Master et encodage aux petits oignons,
pour délivrer une image dense, piquée, et
extrêmement saturée. Aucun défaut à
signaler, une fluidité irréprochable. Même
constat pour la lisibilité des plans, du premier
jusqu'au dernier. Les images d'un Miami estival sont restituées
avec une force visuelle incendiaire, aidée par le
format CinémaScope. Léchées, détaillées
et définies au possible, les images du film bénéficient
ici d'un rendu proche de la perfection. Le moindre reflet
ou élément liquide ne se voit jamais dénaturé
ou écorché par le format MPEG II et rutile
de mille feux. A signaler: un étalonnage qui a été
visiblement forcé, de manière parfois outrancière,
mais ce fut déjà le cas au cinéma cet
été. Une édition DVD 'fracassante'
(le terme est pourtant peu élégant mais il
s'avère idoine) en terme de prestance visuelle.
Didier Lozahic, responsable du mixage
du premier opus, a ici cédé sa place à
Cyril Holtz et François Joseph Hors. Si les idiosyncrasies
de mixage se montrent tout de même en retrait, le
résultat dépasse parfois l’entendement,
principalement sur les basses fréquences, qui envahissent
la scène sonore dans la quasi-entièreté
du métrage, l’englobant au passage dans un
amas magmatique de sons en fusion. En dépit d’un
emploi très réduit de la scène arrière
(peu ou pas d’effets à proprement parler…),
la bande-son s’impose sur le plan de la violence
sonore ainsi que sur celui de la dynamique, souvent proche
de l’indécence caractérisée.
Les dialogues, dans toutes les versions demeurent clairs
nets et précis, et l’axe frontal peut se
concevoir comme le centre émissif de cette bande-son
explosive et ‘scotchante’. La musique et les
divers passages musicaux se montrent ouvertement agressifs
(générique) et incitent, parfois, à
faire grimper les décibels. Le couplage image/son
se montre, dans les scènes les plus dynamiques,
d’une vigueur furibonde et d’une efficacité
hors pair. Les instants de création plus complexe
ne sont étrangement pas légion, mais en
de rares occasions (mention spéciale aux combats
physiques, imparables), la scène sonore s’ouvre
de manière toutefois ténue et appuie encore
plus l’accélérateur de dynamique,
dissipant au passage une présence fine et détaillée
sur les canaux ambiophoniques. Avec sa dynamique à
l’emporte-pièce et sa réponse en fréquence
très réussie (basses surpuissantes et parfois
même créatives d’un point de vue fréquentiel),
la bande-son emporte finalement l’adhésion,
mais sur des critères légèrement
différents de ce qui était logiquement attendu.
Une efficacité frontale avant tout, certes ouverte
sur l’arrière, mais qui semble se concentrer
sur des rapports de dynamiques et une gestion du volume
censée en mettre plein les oreilles. La largeur
expressive de la stéréo avant n’est
pas en reste (les combats, formidables), et le mixage
respire et demeure aéré, même dans
les scènes aériennes du final qui rappellent
étrangement les dispositions sonores d’une
scène comparable dans X-Men 2… Aucune piste
son ne domine toutefois ses rivales, et le format DTS,
comme sur l’essentiel des titres de l’éditeur,
ne joue qu’un rôle de doublon dans la mesure
où ses perfectionnements et autres améliorations
ne s’affichent guère. En réalité,
et nous connaissons bien les habitudes de l’éditeur,
les bandes-son ont été volontairement étalonnées
afin de se ressembler au maximum. Elles ont subi un traitement
particulier de gestion de la dynamique, au point que (habituel
encore, nous confirmons) l’écoute de la piste
Dolby Digital 5.1 en Downmix Stéréo Dolby
Surround (via les sorties analogiques de votre lecteur
DVD) donne des résultats quasi identiques en tous
points aux pourtant dévastatrices pistes multicanaux
5.1… Le format DTS, réservé à
la VO, parvient toutefois à très légèrement
accélérer la perception des sons et à
fournir une once de substance supplémentaire, principalement
localisée dans le grave et le sous-grave. Le reste
demeure identique (fréquence, pression sonore,
gestion des masses sonores, fluidité...). Les multiples
détails scéniques (bruitages d’objets)
des combats physiques se voient reproduits avec une spatialisation
identique d’une piste son à l’autre,
et la VF ne souffre d’aucune tare réelle.
A l’écoute de cette bande-son, ce sera le
multiplexage (distribution des sons éphémères)
qui marquera l’oreille, mais pas nécessairement
la directivité des sons, à laquelle nous
posons une sérieuse réserve.
Interactivité
Très limitée, elle ne propose
que le making-of promotionnel (23 minutes, 16/9
et VO sous-titrée Français, Dolby Digital
2.0) aux rares images en tournage déjà présent
sur l'édition THX Ultimate du premier opus, puis
un second segment consacré au mixage et à
la conception de la bande originale du film (23
minutes aussi, mais 4/3, Dolby Digital 2.0), finalement
original et ne manquant pas d'intérêt. On
y découvre notamment les plafonds modulables du
studio Digital Factory, et l'on y suit les pérégrinations
des divers ingénieurs du son de l'enregistrement
au mixage. Un segment à la gloire de la beauté
architecturale du studio, notamment de son audi de mixage
final, littéralement impressionnant.
Pour finir, un clip vidéo
(4/3 et Dolby Digital 2.0) de Anngun: "Cesse la Pluie",
ainsi que la bande-annonce (VF, 4/3 et Dolby
Digital 2.0).