

Point Break, Extrême
Limite
Pour retrouver les braqueurs responsables
de 26 attaques de banques, Johnny Utah, jeune inspecteur
du FBI inexpérimenté et naïf, s'infiltre
dans le milieu des surfeurs de Los Angeles.
Une mise en scène au cordeau,
un montage coup de poing, une réputation en béton,
le film de Kathryn Bigelow n'a jamais vraiment déçu.
Présenté en son temps comme une oeuvre "100%
adrenalyne", son film ne démérite pas
et parvient à conjuguer action, thriller et même
polar sur un mode à la fois singulier et pluriel.
Interprétation irréprochable de deux valeurs
sûre pour ce genre de cinéma. A redécouvrir
dans une édition DVD digne de ce nom.
Critique rédigée par Cornwall (Stéphane Roger)
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L'image
Cette édition bénéficie
d'une image remasterisée, différente en tous
points de la première édition, qui fut en
son temps une calamité. Les résultats proposés
ici s'avèrent des plus flatteurs, le tout magnifié
par le cadrage en CinémaScope qui procure aux sèquences
sportives une élégance formelle de première
main. Fluide, lumineuse, piquée et très correctement
étalonnée, cette copie remplit son office
avec maestria et nous offre une prestation de choix pour
découvrir ou plutôt redécouvrir le film
dans d'excellentes conditions. Le niveau de détail
est rutilant sur les séquences complexes (surf, mouvements
et contrastes complexes de l'océan...), et la compression
n'avoue ses limites qu'en de rares occasions, laissant alors
transparaître un grain occasionnel et des arrières
plans perfectibles en terme de rendu. Mais elle parvient
surtout à suivre la cadence du montage sportif sans
fléchir plus que de raison. Les contrastes sont appuyés,
les noirs profonds (pour un film datant de plus de dix ans,
nous ne nous attendions pas à pareil rendu), et les
lumières de la Californie préservées.
L'étalonnage colorimétrique a visiblement
subi un léger boost qui n'est pas pour déplaire:
ainsi, les tons de chair sont un peu tirés vers des
valeurs élevées, et les couleurs des combinaisons
de surf un peu trop appuyées, mais cet effet participe
à la patine visuelle d'un film qui a toujours été
maltraité en vidéo, principalement en laserdisque
PAL, où les couleurs avouaient un aspect assez mat.
Une formidable copie donc, présentant cependant quelques
micro-griffures et quelques effets d'aplat et de edge
enhancement mais dans l'ensemble et vue la nature "agitée"
du film, les résultats sont la plupart du temps tout
à fait remarquables, à l'image de cette superbe
séquence de saut en parachute, où la profondeur
de champs s'étale à l'infini. Bigelow abusant
des longues focales, il n'est pas étonnant de se
retrouver avec un sujet net au premier plan et un arrière
plan flouté. La chaleur émanant du bitume
est elle aussi préservée en l'état
(des vapeurs au sol) sans pour autant chambouler la compression
MPEG II. Au final, si l'ensemble n'est pas parfait, il offre
nénamoins une prestation dynamique et extrêmement
convaincante. Master et définition en grande forme.
Le son
La bande-son a également bénéficié
d'un remastering en son multicanal, et force est de constater
que loin de nuire au film, la bande-son développe
son potentiel de manière littéralement
tétanisante et éloquente. Les résultats sont exemplaires
et de tout premier ordre: dès le générique,
superbe visuellement, la bande-son dégage une énergie
et émarge un niveau de détails que l'on
ne soupçonnait absolument pas. Les coups de feu
retentissent sur les voies arrières avec fougue
et violence, tandis que le caisson relaye les impacts
furibonds avec fugacité. La musique elle aussi
se voit transcendée par un lissé harmonique
qui dessine une belle architecture sonore. Pour un film
de cet accabit, nous n'en attendions pas moins. Le reste
du métrage est à l'unisson: voie centrale
très claire et dynamique, avec des prestations
digne des production des années 1990s (clarté
des voix, belle présence on-screen etc...),
caisson 0.1 LFE utilisé à très bon
escient (nous y reviendrons plus tard) et voies arrières
actives et audibles sur environ 95% du film. Ces dernières
inscrivent dans toute la bande-son un degré de
réalisme dans les ambiances confondant dans la
maîtrise et dans l'effort multicanal. Si elles paraissent
parfois artificieuses, les voies arrières ne sont
jamais sous exploitées mais délivrent un
message sonore tour à tour fluide et violent, jouant
ainsi un rôle primordial dans l'intégrité
acoustique du tissu sonore que propose ce remastering
5.1. Parfois creuses dans leur rendu, mais essentiellement
ouvertes et réalistes, elles constituent à
elles seules un ingrédient esnetiel pour cette
bande-son. A l'image du montage et de tout l'aspect visuel
du film, la bande-son se veut tapageuse, très active,
boostée aux amphétamines et à l'adrénalyne.
