Le DVD (zone 2, TF1 Vidéo) possède deux
pistes son (VO et VF) encodées en DTS 5.1 Mi-Débit
(754.75 Kbps), ainsi que deux autres encodées en
Dolby Digital 5.1 (448 Kbps, VO et VF). Le format de l'image
est en PAL, 16/9 anamorphique, 2.35:1 environ. 22.99 €.
101 minutes environ. Impossibilité de changer de
piste son à la volée.
Un film de Marc Foster
Avec: Johny Depp, Kate Winslet, Julie Christie
Nick Roud, Radha Mitchell ...
Scénariste: David Magee
Productrice: Nellie Bellflower
Producteur: Richard N. Gladstein
D'après l'oeuvre de Allan Knee Production:
Miramax Films, U.S.A & Film Colony, U.S.A.
Compositeur: Elton John & Jan A.P. Kaczmarek
Directeur de la photographie: Roberto Schaefer
Londres,
début du XXe siècle. L'écrivain
James M. Barrie est en quête d'un nouvel élan,
dans sa vie comme dans son oeuvre : son mariage
avec la comédienne Mary Ansell est dans l'impasse,
et le public londonien boude sa dernière
pièce.
C'est en arpentant les allées de Kensington
Gardens qu'il rencontre Mme Llewelyn Davies et ses
quatre jeunes fils. Une complicité immédiate
se noue entre l'écrivain et les enfants sous
l'oeil ravi de leur mère, jeune veuve désemparée
qui trouve en lui un véritable ami.
Son intimité avec la famille Llewelyn Davies
grandissant chaque jour davantage, James M. Barrie
retrouve son âme d'enfant auprès de
ceux qui sont désormais sa plus précieuse
source d'inspiration. Il tisse avec eux la trame
fantastique, visionnaire et subtilement mélancolique
de Peter Pan.
DOSSIER DE PRESSE
Librement inspiré de la vie du
dramaturge J.M. Barrie et de ses relations avec Sylvia
Llewelyn Davies et ses enfants, le scénario de
David Magee est adapté de la pièce d'Allan
Knee, The Man Who Was Peter Pan. Celle-ci s'organise autour
d'échanges imaginaires entre Barrie et ces enfants,
qui lui inspirèrent son Peter Pan. C'est la productrice,
Nellie Bellflower, qui découvrit le spectacle,
dans un petit atelier théâtral. Pourtant,
selon le scénariste, "ce scénario n'est
pas directement inspiré des évènements
qui entourèrent l'écriture de Peter Pan".
Pour David Magee, le film narre "l'histoire d'un
homme qui devient adulte et se découvre des responsabilités
à l'égard des autres". Le scénariste
espère ainsi que le long-métrage de Marc
Forster sera perçu "comme un hommage au génie
de J.M. Barrie -cet 'homme qui ne veut pas grandir', selon
les termes du réalisateur- et que les spectateurs
en retireront l'impression qu'être mûr n'oblige
pas à renier sa part d'enfance, ni à sacrifier
sa faculté d'émerveillement".
J.M. Barrie fit la connaissance des enfants Llewelyn Davies,
accompagnés par leur nounou, à Kensington
Gardens, où il emmenait souvent en promenade son
Saint-Bernard, Porthos. Les frères n'étaient
alors que trois, deux autres devaient encore naître.
Pour les faire rire, le dramaturge à la taille
d'enfant (1m50, ce qui lui fit écrire qu'il ne
se serait pas soucié de noircir des kilomètres
de papier s'il avait mesuré 1m 90 et que sa seule
ambition eût été de devenir "le
chéri de ces dames ? une ambition déçue")
ne reculait devant aucune grimace, tour de magie ou inventions.
Les contes qu'il leur proposait remportèrent un
tel succès auprès de cet auditoire qu'il
décida d'en faire la matière de plusieurs
de ses oeuvres (Little Mary, par exemple, dont de nombreuses
répliques sont empruntées aux enfants Davies,
si bien que Barrie et Jack signèrent un contrat
comme coauteurs selon les termes duquel le garçon
percevait... un demi-penny par représentation),
et, entre autres, de son chef-d'oeuvre, Peter Pan. La
pièce, à l'image de la personnalité
de Barrie, qui avait perdu un frère adoré
dans son enfance, et souffrait d'accès de mélancolie,
concilie légèreté apparente et gravité
sous-jacente.
