

Otage (2005)
Avec:
Bruce Willis, Kevin Pollak, Jimmy Bennett, Michelle
Horn, Ben Foster, Jonathan Tucker, Marshall Allman, Serena
Scott Thomas, Rumer Willis, Kim Coates, ...
Parce qu'il a été incapable
d'empêcher le meurtre d'une jeune femme et de son
enfant, Jeff Talley, ex-policier de Los Angeles spécialiste
des négociations en cas d'enlèvement, a
tout quitté pour devenir chef du bureau de police
d'une ville reculée.
Il ne pouvait pas prévoir
que trois petits malfrats allaient débarquer et
que pour échapper à la police après
un braquage raté, ils allaient prendre en otage
la famille d'un expert comptable bien moins banal qu'il
n'y paraît...
Conscients des enjeux, les mystérieux
commanditaires de ce comptable de plus en plus louches
kidnappent la femme et la fille de Talley pour le contraindre
à réendosser le rôle qu'il ne voulait
surtout plus jamais jouer. Face au cauchemar qui recommence,
il n'a pas le droit à l'erreur.
Bien plus subtil qu'il n'y paraît,
le film de Florent Siri surprend et emporte l'adhésion.
Son contexte de production singulier (un cinéaste
Français tourne à Hollywood sous les mains
de Bruce Willis et de Miramax) n'y est pas étranger
et semble même recentrer le cinéaste sur
ses propres intentions de cinéma. Cet 'effet de
loupe' met particulièrment à nu ses propositions
d'écriture filmiques et rend évidente sa
mise en scène. La base scénaristique, si
elle ne brille pas par son originalité ou sa performance,
n'est ici qu'un alibi, ce que l'on aura aisément
compris. L'essentiel se situe dans l'action, la mise en
scène et la concertation générale
qui a présidé la réalisation du film.
Tendu, surprenant parfois, hyperbolique (inutilement?)
et porté vers l'avant, Otage se donne
les moyens de son ambition tout en générant
une forme d'auto-justification presque évidente
qui, au terme du récit, fonde la singularité
d'un film mainstream réussi et intègre,
héritage du cinéma Américain des
années 60-80 et des influences d'un certain cinéma
Français d'action néo-moderniste dont Siri
est, sans conteste, l'instigateur. Un peu comme une mini
vague sur un torrent...
L'oeuvre demeure plaisante et efficace,
mais beaucoup regretteront son appui sur des recettes
et des ficelles dont la basicité pourrait surprendre
ou exaspérer.
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L'image
En dépit de la "réadaptation"
en 1.85 dont il a été victime (2.35 Scope
à la base... mais le tournage a été
réalisé en Super 35, donc ce recadrage n'est
pas une tragédie patentée), Hostage respire
toujours autant et offre sur ce zone 3 une qualité
d'image parois renversante. Epaulée par une définition
très nette, naturelle et jamais suraccentuée,
l'image possède une gamme colorimétrique très
large reproduite avec un bel entrain et une saturation appréciable
(jaunes, oranges, ocres...). Les scènes nocturnes
ou bien situées en basse lumière, l'essentiel
de la seconde partie du film, sont reproduites dans des
conditions idéales pour peu que votre diffuseur ait
été optimisé et réglé
aux petits oignons. Le niveau des noirs et l'échelle
des gris impressionne par leur densité: les noirs
sont presque plus noirs que noirs et offrent une visibilité
et une profondeur sincèrement fort appréciables,
loin de tout défaut (Edge Enhancement, Mosquito noise...
ici, rien). Fluidité et profondeur sont rarement
mis en échec, voire jamais dans ce pressage, où
seuls quelques plans larges semblent quelque peu erreintés
et ne parviennent pas à compenser un léger
soucis, sporadique, de définition. Une image dynamique,
où tous les plans sont exposés et définis
avec tact, et où les quelques gros plans ne manqueront
pas d'impressionner. Fort convaincant au final, en dépit
du recadrage/réadaptation qui brise tout de même
la vision originelle du cinéaste. On aurait pu s'attendre
à une image "terreuse" ou "laiteuse",
il n'en est rien. Un DVD hautement recommandable.

