Une image d'une saisissante netteté et d'une densité exceptionnelle, et ce malgré d'innombrables artefacts de compression inhérents à l'encodeur vidéo MPEG II qu'emploie l'éditeur Panorama depuis des années... En effet, des blocs de pixels se baladent gaiement lors des séquences situées en sous-bois (très complexes à encoder, en raison du niveau de détail et des micro-informations) ou dans les arrière-plans, qui manquent quelquefois cruellement de prestance. Le reste du film se voit encodé à la quasi-perfection, avec une définition solide et acérée, une palette colorimétrique chaude et vive, idéalement saturée et qui révèle le soucis de détail et d'intégrité cinématographique du Technicolor, avec ses teintes et autres tonalités immédiatement repérables savamment travaillées. Luminosité et contrastes affichent de fort belles valeurs, exception faite de certaines séquences nocturnes, qui font remonter un assez important niveau de grain, excitant au passage les rapports de compression. Les lumières et les cadres anthologiques de Lubezki, le chef opérateur se montrent terrassants en CinémaScope, tandis que le travail formel (caméra à l'épaule constamment, mouvements amples et circonvolutions qui fondent tout le lyrisme pictural de Malick), mouvements ou montage, ne ssouffrent d'aucune erreur d'encodage. Il en résulte donc une image de très grande et très haute qualité, en dépit d'importantes réserves sur la compression MPEG II. Avec Trois Enterrements, il s'agit là d'une des plus belles images de l'année. [Notre note finale image, en bas de page, ne peut grimper plus haut en raison des réserves sur la compression MPEG II.]
Le son
De saisissantes vertus acoustiques qui fodnent toute l'économie narrative du film. Chaque oeuvre de malick possède cette touche personnelle, ce supplément d'âme qui fait à lui seul toute la différence. Des dialogues cristallins, des voix-off pregnantes qui prennent en charge les images et le récit etc... Un véritable magma sonore qui ne mobilisera certes aucunement tous les canaux en permanence, mais qui diffuse un rayonnement sonore de tous les instants et des valeurs tonales lisibles jusque dans la musique. Un état de quintessence en somme, et une harmonie acoustique marquante, qui témoigne du soucis esthétique du cinéaste, et de la grande finesse du grand Skip levsay, qui a designé et mixé la bande-son. Les ambiances naturelles se font frémissantes de justesse et d'harmonie, tandis que le design sonore est épaulé par un profond réalisme environnemetal qui monopolisera l'intégralité de la façade avant tout le film durant. Dialogues, ambiances et partition musicale dominent ce paysage sonore de haute volée, diaphane, transparent, clair et d'une saisissante vivacité par moments. Les masses sonores se ressentent, ventilant un sentiment élégiaque palpable et sensible, sensitif même sur tous les canaux. Les voies arrières procèdent par amplification tonale et complètent un arc acoustique qui prend forme sur l'intégralité des canaux frontaux, employés en constante diffusion, en l'épanouissant et en ouvrant son horizon de manière parfois spectrale et fantomatique. La musique de James Horner oriente le caractère romanesque du récit et articule ses mouvements, à l'image d'un opéra sensoriel, n'hésitant pas à faire appel à un contrepoint d'ambiances naturelles (audibles lors des génériques), pour fusionner tous les motifs acoustiques en présence. Aussi, les voix-off et autres monologues intérieurs se voient-ils intégrés avec un sens de l'harmonie proche de l'inédit, comme cela fut le cas sur The Thin Red Line précédent chef d'oeuvre du maître-poète. Toutes les notes sonores présentes dans le film lui instillent une harmonie, une unité de sens et d'émotion qui dessine, à mesure que le récit se déroule, toute une forme complexe et complètement aboutie de tonalité romanesque. Lisible dans le son, le film impose un état de symbiose entre les deux univers consacrés du cinéma: images et sons se constituent en chambre d'écho, ne cessant de se renvoyer leurs formes mutuelles, comme pour mieux s'unir. Une véritable paysage sonore comme on ne les entend que très rarement... et qui pourrait bien désarmer un spectateur peu préparé tant la charge des sons et leurs valeurs tonale dépasse ce qui est d'ordinaire le quotidien d'une oeuvre de cinéma.
