Coup de foudre! Voilà comment résumer
le premier sentiment qi nous est venu à l'esprit
à l'écoute de ce superbe album. Sa tonalité
acoustique fait des merveilles, et il possède un
caractère sonore très studio, complètement
authentique. Les guiatres se baladent dans l'auditorium
et l'approche choisie au mixage multicanal repose sur la
représentation et la mise en scène, jusqu'à
l'intégration de 'l'air' de la salle d'enregistrement
qui entoure les instruments.
La première plage de ce disque n'est
pas la plus convaincante mais me déjà en présence
bien des qualités qui se retrouveront tout au long
de l'écoute: dynamique, fermeté et grande
clarté. Ce sera dès la plage deux en effet
que commenceront à se déchainer les qualités
acoustiques de l'album et de la prise de son, avec une construction
de la scène sonore sur tous les fronts: la dynamique
est sèche et très puissante, la voix de Nash
ancrée au centre et très clairement détourée,
tandis que les guitares et autres instruments s'étalent
avec une finesse et une précision dans leur circularité
qui fait sincèrement plaisir à entendre. Le
départ des voix des choristes sur les enceintes arrières
"O you've been here before..." est complètement
holographique, parfaitement intégré au reste
d'un point de vue spectral et diaphonique (séparation
des canaux). L'activité sur tous les canaux est intense
et harmonieuse, et la scène sonore se bâtit
sur des bases solides. La séparation des canaux justement
est à ce titre exemplaire, et autorise la création
d'une image sonore large et très profonde, une vraie
caractéristique de ce disque.
Le reste est à l'avenant, avec une
exceptionelle tenue des instruments, parfaitement clairs
et précis, et une texture surround par moments admirable,
qui répercute sur tous ses canaux le dynamisme des
chants et des attaques de guitares. Cette association de
dynamisme et de clarté limite considérablement
les zones vides entre les enceintes, et tisse un réseau
de sonorités en mouvements qui procurent une sensation
d'espace incrustée de vie et de palpitations. Et
c'est précisément sur ce point que le mixage
artistique multicanal révèle toute l'ampleur
de sa dimension: la staticité est mise à l'écart,
et l'imprégnation psycho-acoustique flatte l'oreille
et les sens. La scène sonore est totale, ample et
généreuse, et on ne louera jamais assez les
vertus dynamisantes d'une écoute réalisée
en vrai 5.1.
Cett scène sonore ne s'affaiblit
jamais et ne donne pas l'impression de basculer ou de se
délocaliser de manière anecdotique sur l'arrière,
comme c'est le cas sur bien des mixages 5.1. Au contraire,
elle étend les limites de son champ aural et sonore
telle une extension parfaite des voies frontales. Aucun
raccord sonore n'est audible: la scène se
meut avec une agilité et une précision immanquables.
A cet égard, le mixage artistique se met au service
complet de l'artiste, et donne littéralement vie
aux musiques et aux chants en insufflant une énergie
débordante et en redéfinissant la notion de
puissance acoustique. Quel équilire: aucun canal
ne prédomine, et tous semblent en phase et en accord
avec les autres. Belle maturité stylistique d'une
part, mais aussi technique. Les instruments prennent part
comme des pinceaux à l'élaboration d'une toile
plus acoustique que sonore au final, et au coeur de laquelle
l'artiste rayonne de mille éclats (cf. plage 4, The
Chelsea Hotel). L'auditeur est placé au milieu
d'un bain acoustique. La plage 8, Pavanne est un
paradis sonore où les cordes du solo de guitare sont
d'un réalisme et d'une harmonie vraiment marquants.
A écouter d'urgence. La profondeur de la captation
audio, d'un point de vue technique, est sans faille et les
48 Khz et 24 Bit n'y sont pas étrangers.
Vous l'aurez compris, les multiples récompenses
qu'a reçu cet album d'un survivant (Meilleur Mixage,
Meilleur Album et d'autres prix ont été récoltés
aux Surround Awards 2002) ne sont pas volées. Ce
DVD-Audio est tour à tour calme, tempéré
et enlevé. Il a rythme dans la peau et parvient à
le saisir et le communiquer avec une énrgie débordante
de générosité sonore. On reprochera
peut-être un tempérament trop prononcé
sur le bas du spectre à la piste DTS et un chouilla
de clarté vascillante suivant les titres (un son
un peu rêche ou mat selon les titres, comme si un
filtre audio était présent...). Le canal de
grave est énorme en DTS (léger soucis de dosage?),
bien plus qu'en MLP, qui éclaircit les signaux un
peu plus en renforçant l'intelligibité expressive
de la bande-son. A noter que les voies arrières sont
plus fortes en volume en DTS (d'après HighFidelityReview.com)
ce qui n'est en aucun cas gênant mais attire l'attention
sur le soin que DTS apporte à ses encodages, quite
à les dynamiser un peu plus. Aucun phénomène
de 'ténuité' ou resserement de l'espace sonore
ne vient contrarier la dimension sonore de ce disque. Le
solo d'harmonica de la piste 6 est divin et faitl ittéralement
décoller l'émotion. Ue fois goûté
aux délices mutlicanaux, il vous sera en effet impossible
de revenir à une écoute stéréophonique.
La cohérence est totale, l'aération
bien présente et la performance technique au niveau
de la performance artistique (piste 4, 6, 7 et 8, absolument
sublimes!). Peut-on rêver mieux?