Le son
La vision du film en salles durant l'été
2005 avait été une révélation:
la bande-son de Otage possédait une dynamique
furieuse et diabolique, des effets cinglants et une réponse
en fréquence délicieuse que le format DTS,
au cinéma, excellait à retranscrire avec
un supplément d'âme. Ce DVD Asiatique, sans
réinterpréter la bande-son ou l'adapter
pour un environnement sonore domestique, propose néanmoins
une expérience en retrait, moins lumineuse et moins
présente que la version DTS Française entendue
en salle. S'agit-il de la VO, moins emballante que la
VF (pour une fois?). Une erreur d'appréciation?
Qui sait... Toujours est-il que sur cette édition
zone 3, la seule à ce jour à proposer le
film en DTS, la dynamique est au rendez-vous, la dimension
multicanale bien palpable (largeur expansive, et expressive
du mixage), les écarts bien réels, mais
il subsiste au cœur du processus créatif de
la bande-son du film un sentiment de douceur et de platitude
par moment... Les coups de feu se montrent la plupart
du temps d'une étonnante modestie expressive et
ne représentent certainement pas ce que l'on a
pu entendre de mieux depuis quelques temps, et sont à
des années lumières de ceux de Assaut sur
le central 13. Bon point en revanche sur les dialogues,
toujours clairs et projetés sur le devant de la
scène sans compression ni affaiblissement dynamique.
La réponse en fréquence de cette bande-son
ne déçoit pas mais ne s'extériorise
jamais vraiment et demeure finalement assez plate. Les
séquences de nœud scénaristique (maison,
enclenchement du système d'alarme) déclenchent
un torrent (modeste tout de même) d'activité
multicanale. Lors de ces instants, il est possible de
contempler la rondeur et la fluidité qui préside
à l'emploi de chaque canal, jusque dans les trois
arrières, et que le format DTS accentue encore
un peu plus. De même, ces moments assez courts mettent
à nu les vertus environnementales de la spatialisation
choisie pour ce film: franche et déliée,
fluide et diffuse, mais qui suggère un trait acoustique
marqué mais jamais sur-accentué. Rythmée
par le passage d'hélicoptères, le film dispose
d'une scène arrière tantôt portée
sur les panoramas sonores, tantôt sur l'ouverture
scénique, tantôt sur la représentation
holographique des sons et de l'environnement (séquence
d'introduction). Les brisques accélérations
ne sont pas légion, mais elles emploient les mêmes
principes dynamiques et acoustiques en déployant
une somme assez importante de détails aux points
cardinaux de la scène sonore. Les basses, expressives
et presque réellement physiques, remontent trois
fois mieux grâce au format DTS, qui parvient en
outre à mobiliser les forces vives de la bande-son
de Hostage avec une éloquence plus poussée:
ouverture des canaux arrières, rendement du bas
du spectre, dynamique globale un tantinet plus poussée,
clarification de l'espace acoustique actif etc... Durant
les scènes d'action, l'espace se remplit à
défaut de se construire et oscille entre le réaliste,
l'acoustique pur, et l'artificiel (flammes et jets d'objets)
mais sans réelle esbroufe ou propension à
enjoliver type Assaut sur le central 13. Jamais tout à
fait furieux, le mixage du film repose sur une base finalement
assez réaliste et apprêtée, qui se
libère lors du (pré)-final incendiaire et
apocalyptique en jouant sur une spatialisation plus poussée,
sans pour autant être plus sophistiquée...
Enfin, le format DTS restitue avec une acuité et
une présence légèrement plus avancée
le potentiel d'agressivité du film, en le place
davantage dans l'optique acoustique de ce que l'on attend
d'un film typé "action". En renforçant
le bas du spectre de manière notable et en en ouvrant/déliant
l'espace scénique arrière avec légèrement
plus de méthode, d'esprit et de matière,
il représente la solution, discrète toutefois,
de choix pour le visionnage du film. Des vertus peu mise
à l'honneur, mais des petits achèvements
qui lissent de suite les (légères) scories
du format Dolby Digital qui de toute façon ne décevra
pas lui non plus. Conjugué sur un mode assez mineur
sans pour autant faire preuve de simplicité, la
bande-son de Otage dispense l'énergie nécessaire
(ampleur, dynamique) et attendue, tout en négligeant
quelque peu une part de son potentiel...
L'interactivité
Une featurette imbécile de 12.50
minutes (Taking Hostage Behind the Scenes), et
une poignée de scènes coupées ou étendues,
présentées en 4/3 et en DD 2.0 proche du mono.
Une bande-annonce, recadrée, en 4/3 et DD 20... En
attedant une future et hypothétique édition
collector (en zone 2 par exemple) ?
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