

May
Avec: Angela Bettis, Jeremy Sisto, Anna Faris,
James Duval, Nichole Hiltz
 May
travaille dans un cabinet vétérinaire.
C'est une jeune fille timide et complexée
qui a beaucoup du mal à se faire des amis
et dont l'attitude est étrange aux yeux des
autres. Elle partage son appartement avec sa seule
vraie amie, une poupée que lui a donné
sa mère quand elle était petite. Un
jour, elle flirte avec un jeune mécanicien
intrigué par son attitude. Leur relation
ne dure pas longtemps et après d'autres brèves
rencontres sans lendemain, May décide de
se fabriquer elle-même un amant idéal... |
Un film étincellant qui témoigne une fois
de plus de la vitalité du cinéma indépendant
Américian. Salué par la critique et unaniment
reconnu par d'illustres figures du genre comme Wes Craven,
pour qui May est "effrayant, irrésistible
et véritablement unique", le film suscite
l'angoisse, le dégout et la terreur avec un sens
inné de la mise en scène et une désinhibition
avouée pour ce qui est de la gestion de la violence
physique, clinique et psychologique. Une expérience
engageante qui a su resserer une équipe composée
de copains avant tout, et dont le résultat final
finit presque par forcer l'admiration à force de
jubilation et de paris réussis. Le contrat de mise
en scène est pleinement rempli, l'interprétation
à l'unisson, la narration parfois complexe, mais
ce conte horrifique plonge toujours dans le fantastique
et l'effroi avec de belles qualités d'équilibre.
Pour Olivier Lehmann de la revue Cinéastes
"(...) ce conte fétichiste à la lisière
du fantastique s'avère être une plongée
belle et dérangeante dans les tourments de l'esprit
humain. Une première oeuvre parfaitement maîtrisée
et aboutie qui augure du meilleur pour la suite de la
carrière de McKee.". Impossible de ne pas
être d'accord !
Projetté
et exploité dans une seule salle à Paris
(UGC Ciné Cité les Halles), May a
totallisé plus de 15000 entrées.
Le DVD sera disponible le 20 octobre 2004.
Notre
fiche technique DVD
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L'image
Le véritable point fort de cette
édition: les contrastes sont savamment dosés
et les très belles lumières d'un chef opérateur
débutant mais qui a déployé beaucoup
de ressources (dixit le commentaire audio) sont restituées
à la perfection. La définition est très
fine et ciselée, et les cadres élaborés,
témoins de la maîtrise du jeune metteur en
scène, ne sont jamais contredits par des aberrations
numériques résultants en artefact de compression.
On se retrouve donc devant un excellent pressage, fin, racé
et impeccablement nuancé (les différentes
teintes et les motifs des vêtements de May sont gérés
avec une belle finesse), qui sait jouer avec les intérieurs
et les extérieurs avec une belle maestria. La température
de couleur est assez neutre, sans jamais être extrêmement
chaude (un choix du chef opérateur). Aucun reproche
réel, aucun défaut marquant, et un bitrate
très bien géré. Un sans faute ! Le
tournage en Panavision de ce film pourtant complètement
indépendant procure un indéniable cachet aux
cadres et aux compositions (voir les scènes situées
dans la laverie). Le dossier de presse nous indique que
le cinéaste s'est inspiré des lumières
qu'utilisait le peintre Raphaël...
Le son
Le film a bénéficié,
lors de son exploitation cinéma outre Atlantique
d'une piste DTS, la seule piste multicanal disponible.
Encodé ici en Plein Débit, la bande-son
ne surprendra pourtant que très peu, accusant au
passage sa source indépendante et ses conditions
de production relativement faibles. Le mixage se veut
très timorré, mais n'hésite pas à
activer tous les canaux lors des scènes clé
dont ne diront pas un mot, avec des bris de verre répartis
sur l'ensemble des voies plus vrais que nature. Les différences
DD-DTS sont complètement nulles: aucun des deux
formats ne parvient à prendre l'avantage sur cette
VF au doublage par ailleurs assez grotesque. La façade
avant est éteinte, sans dimension stéréophonique
probante ou prégnante. Celle-ci détache
correctement les voix mais oublie bien vite toute ambition
diaphonique ou HiFiste. Loin de nous l'intention d'accuser
le travail artistique, par ailleurs assez fouillé
lors des noeuds du scénario pour une oeuvre de
source indépendante! Nous regretterons simplement
que lors du downmix de la bande-son DD 5.1 (via
les sorties analogiques de votre lecteur DVD) en Stéréo
Dolby Prologic, les différences avec la version
5.1 de la même bande-son sont une fois de plus nulles.
l'avantage tourne même à la 'version' Surround
Prologic sur la musique, le son étant légèrement
plus enveloppant. May est d'ailleurs la seule
bande-son où, une fois downmixée, le signal
"overload", caractéristique d'un son
trop violent pour les composants, s'est illuminé
sur notre amplificateur... Mais nous restons étonnés,
voire choqués de la proximité des versions...
Sur la piste Française, les voix remontent en surface
de manière très nette, supprimant même
certains bruitages sur la voie centrale par rapport à
la VO.
Au demeurant, le film ne repose pas sur
sa seule bande-son pour susciter terreur et effroi. La
paire binaire son/image où, d'ordinaire, l'un est
le corollaire de l'autre, comme deux polarités
essentielles qui s'attireraient, n'est ici visiblement
pas optimisé, l'essentiel du travail artistique
ayant été focalisé sur la centralisation
des dialogues et des bruitages diégétiques,
bien calés au coeur de la scène sonore.
On évoquera la timidité d'une scène
sonore presque anémique, où même les
choix musicaux ne sont pas vraiment des reflets artistiques.
Techniquement, mis à part quelques basses lourdes
à trois occasions ou une ouverture de toutes les
voies, c'est le calme plat. Mais ne dénaturons
pas le film, que nous refusons de réduire à
un objet sonore générateur de sensations
home-cinéma. Il reste cependant de cette bande-son
un sentiment de minimalisme étroit qu'aucun format
d'encodage sonore ne sait réellement mettre en
valeur, pas même la piste DTS, tout plein débit
qu'elle soit. La mise en scène acoustique est faible,
tout comme le rendu sonore, qualifiable de neutre et de
résolumment sobre dans ses perspectives d'évocation.
May dispose d'arguments de poids question mise
en scène et montage, mais ne saurait reposer sur
sa simple bande-son. Faute de mieux, elle dessert le film
et officie avec tact et légereté, à
défaut d'être complètement engageante.
Les acoustiques des lieux y sont reproduites au minimum,
sans impact ni surcroît de véracité,
sans principe de surenchère aucun, et la discrétion
du mixage artistique, relativement en retrait sur le reste
ne manquera pas lui de décevoir quelque peu.
L'interactivité
Un commentaire audio de groupe particulièrement
rigolard (au point de faire saturer le micro!) et finalement
assez technique où l'anecdote prend le pas sur l'ennui,
et où sont révélés des secrets
de tournage tour à tour étonnants et surprenants.
Un excellent bonus qui désamorce le film avec brio,
qui plus est sous-titré en Français. Outre
quelques bandes-annonces en 4/3 et VF DD 2.0, l'édition
DVD se pare d'un superbe livret de 16 pages très
bien conçu.
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