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Le
Son
Nous
ne nous attarderons pas plus que de raison sur le rendu sonore
de cet album, véritable compilation de sonorités
dance, jazz, techno, puisqu'il constitue une déception
de taille, à laquelle l'éditeur ne nous avait
pourtant pas habitué.... Pour un album mettant en scène
des paysages sonores évolués, impossible de
dire que le mixage manque sa cible: la musique de LTJ Bukem
est dispersée dans l'espace avec tact et ampleur, sans
jamais friser l'irrévérence toutefois. La scène
sonore, dans son intégralité, respire et s'ouvre
de manière gracieuse et dynamique. les voies surround
reçoivent des messages acoustiques eux aussi convaincants,
dessinant par la même un paysage sonique "dur"
et construit avec subtilité. Spacialisation et répartition
des masses sonores sont accordées avec soin, et se
veulent conformes à ce que l'on peut logiquement attendre
d'un album mettant en vedette des ambiances avant tout, puis
des sonorités. Celles-ci se frayent un chemin dans
le tout acoustique proposé, et exercent leur "part
artistique" avec une belle intégrité, s'étalant
autour de l'auditeur et révélent indéniablement
la subtilité qui a vraissemblablement présidé
à l'élaboration multicanale de cet album.
Dans
la partie bonus de ce DVD-Vidéo (curieux que DTS Entertainment
n'aie pas offert un DVD-Audio, comme à l'accoutumé),
les plus curieux se régaleront devant un bonus inédit,
le mix breakdown: si le contenu a déjà
été utilisé sur d'autres DVD-Audio où
l'on pouvait isoler les instruments, sa présentation
sur ce DVD-Vidéo demeure inédite. Sur l'écran,
des indications défilent sur la localisation des instruments
au coeur de l'espace sonore 6.1 représenté par
six hauts-parleurs. A ce titre, il est possible de découvrir
quelle logique formelle a été employée
lors de la construction multicanale de l'album. Certains instruments
sont placées à mi-chemin entre deux enceintes,
et la bande-son vous fait effectivement entendre ce positionnement.
Ce bonus, intéressant, nous donne à voir ce
que nous entendons et force est de constater que l'ensemble
a bénéficié d'un soin tout particulier.
Si
la notion de son multicanal, dans ce type d'album, relève
plus de la construction d'un édifice plutôt que
de celle d'une élaboration, en raison de la multitude
des sons à placer et des iunfluences diverses, en revanche,
son exécution sur des données sonores réelles
laisse plus qu'à désirer. Explications: nous
ne mettons nullement en cause le mixage en lui-même,
mais plutôt la réponse en fréquence, le
subtil étalement de la matière sonore sur tout
le spectre. C'est bien simple: lorsque l'on compare la piste
DTS ES 6.1 Discrete à la piste PCM Stéréo,
cette dernière se révèle être,
et de loin, la plus performante dans son rendu de la texture
du son. La piste DTS, aussi ouverte et rigoureuse soit-elle,
étiolle le son, fait disparaître 80% des informations
de basses fréquences qui sont le ferment de la piste
PCM Stéréo. En Stéréo, le son
se construit autour d'un bloc de basses fréquences,
qui oeuvre comme une substance à partir de laquelle
se construit l'intégrité du mixage et la musique.
En DTS 6.1, le son
manque cruellement de sa texture et de sa force qui fondent
la puissance de la piste PCM Stéréo. Les basses
fréquences ont subi un lifting destructeur qui leur
retire leur pouvoir de recouvrement au profit de la mise en
espace des autres composants sonores, clairement audibles
et différenciables dans l'espace 6.1. L'équilibre
sonore est certes présent en 6.1, mais il lui manque
de la matière, de la source. Impossible donc de saisir
la qualité de cette piste DTS, ni même son avantage
technologique. Ceci mis à part, les voies sont équilibrées
dans leur rendu, dessinant des volutes sonores de manière
anarchique dans l'espace 6.1. Elles suivent le tempo avec
brio et diffusent un équilibre spectral convaincant,
en dépit de quelques lourdes réserves que nous
communiquons plus bas dans cet article.
La
réponse en fréquence se révèle
cependant très perfectible, dans la mesure où
aucun son ne brille et que la vérité sonore
ne s'exerce jamais vraiment. Au final, les auditeurs apprécieront
la largeur de la scène sonore et la variété
(qui tourne cependant court) du paysage multicanal tout comme
la performance certaine du mixage. Mais il regrettera vivement
ce caractère asséché, "light"
et peu épais du rendu sonore au travers de la réponse
en fréquence. L'équilibre de la piste Stéréo
PCM fait elle des merveilles: plus dynamique, ouverte et davantage
focalisée sur son pouvoir de recouvrement sonore, elle
est la preuve que son multicanal ne rime pas forcément
avec qualité. Le mixage 6.1 proposé ici ne propose
finalement que peu de matière et voit son expressivité
dynamique dépassée par une piste PCM Stéréo...
Curieux, car l'éditeur a tendance à légèrement
surcharger le registre grave en mode DTS sur ses DVD-Audio...
Enfin, nous porterons au crédit de ce DVD la vigueur
de son mixage multicanal qui, eu égard du reportage
sur son élaboration proposé sur le DVD de démo
DTS #9, a visiblement fait couler beaucoup de sueur. L'intégralité
des enceintes reçoit des signaux pulsatils, mais le
en général, le son dans tous ses aspects semble
éteient, absent, hors de lui-même, et parfois
incapable de retranscrire la substance et la dimension acoustique
que l'on attend de lui... Pour les amateurs de musique ambient,
nous suggérons plutôt les travaux de Diatonis,
comme c'est le cas de cet album que nous avons testé,
Inivisible Order (test accessible ici).
Nos
notes sont forcément subjectives, mais ne vous y trompez
pas: elles affichent une grande part d'objectivité
quant aux données techniques de cet album.
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