La pièce fut créée à Londres
en décembre 1904 avec Nina Boucicault dans le rôle
de Peter, et Gerald Du Maurier (frère de Sylvia,
et oncle des enfants Llewelyn Davies) dans celui du capitaine
Crochet. Le succès fut immense, et se confirma
aux Etats-Unis, où la première qui eut lieu
à New-York, avec Maude Adams dans le rôle
de Peter Pan, fut un triomphe plus grand encore. Le dramaturge
continua par la suite de remanier le spectacle et l'enrichit
de plusieurs variantes.
Le tournage du film s'est déroulé
en Angleterre, et a nécessité de nombreux
décors naturels, parmi lesquels Kensington Gardens,
le Saville Club et le cimetière de Brompton. Toutes
les scènes du Duke of York furent réalisées
au Richmond Theatre. Cependant, pour représenter
le foisonnant univers mental de J.M. Barrie, l'équipe
dut multiplier les décors et recréer le
Neverland, pays de Peter Pan. Pour en éclairer
le ciel, le chef décorateur Roberto Schaefer s'inspira
étonnament du ciel plombé d'Outre-Manche.
"Un beau jour alors que nous attendions une éclaircie
propice, j'ai trouvé un charme magique à
ce ciel chargé de lourds nuages et j'ai essayé
de reproduire cette impression sur scène durant
les séquences du Pays de Nulle Part".
Le jeune acteur Freddie Highmore, déjà
présent dans Deux frères de Jean-Jacques
Annaud a tellement impressionné Johnny Depp sur
le tournage de Neverland, que le comédien
a convaincu Tim Burton de l'engager pour incarner le jeune
héros Charlie Bucket dans Charlie et la chocolaterie.
L'année 2004 est l'occasion de
célébrer les 100 ans de la pièce
de théâtre d'Allan Knee ainsi que le 50ème
anniversaire de la comédie musicale Peter Pan
qui débuta à Broadway en 1954 avec Mary
Martin. Marc Forster a reçu le prix "Laterna
Magica" lors du festival du film de Venise 2004 où
son film était présenté.
Si nos premiers tests rapides avaient mis
en valeur une image relativement perfectible, le visionnage
complet du film aura légèrement estompé
cette impression, mais il n'empêche que cet encodage
DVD aurait pu proposer une image nettement plus dense...
Le master employé ici, loin, pourtant de décevoir,
se révèle au final assez moyen en terme de
définition et de dynamique vidéo. Il fait
remonter un certain nombre de défauts tournant autour
d'une compression un peu légère (fourmillements
en arrière-plans, définition légère,
manque de détails de certaines textures...), ce à
quoi TF1 Vidéo nous avait pourtant peu habitués.
La colorimétrie, en revanche, tire sans conteste
son épingle du jeu, offrant aux rouges vifs et contrastés
du théâtre et de tout son univers une belle
densité ainsi qu'une gamme expressive fort agréable.
Le séquences de rêverie (Le pays de Nulle Part
à la fin du métrage) sont quant à elles
très bien définies et offrent un bond en avant
qualitatif (trop court) qui hisse définition et colorimétrie
largement plus haut. Le caractère argentique et naturel
bien trempé de l'image visible dans la bande-anonce
(pourtant encodée qu'en 4/3) ne se retrouive finalement
jamais dans l'encodage proposé ici. L'impression
d'une image numérique demeure avec son gommage de
texture et sa disparition du grain, ce qui éloigne
le film, visuellement, de l'univers de James Ivory dont
on pourrait considérer qu'il s'inspire quelque peu.
L'image, si elle ne déçoit pas réellement,
affiche un net défaut de consistance et de prestance
(définition, teintes...), cependant rehaussé
par une fluidité dans la compression elle très
convaincante. Elégant, mais en deça de nos
espérances...
Le son
Le générique de fin nous
donne une indication très importante quant aux
conditions du mixage: ce dernier a été réalisé
aux Skywalker Sound Studio (créé par George
Lucas), ce qui n'est pas étranger à la réussite
technique et artistique que ce DVD reproduit dans des
conditions acoustiques proches de l'exceptionnel. En effet,
loin de se limiter à l'univers intimiste et discret
du film comme cela est bien souvent le cas dans le cinéma
contemporain, et de proposer un mixage et une bande-son
inepte passé mille fois par un filtre audio aseptique,
Neverland brille littéralement de mille feux et
sa bande-son parvient même à travailler la
surface de la fiction au travers d'un montage sonore d'une
grande et profonde délicatesse, qui, sans insister
lourdement sur la finesse de son intelligence, propose
une dimension dramatique sincèrement touchante.
De prime abord, il apparaît que ce DVD ait bénéficié
d'un encodage aux petits oignons dont la qualité
première est d'avoir été encodée
très haut en terme de volume, bien plus que certains
films de science-fiction ou autres blockbusters que nous
ne nommerons pas afin de ne pas froisser certaines sensibilités...
