

INFERNAL AFFAIRS
II, THE LEGEND
(2002, Hong Kong)
Avec: Anthony Wong Chau-Sang, Eric Tsang Chi-Wai, Francis
Ng Chun-Yu, Carina Lau Ka-Ling...
"Ming est une taupe dans la police de Hong Kong,
Yan est une Taupe dans la Triade. Le rôle que chacun
va jouer va alors être le début d'une course
poursuite à la dénonciation."
Ce second opus, baptisé "La Légende",
revient sur le passé des personnages. Retour, donc,
en 1991. Le film se veut une préquelle qui
éclaire d'un jour nouveau le premier volet, très
réussi et multi récompensé de la
trilogie. Nous apprenons ce qui a poussé le chef
Wong à se liguer contre Sam et à briser
leur très étroite collaboration (surprenante
première scène, tout en dialogues, très
longue), de la même façon que nous revenons
sur les débuts dans la police des protagonistes
du premier film, les 'taupes' Ming et Yan.
Une excellente oeuvre de cinéma,
loin du toc de la plupart des productions asiatiques contemporaines.
Une mise ne scène réelle, dense, calculée
et d'une très jute efficacité, qui saisait
une floppée de personnages dans leurs attitudes
et leurs ambiguités. La dimension morale est belle
et bien présente, et n'empiète pour autant
pas sur le reste. Peu de scènes d'action (ce n'est
absolument pas le propos) pour ce film qui sonde la profondeur
de l'âme humaine avec une habille maîtrise
et une justesse de ton renforcée en permanence
par un jeu d'acteur d'une étonnante subtilité.
L'oeuvre est chargée, et visitée de l'intérieur
par deux cinéastes qui ne cessent d'étonner
par leur maturité stylistique et leur sens de la
cohérence. Fort, beau et inspirée, voilà
une bien belle surprise qui ne manquera pas d'évoquer
le Heat de Michael Mann. Une grande saga du crime
à Hong Kong aux personnages taraudés et
travaillés avec soin.
Cette préquelle est véritablement
conçue comme un opéra, dont elle aspire
la logique et la forme pour encore mieux cerner le trouble
et la torpeur morales qui dépassent les personnages.
Des protagonistes connus dans le premier volet sont découvert
sous un tout autre jour à mesure que les perspectives
se forcent, s'agrandissent sous le poids du crime, de
la tentation. Les nouveaux personnages comme le boss Hau
(exceptionnelle interprétation de Francis Ng) et
le flic Luk subissent également une destinée
tragique. Une lutte du bien contre le mal aucunement schématique
ou par trop empesée. L'intérprétation
des jeunes acteurs est inspirée, l'intrigue, plus
longue cette fois-ci, passionante (en dépit d'une
volontaire complexité qui a de quoi rebuter durant
la première demi-heure) s'articule autour de trois
mouvements et s'exerce d'une manière que Coppola
n'aurait pas reniée, notamment lors de cette scène
placée au coeur du film: un règlement de
compte violent et sadique qui rend un court hommage au
Parrain. Triste, élégiaque, fascinant,
romantique aussi, Infernal Affairs II, The Legend
est en soi une petite perle rare que l'on ne peut que
recommander.
A noter que Infernal Affairs est
une trilogie: ce second opus remonte à la jeunesse
des protagonistes du premier volet, tandis que le troisième
(sorti cette semaine (mi-février 2004) en vidéo
est constitué de flash-backs... et de surprises...
. Tous sont disponibles dans d'excellentes éditions
en VO DTS 5.1.
Le site
officiel »
Retour
à la liste des tests »
|
|
L'image
Un délicieux transfert anamorphique
dont les caractéristiques reprennent celles du premier
volet de la trilogie: belle tenue des couleurs et des contrastes,
tonalités froides. Le format Scope est idéal:
les perspectives sont mise en lumière avec maestria
tandis que les cadrages accentuent en permanence le trouble
moral qui irrigue le film. Définition impeccable,
jusque dans les nombreuses scènes de nuits plus nombreuses
dans cet épisode. Rien à redire sur la compression.
