
travail sur le son, force est de constater que la dynamique,
par moments, hausse le ton sonore du film. Certaines séquences
plus classiques dans leur exécution formelle (coups
de feu, etc...) peuvent décevoir sur le plan technique,
de par leur manque d'ampleur et leur relative modestie
dans la distribution des constituants sonores dans l'espace
acoustique. Mesure et tempérament dominent, créant
par la même une température sonore qui ne
variera jamais ostensiblement, jusque dans le surprenant
final. La bande-son se révèle ainsi être
à la mesure de ses personnages, qu'elle dessert
avec une belle précision, et à leur hauteur
d'homme. L'activité multicanale s'avère
tout de même réelle, ne manquant pas d'aération
et d'ouverture, mais manque parfois de présence
et d'essence acoustique. Une bande-son réaliste,
urbaine, intime, qui capte la réalité, avant
toute autre chose, plutôt que de la mettre en scène.
La piste DTS incluse ici se révèle
être le format à privilégier. Elle
n'exacerbe aucunement la bande-son mais propose une texture
et un aspect sonore qui creusent l'écart avec la
piste Dolby Digital 5.1, sensiblement plus froide et proposant
moins d'impact psycho-acoustique. Sa plénitude
et son degré d'atteinte de la plénitude,
tout comme sa densité, y sont patentes et évidentes.
Les différences sont tout de même faibles,
mais constituent un plus suffisament audible et sensible
pour être signalé. Le traitement du "son
à la Française" (réalisme et
véracité) se voit ainsi rehaussé
et légèrement recalibré
pour davantage d'impact acoustique et de profondeur de
champs sonore, dont les dialogues bénéficient
peut-être plus que les autres voies. Enfin, les
voies surround, animées d'une présence éphémère
mais à la transparence sonore presque totale, se
voient densifiées et soldifiées, mieux mise
en évidence et en lumière. Le mixage, tout
en douceur, y récupère donc une once de
présence et d'ouverture, non pas en jouant sur
une masse "volumique" supérieure que
le format DTS tirerait vers le haut, mais sur la concentration,
plus effective, plus palpable, des éléments
clés de la bande-son. Le downmix Dolby Surround
donne pour sa prt de bons résultats, mais 'brise'
une part de l'intégrité de la bande-son.
L'interactivité
• Le film annonce (Dolby Digital
5.1)
• Les filmographies
• Le making-of (passionnant, et rempli d'images de
tournage où l'on découvre un cinéaste
exigent et d'une intégrité totale. Un surprenant
documentaire donc, d'une durée de 48 minutes, construit,
conçu et monté avec un réel sens de
l'efficacité. Tout ce que l'on attend de ce type
de suppléments!
• Commentaires audio de Patrice Leconte (peu présent,
et relativement plat... ce qui n'a pas manqué de
nous surprendre...)
• Interviews du Réalisateur et des Comédiens,
plutôt finement menée
• Une galerie de photos
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