Peu de défauts à signaler
si ce n'est d'importants soucis compressifs lors de certains
travellings sur les forêts, où la fluidité
perd en texture et laisse apparaître des blocs de
pixels du pire effet... Ces quelques bévues mise
à part, l'image offerte ici demeure équilibrée
principalement sur sa colorimétrie, naturelle et
jamais sursaturée, et sur sa définition qui
demeure toujours de bon aloi et ce même si elle aurait
méritée de se voir davantage poussée
et stimulée. Les contrastes demeurent suffisament
vifs et acérés (scènes de nuit et nuit
Américaine, obscurité) et révèlent
parfois les choix de pellicule. Les lumières de Mathieu
Amathieu (AFC), très étudiées, passent
le cap du transcodage vidéo, et les arrières-plans,
outre certaines difficultées mentionées plus
haut, sont préservés et définis. Il
en résulte une image finalement intègre et
respectueuse des choix du cinéaste, mais relativement
inégale.
Le son
Alors que l'on attendait une sophistication
légère mais réelle qui redonnerait
aux dialogues une énergie dramatique supplémentaire,
ce sera un paysage sonore d'une belle platitude que nous
trouverons... En effet, le film ne brille aucunement du
côté de sa bande-son, et ne s'insère
pas même dans les principes de méthode du cinéma
de la captation, que le cinéaste utilisait déjà
lors de ses précédents longs et courts métrages.
En dépit de son apparente simplicité, la bande-son
de l'Avion demeure comme industrialisée, fabriquée,
et vient rompre le naturel, la spontanéité.
Entièrement recentrées sur la façade
avant de l'auditorium, les masses sonores ne se déploient
jamais, et outre la musique de Gabriel Yared (par ailleurs
enregistrée de manière platonique et anti-énergique)
qui tente de ci de là une escapade filandreuse mais
de très courte durée sur les voies parallèles,
rien ne sera délivré, diffusé ou ne
rayonnera sur les enceintes arrière. Ainsi, la mise
en scène sonore accuse un manque flagrant de matière,
de texture, et de rigueur. Le mixage ne tire sa raison d'être
que de sa présence, purement illustrative. Les dialogues,
clé de voûte du système dramatique par
ailleurs très linéaire du film, ne bénéficient
même pas d'un éclat, d'une brillance ou d'un
tonus articulatoire particulier. La prise de son, minimaliste,
ne les met nullement en lumière sonore, chaque personnage
ayant le même timbre de voix, des enfants jusqu'aux
adultes. Timorée, édulcorée et minimalisée,
la bande-son, pourtant composée par Pierre Gamet,
Francis Wargnier et Jean-Paul Hurier ne prendra, elle, jamais
son envol, et ne s'abandonnera jamais à une forme
de lyrisme acoustique qui aurait accompagné l'émotion
du film sur le mode sonore.
D'un point de vue davantage technique,
la déception est là aussi de mise: en effet,
le format DTS, présenté en mi-débit
(754.75 Kbps), ne prend jamais l'avantage. En raison d'une
bande-son souffrant d'une réponse en fréquence
assez plate et qui manque clairement de franchise acoustique,
la piste DTS ne peut suivre la cadence sonore et développer
la texture du son. Ainsi, les trois pistes sons proposées
offrent un rendu et une spatialisation identiques point
pour point. Le format Dolby Digital, qui a été
encodé 4 dB plus bas que la piste DTS, ne sombre
pas même dans les affres de sa compression, et présente
le même lissé acoustique, la même envergure.
La piste DTS semblerait presque aplatie et non optimisée,
et nous n'avons noté aucune différence tonale
ou dynamique sur le rendu acoustique de la partition de
Gabriel Yared, certes ouatée et délicate dans
ses prestations sonores, mais délibérément
fermée, restreinte. Le mixage de la musique a eu
lieu aux prestigieux studios Abbey Road, à Londres.
La version Dolby Surround 2.0 ne démérite
donc pas, ou très, très rarement, du haut
de ses 192 Kbps... Au final, la sophistication et la clarté
bienveillante qui habille les bandes-sons des productions
Françaises ne sera pas de mise sur ce titre. En optant
pour une disposition scénique et une ouverture acoustique
minimalistes, et en se refusant à l'intensité
sonore, la bande-son du film génère, et nous
sommes les premiers à le regretter, sa propre perte
de repère, enfantant par là même, dès
le début, le sentiment de déception tenace
qui nous accompagne jusqu'au générique de
fin.
L'interactivité
Essais Enfants (10:26 minutes,
images brutes de décoffrage)
Le tournage (making-of finement
conçu d'une durée de 29:04 minutes, présenté
en 4/3). De superbes images de tournage, des interviews
en retrait pour un segment qui n'usurpe pas sa nature de
documentaire de tournage.
Bande-annonce (16/9, Dolby Digital
2.0...)
Surprise (42 secondes) ...
L'histoire du petit veau (23 minutes)
Galerie Photos: 1:17 minutes de
photos de tournage formdiables présentées
en fondu enchaîné, et sur la musique de Yared,
en Dolby Digital 5.1 (384 Kbps).
Commentaire audio du cinéaste
et du jeune acteur