Ici, le son envahit littéralement vos enceintes
et s'expose aux spectateurs avec une réelle objectivité,
une proximité limpide et bouillonnante dont la
finesse et la clarté se rencontrent peu sur DVD.
Si la bande-son se voit très chargée sur
la façade avant, grâce à une stéréo
frontale exemplaire de vivacité (théâtre,
ambiances naturelles) et d'expansivité ainsi qu'un
degré de qualité dans la reproduction des
dialogues essentiel et particulièrement élevé
en termes de réponse en fréquence et de
vérité tonale. La prestance tonale qui émarge
de cette bande-son ne peut que marquer l'ouïe. Forte
et puissante sans être écrasante ou écrêtée,
elle affiche un très haut niveau de réalisme
acoustique (jusque dans les voies surround) dont la qualité
première repose sur la cristallinité et
la 'propreté' sonore, transparente, de sa réponse
en fréquence. Les voies arrières étirent
l'univers fictionnel dès les premiers instants
(remplissement du vide du théâtre sur le
mode sonore) et se voient utilisées avec une rare
intelligence lors des séquences les plus imaginatives,
où elles ne se contentent pas de platement 'intervenir'
mais participent à une scénographie sonore
qui évoque, via une ébauche de mise en abîme
d'une grande pertinence, le travail de mise en scène
du théâtre. Ceci est particulièrement
vrai et audible sur la piste DTS VO qui prend un avantage
dynamique et expressif considérable sur la piste
Dolby Digital, lisible et audible jusque dans les dialogues,
qui 'éclatent' littéralement hors de l'enceinte
centrale avec un pouvoir de conviction tonal et une clarté
sans faille qui font instantanément de cette piste
son un candidat parfait pour notre Diapason de Bronze,
voire même d'Argent. Le format DTS renforce même,
par extension cette sensation de scénographie sonore
en étoffant et en revigorant de manière
spectaculaire le pouvoir expressif du son. Les divers
bruitages du théâtre de la toute première
séquence sont en ce sens éclatants de véracité
et d'ampleur en DTS VO, piste qui, sans pour autant tirer
sur la corde de manière artificielle, réussit
l'exploit d'habiter la bande-son et de lui octroyer un
rehaussement net et palpable de sa gamme dynamique qui
permet au spectateur de bien mieux cerner le style sonore
et la signature acoustique du long-métrage. Patente
et authentique, cette bande-son brillante et enlevée
revit en DTS, et matérialise ses divers efforts
créatifs de manière plus originale et plus
orientée aussi. Les séquences de rêveries,
en ce sens, décollent littéralement et dispersent
la féérie sur toutes les voies avec une
fluidité et un savoir-faire qui sait se jouer de
la mesure et du spectaculaire. Voix audibles sur les surrounds,
basses souterraines, arabesques sonores, charge importante
d'effets ponctuels et transitoires, la bande-son de Neverland
s'intéresse à son sujet et développe
un état de symbiose formel entre images et sons
qui témoigne d'un soucis acéré d'authenticité
lisible dans le montage son du film. Ce dernier ne se
veut jamais heurté ou bassement séquentiel:
rares sont les enchaînements où la bande-son
stoppe net sa présence pour laisser place à
d'autres ambiances de la séquence qui suit. Au
contraire, les jonctions séquentielles ne se sont
pas dictées par un cut sonore, mais par des amorces
qui assurent fluidité et articulation, ou bien
par des fondus enchaînés sonores d'une rare
subtilité, tout juste perceptible, mais dont le
pouvoir formel distille au cœur de ce film une cohérence
dramatique et un 'filé', une intelligibilité
proches de la figure de style, qui unit fond et forme
dans un même mouvement harmonique. Et ce n'est rien
dire! La partition très aérée et
diversifiée de Jan A.P. Kaczmarek, Oscarisée
cette année (2005), achève de composer l'univers
sonore et acoustique du film en inscrivant dans la durée
un nombre très impressionnant de thèmes
et mélodies là où d'autres productions
se limitent à un seul, voire deux, et en usant
du procédé de la réitération
avec un savoir-faire indéniable. La musique, cristalline
et claire comme de l'eau de source, bénéficie
de la même disposition acoustique, s'ouvrant sur
les voies arrières jusque dans les quelques notes
de piano du générique final. Le format DTS
extirpe clairement davantage de substance à cette
partition superbement enjouée, et lui offre une
dimension acoustique ouatée et éthérée,
ainsi que volume et présence sonore sur toutes
les voies. Si les voies arrières sont utilisées
en renfort, elles ne contentent pas de relayer un simple
écho de la façade frontal comme c'est bien
souvent le cas, mais elles ouvrent un champs sonore arrière
qui étend l'ampleur de la partition et qui lui
confère une musicalité et une prestance
esthétique de tout premier ordre qui invite à
faire grimper les décibels. Ce sera elle également
qui sera la première bénéficiaire
du gonflement dynamique lors des moments les plus enjoués
comme lors de la première de 'Peter Pan', dont
le but avéré est bien évidemment
de proposer un surcroît d'émotion que tout
le monde devrait ressentir. Nous venons de le voir, cette
bande-son généreuse et ultra-dynamique se
voit placée au cœur du dispositif formel et
émotionnel du film. Véritable proposition
d'écriture et projet de mise en scène à
part entière, elle constitue une pierre d'achoppement
essentielle et accorde à ses dialogues (encore
mieux rendu en VO, bien évidemment!) une importance
dramatique et technique (ils remontent et s'étagent
dans la bande-son comme on l'entend peu) qui permet presque
de saisir l'esthétique des sentiments et des affects
des personnages, à la source. L'édition
DVD que propose l'éditeur dispose d'une dimension
technique proche de l'anthologique. Si seulement American
Beauty avait bénéficié d'un tel traitement...
