Avec: Jonathan Rhys-Meyers, Michelle Yeoh, Chow Yun-Fat
Les Orphelins de Huang Shi nous entraîne dans la Chine des années 30 alors ravagée par la guerre, et raconte l'incroyable aventure d'un jeune journaliste anglais, d'une infirmière américaine et du chef d'un groupe de partisans chinois qui vont unir leurs efforts pour sauver 60 orphelins. Ensemble, ils vont parcourir plus d'un millier de kilomètres à travers les contrées les plus hostiles, des sommets enneigés aux déserts impitoyables, pour atteindre un village où les enfants pourront enfin vivre en sécurité.
Surmontant tous les obstacles, leur épopée va les conduire à découvrir le sens absolu du sacrifice, de la responsabilité et du courage.
CRITIQUE
Une oeuvre-fable délicate dans un style mélo-rétro pur jus et du plus bel effet. Sensible et à l'écoute, le cinéaste a su dresser des portarits justes et nuancés, et inscrire son oeuvre dans un courant romanesque sur fond de guerre. Le récit y est est fluide et l'interprétation touchante et sincère. Raisonnablement bien reçu par la presse lors de sa sortie en salles en juin 2008, ce film de second plan mérite que l'on s'y attache, grâce à son impressionnante galerie de réussites diverses.
L'image offerte ici possède un grand nombre d'éléments négatifs... A commencer par la définition globale, toujours trop juste, même pour un pressage HD, et qui empêche, par exemple, de lire les crédits du générique de fin. De quoi en avoir mal à la tête... Les tons semi-sépia sont préservés, mais manquent d'éclat et de contrastes tranchés dans un ensemble certes lumineux mais jamais capable de définir un statut de lumière. Du coup, la mise à l'échelle de l'image (upscale) se voit compliquée. Les couleurs primaires sont toutes absentes au profit d'un effet monochromatique certes parti intégrante de l'univers du film, mais qui affiche une image molle et délavée que le pressage ne parvient jamais vraiment à négocier. Au final, il subsiste une copie imparfaite et un report qui ne donnera jamais satisfaction, très médiocre et décevant, sans dynamique vidéo ni patine particulière. Une image NTSC très imprécise et délavée, pour un encodage MPEG II très en deça des standards admis aujourd'hui.
Le son
Le film propose un mixage très aéré et aérien, qui propose une expérience artistique plutôt éloignée de la reproduction acoustique comme on en trouve de nos jours à Hollywood. Dans son grand ensemble, cette bande-son mérite que l’on s’y intéresse de très près : elle repose avant tout sur une excellente réponse en fréquence, avec une partie supérieure du spectre audible et effilée, luisante et fine, répartie sur l’ensemble des canaux. Le registre grave propose quant à lui de très sérieuses accélérations lors des scènes de guerre, et explore le sous grave et les infra-graves avec une déconcertante facilité en quelques occasions justifiées. Il couvre une bande de fréquence large et dense, nuancée et fidèle sur le plan musical. En ce sens, la scène sonore frontale dispose d’une superbe intégration des différentes ambiances exploitées en une stéréophonie ultra détaillée, dès les premiers instants. Expansive, adroite et là aussi fidèle sur le plan harmonique, elle dispose d’une solide accroche et d’une dynamique à toute épreuve. Mobile et aussi aérienne, la scène frontale propose des sonorités équilibrée au mixage triphonique complet et régulièrement mobile. Cette clarté qui couvre l’ensemble de la bande-son se rapproche même d’un effet de transparence particulièrement agréable à l’oreille lorsque la partition musicale entre en scène. Cette dernière propose un superbe élément multicanaux, et se voit présentée avec netteté et fidélité, ampleur et dynamique sur l’ensemble de la scène sonore. Robuste et équilibrée, elle dispose d’une excellente prise en main par le mixage artistique, qui préserve sur un même plan musicalité et intégration des éléments sonores et autres bruitages avec le même soucis de clarté, la même signature acoustique, élément rare pour être doublement souligné. En d’autres termes, les musicalités se complètent chacune sur le terrain, et s’additionnent pour livrer un ensemble harmonique et remarquablement détaillé. Les différentes sonorités se montrent pleines et entières, réalistes et, à nouveau, archi-détaillées pour la plupart.
La clarté et le niveau de détail se voit également impeccablement transmis à la scène arrière, exploitée sur la quasi-intégralité du film, et aux jonctions avec l'arc frontal toujours naturelles et fluides. Elle délivre des sonorités environnementales avec une superbe lisibilité acoustique et un très haut pouvoir de recouvrement, à l’image d’un Dolby Surround optimisé. Elle propose aussi de nombreuses aspérités et autres effets chocs lors des combats, qui emploient la stéréophonie arrière à bon escient. L’aération de l’ensemble flatte continuellement l’oreille, et la scène sonore du film bâtit un ensemble acoustique poussé et détaillé, réaliste et dense, un tissu sonore très mobile et à l’humeur changeante au gré de la dramaturgie. Sans être envahissants ou superfétatoires, les effets arrière ne se limitent pas à un simple remplissement de l’espace sonore. Ils exploitent le tissu harmonique de la bande-son et maximisent son impact. Les six canaux jouissent par là même d’une superbe prestation dynamique, jamais excessive, mais toujours équilibrée et stable. La dynamique dont est par moments capable la bande-son possède également de quoi surprendre : les multiples attaques du camp Japonais sont représentées dans l’univers sonore du film par une activité multicanaux soutenue et parfois dithyrambique. Effets fusent et se dispersent aux quatre coins de la scène sonore, tandis que l’ampleur affichée se montre de plus en plus conséquente, notamment lors des explosions ou les coups de feu, que le codec DTS maintient à un superbe niveau de prestation. Clairs et détaillés, répartis avec soin sur les 5.1 canaux disponibles, ils possèdent de l’impact physique et du poids acoustique. La voie centrale délivre une très belle intelligibilité acoustique sur les dialogues, qui s’intègrent ‘harmoniquement’ avec une grande facilité aux caractéristiques fréquentielles des autres canaux.
Véritable petit miracle d’intelligibilité et de clarté, cette bande-son surprendra par son design épuré mais réel, mais également par sa finesse et ses caractéristiques de définition de l’espace sonore. Expansive et nuancée, elle parvient à articuler effets et musique dans un même mouvement, non sans grâce. La sécheresse des scènes de guerre donne un ton plus guerrier à l’ensemble, où dominent dynamique et vivacité. D’excellentes facultés d’attaque et des transitoires bien gérées témoignent ainsi d’un soin tout particulier qui a présidé à la création de ce mixage délicat et d’une finesse insoupçonnée.
Peu de différences éloquentes avec le codec Dolby Digital toutefois, mais la piste DTS conserve une dynamique et une prestance immanquables, qui procurent à l’espace sonore du film une robustesse et un apprêt qui lui collent à la peau.
L'interactivité
Menus sonorisés en Dolby Digital 2.0, mais aucune trace d'interactivité...