Je
ne suis pas un habitué d'Alan Parson mais le programme du
CD est assez réjouissant, puisque autour d'un thème conducteur
( l'envol, la chute, l'air, le ciel ), le groupe a réussi
à composer des morceaux plutôt différents les uns des autres,
de l'acoustique à l'électronique. Le micro passe de main
en main d'un morceau à l'autre ( comme dans le concert "Hell
Freeze Over" des Eagles ) mais ceci n'est pas trop déroutant
et apporte un peu de variété. Pour ceux qui ne connaissent
pas trop le style : pour ce CD, Alan Parson se situe entre
Pink Floyd et les Eagles. Bon passons maintenant à la qualité
technique car techniquement c'est vraiment impressionnant,
la spacialisation est omnidirectionnelle, chaque canal est
logé à la même enseigne que ce soit pour la répartition
musicale ou pour la bande de fréquence, ainsi on assiste
à un déluge de basses ambiphoniques et c'est un régale dans
une installation ou chaque canal est à même de restituer
un son pleine bande ( sur des satellites cela doit être
bien moins impressionnant ). Pour s'en convaincre la piste
4 fait l'affaire, avec une guitare basse et des percussions
au même volume sur les quatre enceintes directionnelles
( les frontales et les surrounds ), si on ajoute à cela
un tambourin sur les frontales ( qui devient même latéral
au cour de la chanson ) ainsi qu'une guitare électrique
sur les surrounds, c'est la cacophonie ? Et bien non, et
c'est cela qui est fort, chaque instrument est suffisamment
distinct pour nous plonger dans un délice musical. Mais
pour cela il faut, je le répète, une très bonne installation.
Et cela se vérifie sur la dernière piste qui demande impérativement
quatre enceintes directionnelles équivalentes étant donné
que la voix du chanteur va passer lentement de l'arrière
gauche à l'avant droit, mais pour une fois de manière intelligente:
le changement est progressif et on l'entend même latéralement
de manière assez troublante. Une fois la voix du chanteur
arrivée à destination, des coeurs viennent le soutenir sur
les surrounds et le tout se fini par un grondement de basses
frontales accompagnant une belle intensification symphonique...
Cette piste est un régal.
Autre
piste intéressante, la 8 (Apollo) propose une alternative
semi-électronique au thème avec des graves et une spatialisation
à couper le souffle. Tout commence par des voix (simulant
les communications spatiales) sur les surrounds, puis vient
un rythme électronique à l'avant suivi de percussions aigus
à l'arrière (une différente sur l'enceinte gauche et sur
l'enceinte droite), puis une série de sons électroniques
vont voyager sur l'ensemble des enceintes, très belle démonstration
de spacialisation dans une genre assez oublié par la musique
multicanale. Sans oublier la piste 10 (One Day To Fly) qui
est un enchantement aussi bien musical que technique… peut
être ma préférée de l'album. Le reste de l'album affiche
une spatialisation du même acabit plus ou un peu moins marquée
suivant la piste : généralement sur les surrounds on a le
droit à des accords de guitare, des percussions ou à un
accompagnement vocal et non à une réverbération, c'est donc
artificiel mais terriblement enveloppant, et si l'on ajoute
à cela des effets directionnels d'avions de vent et d'oiseaux
et une participation active mais pas trop voyante du caisson
( équilibré, c'est un bon point ), on obtient une prestation
musicale très convaincante loin de l'écoute d'un CD PCM
2.0 (j'ai d'ailleurs comparé Cloudbreak, la piste 4, en
PCM 2.0 et en DTS 5.1... c'est le jour et la nuit). Bon
je vais tout de même essayer de trouver des points négatifs…
Ah oui ! Dommage que la piste centrale serve très peu et
que la voix du chanteur soit si délocalisée sur les frontales,
mais c'est une volonté d'Alan Parsons alors...