Le son numérique discret réparti sur six
canaux, s'il ne devait pas s'illustrer de la sorte ainsi
(du moins, d'après ce que l'on entend régulièrement
sur DVD et qui témoigne du peu de soin des éditeurs)
et dont on attendait rien de particulier sur ce film,
se justifie pleinement et écrase net une bande-son
analogique encodée en Dolby Surround. Ses possibilités
d'expression sont utilisées à bon escient
et mettent en avant une forme d'exigence technique qui
confère à la bande-son une dimension tour
à tour émotionnelle, narratologique et scénographique.
En attribuant de telles valeurs à une bande-son,
parent-pauvre du cinéma et donnée secondaire
voire même tertiaire pour beaucoup, le cinéaste
aiguise sa perception, tout autant qu'il achève
la complétude de la composition de son métrage.
Intrinsèquement liés aux images et aux émotions,
les sons et bruitages (très réalistes jusque
dans l'intimité) de Neverland se révèlent
parti-intégrante de son univers et se jouent avec
une rare habileté de leur dimension psycho-acoustique,
que le format DTS, vainqueur en VO comme en VF, tire encore
davantage vers le haut, et révèle leur fondement
via une mise en avant de leurs données profondes.
La piste DTS, pour conclure, revivifie et éclaircit
encore davantage l'expressivité sonore du film.
Sa clarté et ses tonalités douces et sensibles
sont immanquables, ainsi que son pouvoir dynamique, expansif
et aéré, même lorsqu'il s'agit de
représenter le silence ou d'habiter une scène
presque silencieuse. Une réussite inattendue et
que nous qualifions fort volontiers d'éblouissante,
ne serait-ce que pour la qualité de reproduction
de ses dialogues et la présence 'volumique' de
la bande-son, immanquable elle aussi. Effets arrières
rares à proprement parler, mais dimension et présence
acoustique arrière ample, précise, et très
réaliste.
Diapason d'Argent mérité
pour cette piste DTS généreuse et précise,
inattendue sur le plan artistique et technique. Un cortège
de sonorités, tintements et effets orchestraux
à la clarté irréprochable, pour une
bande-son brillante d'intelligence et de discernement,
aux déploiements fréquents et à la
précision acérée, aiguisée
et même clinique.
L'interactivité
Le commentaire audio du film du réalisateur, du producteur
et du scénariste a été annoncé
(notre exemplaire de test le mentionne même sur la
jaquette) mais impossible de le trouver... Dommage, il était
très attendu... .
Scènes coupées avec commentaire audio optionnel
de Marc Forster.
La magie de Neverland (Making-Of), d'une durée de
16 minutes. Constitué d'interviews diverses et d'extraits
de films issus de la filmographie de Johny Depp, il n'en
dit finalement que raltivement peu sur le film et mérite
davantage le qualificatif de Featurette...
Créer Neverland (Effets spéciaux), d'une durée,
trop courte, de trois minutes.
Tapis rouge de la Première du film à Londres
(deux minutes neuf secondes), toujours centré sur
Depp.
Le bêtisier, réussi, d'une durée de
cinq minutes.
Bandes-annonces (4/3 et Dolby Digital 2.0) en VF et VO.
Interactivité immanquablement décevante
(mais où est le commentaire audio, sans conteste
le segment le plus intéressant de ce DVD?) et surtout
bien trop promotionnelle pour convaincre le cinéphile...