Le Nouveau Monde invite donc les spectateur à un voyage sensoriel loin du spectaculaire éculé, vers des sommets de lyrisme formel. En soulignant chaque mouvement et en saisissant tout leur potentiel esthétique, le cinéaste soumet une matière vivante à nos sens, qu'il est indispensable de découvrir dans son format originel (CinémaScope et son numérique multicanaux). En ce sens, la bande-son toute entière s'apparente à une composition, une partition intégrative et harmonieuse au coeur de laquelle chaque élément en présence se détache et se rend perceptible. Une quiétude aboutie qui emploie les ressources de la réponse en fréquence et qui exploite le spectre audio audible avec un sens aigu de la perceptibilité. Haut du spectre fluide et orienté, caractère physique des médiums et des basses fréquences, qui possèdent tout deux des valeurs fort réalistes et une ampleur immanquable. Le traiteent des sons oscille du réalisme le plus abouti à des compositions plus abstraites (vents, vagues...) qui élèvent l'âme du film. Eléments matriciels chez Malick, les sons consituent des auras de lumière auxquelles le cinéaste confie un rôle presque dogmatique et central. la bande-son du film possède un grain, une finesse et une intégrité qui surclassent tant d'autres productions. Un réalisme-vérité stylisé avec soin par Skip Lievsay et supervisé de près par le cinéaste en personne. Signalons que les quelques passages des navires (craquements, poids sonore...) distillent cette même image sonore réaliste qui faisait des merveilles sur Master and Commander (designé et mixé par Richard King).
La piste DTS, présentée en mi-débit sur cette édition zone 3, se voit donc fort logiquement indispensable pour restituer les nuances et tout l'art du contraste. Le montage-son des plus complexe du film s'y voit amplifié et réinvesti, revivifié par le format DTS qui oeuvre à créer des tonalités plus justes, des nuances plus franches, bref, à encore développer le potentiel atistique et architectural des sons du film. En dépit de la présene d'un offset de -4dB, nous n'avons pas noté de différences marquantes de volume entre la piste DTS et la piste Dolby Digital, au point donc qu'il n'est pas nécessaire d'abaisser le volume en comparant ces deux codages. Si les différences ne se voient pas toujours exploitées avec contraste, le format DTS impose par moments une supériorité tellement évidente qu'elle nous forcerait presque à oublier la piste Dolby Digital. basses fréquences et médiums y récupèrent une ampleur et une profondeur de signal que l'on ne pouvait soupçonner, offrant ainsi au film un renfort de réalisme et de dimension qu'il ne reniera jamais. Les nappes musicales, parfois employées avec la même force d'évocation que dans La Ligne Rouge (des notes tenues longuement et diffusées avec calme sur tous les canaux, proposant par la même un bloc sonore massif et impressionnant de subtilité), s'y voient transfigurées et plus nettement retranscrites. Enfin, les ambiances naturelles omniprésentes (vent, insectes, nature et bruissements en tout genre...) ainsi que les voix des protagonistes y trouvent une ampleur et un rayonnement bien souvent supérieur et 'densifié'. Densité, dimension, profondeur, rondeur et nuances entre les dives étages du spectre se voient rehaussés et préservés, et toute l'ampleur acoustique du film bénéficie de ce relief préservé, de cette profondeur satinée et de cette clarté souverraine que leur offre la piste DTS. Des bénéfices directs et immanquables, et une stabilité de la scène sonore qui rend bien plus évident encore le travail sur le montage et la mise en scène sonore si sensitive. Les courtes séquences de combat possèdent une fondation grave et sous-grave parfois très tendue, preuve encore d'une bande-son qui ose et qui se diversifie, et preuve, enfin, du talent sensoriel d'un cinéaste pour qui les sens et leur ressenti signifient 'font sens'. Quand le sens se confond avec l'essence, le spectateur voyage vers un horizon cinématographique rare et profondément inspiré. Une infinie variété acoustique et une prestance artistique qui se doit d'être écoutée plus fort que d'ordinaire pour mieux en saisir toute la profondeur et le rôle central.
L'interactivité
Menu fixe, et pas le moindre supplément offert ici...