Les amateurs apprécieront la photographie de Andrew
Lau et Ng Man Ching, de même qu'ils reconnaîtront
la "patte" de Christopher Doyle, l'un des plus
grands chef opérateurs actuellement en service dans
le monde, qui a été, comme sur tous les épisodes
de la saga, le consultant visuel. Au final, l'image de Infernal
Affairs II ne déçoit aucunement. Elle
se voit juste un peu écourtée (sans doute)
par le codage NTSC. Le film propose une formidable expérience
visuelle. De l'authentique cinéma pour un film qui
accompagne et que l'on n'oublie pas.
Le son
Kinson Tsang a designé une bande-son
toute en nuances encore plus fonnctionelle nous semble
t-il que celle du premier volet. Elle est ici présentée
en DTS 5.1 mi-débit, mais les résultats
d'écoute sont très largement en faveur du
codage DTS: la largeur de l'évocation et la profondeur
acoustique qui s'en dégagent sont immanquables.
Le format DTS réhausse le rapport signal sur bruit
et éclaircit le mixage, à la manière
d'un tissu dense que l'on retirerait lorsque l'on écoute
en DTS. Un travail de mise en scène sonore très
réaliste et très ouvert, qui donne un souffle
tragique définitivement palpable à la formidable
musique de Chan Kwong Wing, très opératique,
faite de chœurs et d'envolées lyriques somptueuses.
A l'image des personnages et de l'intrigue, la bande-son
évolue: musiques sombres accompagnées de
guitares vraiment bien enregistrées, explosions,
meurtres sauvages etc ... Les dialogues sont fort bien
enregistrés, clairs et sans résonance artificielle.
Expansif est le terme le plus caractéristique venant
à l'esprit pour évoquer ce travail sonore
très dynamique et très précis où
chaque bruitage revêt un 'manteau acoustique' d'une
belle précision chirurgicale. La dynamique s'emballe
littéralement, et en musique, sur tous les canaux
lors de la scène centrale du film: un règlement
de compte très Coppola où les éléments
se déchaînent dans une furie sonore marquante
car loin des sonorités typées des productions
Américaines voire Françaises. Des basses
très tendues donc très présentes
et un sous-grave plutôt conséquent s'expriment
dans la partition, avec un rapport signal sur bruit et
une diaphonie encore supérieure au premier film.
Transparent et délié, furieux et agité,
calme et serein, ouvert et expressif, le mixage du film
est en soi une vraie surprise orchestrée avec un
soin et une forme d'exigence que nous n'avons pas manqué
d'apprécier à leur juste valeur. Les effets
sonores surprennent à plusieurs reprises et habillent
la scène sonore avec agilité, grâce
et corpulence, agitant au passage la plupart des canaux.
A ce titre, la fluidité de la réponse en
fréquence et des déplacements de masses
sonores s'exécutent avec davantage de clarté
et de pertinence lorsque l'on écoute en DTS. Le
résultat est un son moins lourd, moins flasque,
plus charnu, plus habité de l'intérieur,
moins schématique dans sa réponse en fréquence
et vraiment plus convaincant. La clarté s'affine
au même titre que le plaisir du spectateur. Un habile
'filé' harmonique (quasi inaudible en Dolby Digital)
s'empare alors de la musique et des effets sonores, à
tel point que tout devient clair, net et précis:
la piste DTS pourtant mi-débit est très
au-dessus de la piste DD 5.1 sur tous les registres d'évocation.
Interactivité
Sur le disque 2, documentaires divers,
bande-annonce (en 2.0 cette fois-ci), fiches, biographies
etc... Commentaire audio des réalisateurs (non
sous-titré, donc...) et fin alternative. 4 cartes
collector sont incluses dans le boîtier.
|

|