Tout ceci s'incarne dans la dynamique de l'ensemble, particulièrement
relevée, qui a de quoi suggérer de belles
sensations sonores, parfois même plus que sur des
productions plus récentes. La réponse en
fréquence flatte les deux extrêmes du spectre
audible de manière là aussi peu commune
en regard de l'âge de la bande-son: d'une part,
le haut du spectre transparaît avec fluidité
et une réelle aisance. Certaines sifflantes sont
même audibles sur la centrale, preuve que la bande-son
n'a pas subi un lifting sonore destructeur ou
une réégalisation à la Seigneur
des Anneaux. Ceux-ci permettent à ce titre
à la bande-son de bénéficier directement
d'un facteur de directivité optimisé, les
aigus apportant nombre d'informations directionnelles,
à l'avant de la scène sonore, mais aussi
à l'arrière. Le son en général,
dans sa texture et dans son aspect est même plus
clair que le son dans la Trilogie du Seigneur des
Anneaux, versions longues... L'impact du paysage
sonore n'en est que renforcé, et se voit rehaussé
par un emploi intelligent du caisson de grave, qui traduit
poids, tessiture et profondeur sonores. Les séquences
dynamiques ne manquent pas à l'appel et donnent
à la bande-son l'occasion de s'exprimer à
maintes reprises. Dans ces séquences, la mise en
espace sonore est qualifiable de classique dans son aspect
multicanal: les voies frontales dessinent l'essentiel
des informationsaudio-didiégétiques, tandis
que les voies arrières étendent la profondeur
sonore et rallongent son pouvoir d'élongation.
A ce classiscisme bienvenu se greffe toutefois une réelle
relecture de l'espace sonore puisque chaque séquence
animée semble optimiser l'action à l'écran
de manière sonique. Les transitions de voie à
voie se réalisent de manière plutôt
naturelle et transparente et c'est tout juste si l'on
note un son un peu "rêche" et dru, limites
de le prise de son de l'époque propagé sur
les voies arrières. La véracité dans
l'évocation, tout comme l'impact et la violence
des gestes et des actions sont reproduits avec fermeté
et rigueur dans un espace acoustique multicanal reconstitué
avec soin et ampleur. L'ajout de deux pistes DTS n'est
en effet pas de trop: celles-ci (surtout sur la Version
Originale que nous recomandons sans réserve, la
VF rétrécissant les ambiances de manière...
dramatique) "virtualisent" cet espace sonore
avec encore davantage de précision, précision
qui se traduit par une gestion encore plus harmonieuse
des canaux et de leur pouvoir de propagation. Les voies
arrières notamment rayonnent de manière
immanquablement plus large et semblent étager la
scène sonore de manière encore plus fluide,
encore plus profonde et immédiate. Une efficacté
renforcée et consolidée, de même que
légèrement maximisée. La piste DTS
VO accuse à ce titre une dynamique immédiate
plus convaincante que celle de la piste DD 5.1 VO: dès
le générique, décidément un
passage de choix, la clarté expressive et la violence
du son voient leur potentiel sonique et acoustique réexploités
par le codage DTS, qui, s'il arrondit les angles sonores
en recouvrant davantage les zones "claires"
de l'espace sonore entre les diffuseurs, n'oublie pas
de densifier les messages et de solidifier la mise en
scène sonore. A une nuance près: comme sur
tous le DVDs émanant de l'éditeur Opening,
cette piste DTS dispense moins de basses fréquences
que la piste Dolby Digital 5.1... Tout ceci est particulièrement
audible sur les séquences de surf, où le
poids du son n'est pas le même en DTS et en DD 5.1.
Un profond regret donc, qui se vérifie sur tout
l'intégralité du film, mais de manière
très discrète toutefois, certaines oreilles
ne le remarqueront même pas. En comparaison directe,
les pistes DD 5.1 conservent l'architecture multicanale
mais perdent immanquablement en densité et en corps,
la finesse et l'épaisseur des pistes DTS étant
objectivement supérieures. Pour conclure, nous
dirons que Point Break dispose avec cette édition
d'une bande-son conforme à son potentiel dynamique:
classique dans son approche, c'est dans sa "structure
cellulaire" qu'elle est surtout marquante, déployant
une énergie véritablement bienvenue car
tellement essentielle eu égard du genre. Les sollicitations
5.1 multicanales de la bande-son sont constantes, bien
plus qu'on ne l'espérait. La très belle
musique de Mark Isham, quoiqu'un peu noyée dans
la violence des effets, est elle aussi reproduite avec
un sens de l'espace des plus convaincants. Encodé
un peu plus haut en terme de volume que 95% des DVDs du
commerce, cette bande-son DTS dispose de sérieux
arguments techniques et artistiques. Ample, généreuse,
intègre, intelligente et terriblement réussie,
elle constitue une bien belle surprise.
L'interactivité
Sur le disque deux offert par la firme
Vidéo Futur, vous pourrez découvrir les
bandes-annonces des futures sorties location pour janvier-février
2005. 4/3 et DD 2.0 au programme... Attention: un deuxième
disque réservé aux bonus était offert
sur l'édition collector du film, mais aucun des
suppléments offerts ne traitait du film lui-même,
mais de son imagerie véhiculée et des sports
représentés. A cet égard, nous avions
droit à un bêtisier sportif sur de belles
gamelles en BMX etc etc...
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