

Monster
Depuis déjà longtemps, Aileen erre sans
but et survit en se prostituant. Lorsqu'un soir, le moral
au plus bas, elle rencontre dans un bar la jeune Selby,
c'est le coup de foudre. Pour protéger leur amour
et leur permettre de subsister, Aileen continue de se
vendre jusqu'à cette nuit où, agressée
par un de ses clients, elle le tue. Ce premier crime marque
le déclenchement d'un terrible engrenage... D'après
une histoie vraie, celle d'Aileen Wuornos, serial
killer exécutée en Floride en 2002,n
après avoir passé 13 ans dans le couloir
de la mort...
Une oeuvre terrorisante de vérité
qui progresse par palier pour révéler une
facette extrêmement noire de l'humanité.
Critique féroce d'une Amérique en perte
de valeur, le film de Patty Jenkins a été
tourné sur les lieux exacts où se sont déroulés
les crimes, d'où cette force documentaire peut-être
excessive qui perce les limites de la fiction pour encore
mieux fouiller et explorer le terrain de la véracité.
L'interprétation de Charlize Theron laisse pantois,
tout simplement: son intensité, associée
à la densité de son jeu sont en soi une
prouesse de très haute technicité et une
preuve d'abnégation telle que l'actrice, récompensée
par l'Oscar de la Meilleure Actrice, finit par acquérir
une sorte d'aura maléfique dont elle se joue avec
un sens sans cesse renouvellé de l'intégrité.
Impressionant. Une oeuvre sans concession qui s'appuie
sur un sens inné du cinéma et qui accorde
une importance fondamentale au travail ainsi qu'à
la progression dramatique de l'actrice.
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L'image
Une section image extrêmement solide
qui impressionne par sa densité. Les contratses sont
bien souvent bluffant, tout comme la définition,
précise et piquée. Les lumières des
différents lieux sont conservées et dénotent
une belle maîtrise de la part de l'éditeur.
La sturation des couleurs est adéquate dans les scènes
où elles se révèlent ostentatoires
(patinages, aux tons rouges et ocres), et le rendu lors
des nombreux gros plans impressionne aussi par le nombre
de détails révélés du maquillage
extraordinaire de Theron. Une image solide sans reproche
aucun, si ce n'est une tendance à la granulation
excessive lors de certaines scènes sombres, en basse
lumière. L'interpositif utilisé est dépourvu
d'artefact de compression, et les tons de chair sont notamment
très fidèles.
Le son
Le logo Todd AO figure au générique
de fin, signe de luxe dans le traitement des composants
audio de la bande-son, des bruitages aux effets en passant
par la musique. Le studio a en effet su imposer sa marque,
sa griffe, sa signature sonore depuis des décennies
dans le cinéma Américain et on ne compte
plus les films, tournés en 70 mm qui ont fait appel
aux services du prestataire. De nos jours, les films bénéficiant
d'un tel traitement se comptent sur les doigts d'une main,
avec notamment Evita. La musique a donc été
enregistrée selon le module "Todd AO Scoring"
et les résultats sont gigantesques pour un film
indépendant: la musique, composée par BT
(dont la bande originale a été testée
par nos
soins à cette adresse), se répartit
avec ampleur sur toutes les voies de l'installation et
révèle une profondeur sonique et acoustique
là où on ne l'attendait pas. Une réserve
tout de même: on regrettera que la qualité
de l'enregistrement que l'on trouve sur la BO du film
se soit pas tout à fait identique sur le DVD-Vidéo...
qui paraît lui beaucoup plus grossier. Cependant,
pour un film dominé par les dialogues (scène
frontale), les résultats d'écoute sont immenses:
effets de circulation de voie à voie, largeur de
la scène sonore, pertinence et signature acoustique
des lieux etc... Ce sera la musique (B.O. ou chansons
employées, toutes deux très convaincantes)
qui motiveront le plus votre installation: répartie
sur toutes les voies, elle conserve une belle assise harmonique
et "stéréorise" l'intégralité
du champ sonore, de l'avant à l'arrière.
La réponse en fréquence sur la piste DTS
est optimale, avec des voix qui ont du grain, du corps
et de la présence, parfaitement audibles en toutes
circonstances, jusque dans les sons directs. La piste
Dolby Digital introduit une légère distrosion,
observable dès le début du film, qui réduit
le pouvoir d'élongation et de recouvrement de votre
voie centrale. La scène avant est utilisée
à bon escient avec une largeur caratéristique
repoduisant avec un grand soin l'intégrité
sonique des lieux visités, ou dramatisant les situations
par un recours aux bruitages d'ambiance très judicieux.
Le travail artistique de Steve Bartkowicz, John Bires
et Peter J. Devlin peut se concevoir comme une approche
documentaire, très travaillée au delà
de ses apparences de ténuité ou d'épure.
Pas (ou peu) d'effet de 'masque' ici: chaque son est intact,
et l'univers sonore du film va fouiller jusque dans les
lieux exacts de la Floride où se sont déroulés
les crimes (le bar Last Resort, les forêts etc...)
afin extirper, sans doute, un principe de surenchère
psychoacoustique, qui va sur-réaliser le pouvoir
d'évocation du film de Jenkins, en recherchant
un 'quelque chose' dans l'air, presque plus réel
que le réel lui-même. Les sons sont clairs
et nets. Equilibrés dans leurs approches, ils sont
dispensés avec un très bon rapport signal
sur bruit et ne génèrent aucune fatigue
auditive, de par leur proximité avec le réel.
Aucun signe de sur-compression ne vient contredire la
donne sonore, au point que le film devient un modèle
de mixage pour certaines productions du même type,
loin des canons Hollywoodiens. La piste DTS présente
un lot parfois impressionant d'améliorations, notamment
sur la musique, qui gagne incroyablement en ampleur là
où la piste Dolby Digital s'effondre sur les voies
avant sans se répartir intelligemment ailleurs.
Le format DTS extériorise les sons de manière
plus libre et cohérente (de manière toutefois
assez légère, mi-débit castrateur
oblige...) et approfondit la scène sonore en creusant
davantage un espace acoustique porteur de sens. Les différences
sur d'autres passages (meurtres, dialogues) sont en revanche
plus ténues, mais l'essentiel du film étant
dominé par un fond musical, c'est le format de
référence qui s'impose de lui-même,
ne serait-ce que pour la clarté et la puissance
de reproduction des dialogues. Un véritable petit
cas d'école ! Les différences entre DTS
et Dolby sont ténues et limitées, mais elles
possèdent le mérite de mettre en avant le
format DTS pour sa plus grande liberté sonore et
son équilibre tonal un tantinet plus convaicant.
Néanmoins, le son présent sur les supplements
de la bande-originale
du film (notamment sur la bande annonce présentée
en DTS Plein Débit) est supérieur.
L'interactivité
Une featurette de 14 min terrorisante
où vous pourrez apercevoir le personnage réel
ayant inspiré le film, et suivre l'équipe
de production se rendant sur les lieux exacts ou interviewant
les personnages qui l'ont cotoyé. L'équipe
va même jusqu'à montrer une plaque où
le monstre Aileen a gravé son nom... Interview
sur le design sonore du film avec le compositeur BT (excellent),
et déconstruction du sound design sur la séquence
de la grande roue, en 5.1 (également présent
sur la BO du film) où il vou sera possible d'isoler
les dialogues et les autres couches composant la bande-son
du film. Trois bande-annonces, mais pas de commentaire
audio...
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