Une belle présentation de la part
d'un éditeur connu pour ses réussites techniques.
l'image de ce DVD est parée de très beaux
atouts, avec une belle gestion de la colorimétrie
(couelruis saturées et satinées avec soin,
fidèles à la photographie originelle de Robert
Elswit, très Technicolor dans l'âme). En revanche,
on notera un retrait assez net de la définition globale:
le caractère trempé du zone 2 Français
(PAL) et sa définition impérieusement tranchée
est un souvenir ici. non pas que la patine visuelle ne soit
pas convaincante, mais la définition, couplée
au codage NTSC, baisse de deux bons crans, révélant
parfois un grain assez envahissant. Finesse et ciselé
de l'image ne sont donc plus tout à fait de mise
pour qui aura vu le zone 2 Français. Mais qu'on ne
dénature pas le sens de nos propos: l'image de ce
zone 2 Japonais est tout aussi chatoyante, un peu plus convaincante
en terme d'étalonnage colorimétrique que notre
zone 2 hexagonal, NTSC oblige. Le format Scope est toujours
aussi superbe et le costume bleu de Barry toujours aussi
électriquement saturé. Les noirs ne sont pas
bouchés, et le niveau de Edge Enhancement est maintenu
à un niveau très raisonnable.
Le son
Inutile d'y aller par quatre chemins:
la piste DTS ES 6.1 Discrete est une réussite absolue.
Quatre fois plus lourde que sa concurrente Dolby Digital
en terme de poids de fichier, encodée en plein
Débit, elle permet de profiter du film dans ses
moindres nuances, notamment sur la voie centrale, d'une
clarté et d'une intelligibilité comme on
en entend peu, qui retranscrit les voix à la perfection.
Le codage Dolby Digital induit une très nette valeur
de distorsion (effilochement symptomatique et pertes de
la dynamique) sur cette centrale et ne bénéficie
pas de la même onctuosité, de la même
richesse expressive sur les autres canaux, du même
comportement sonore. Les différences sont frappantes,
mais la nature intime du mixage ne permettra peut-être
pas de les repérer immédiatement. L'équilibre
musique, voix effets est très subtil, et sait conserver
une dynamique très efficace. Evidemment, il ne
faudra pas s'attendre à un déluge de décibels,
mais plutôt à une habille gestion de l'univers
sonore, quasi monophonique par moments, même sur
la partition. Le mixage est signé Gary Rydstrom:
l'intégration des masses sonores est toujours aussi
originale et lors de certains moments, la dynamique se
révèle littéralement explosive (l'accident
initial, dont on ignore encore le sens réel, devrait
vous faire sauter de votre fauteuil si vous avez monté
le son. Il transperce tout d'un coup une ouverture de
film presque silencieuse), surtout sur la piste DTS, qui
vous pousserait presque à faire descendre les décibels
tant les canaux s'activent avec violence et fermeté...
La voie centrale domine la scène sonore et met
en scène les dialogues sur le plan technique avec
une justesse fort à propos et de laquelle bien
d'autres films pourraient s'inspirer: les voix ont du
corps et de la présence, et affichent un grain
sonore très appréciable. La musique intradiégétique
tantôt symphonique tantôt discordante mais
toujours abstraite de Jon Brion est intégrée
avec soin sur les voies frontales et affiche une fidélité
un peu limitée due aux matériaux source
employés. Lors de séquences plus composées
(poursuites etc...) sur le plan audio, la fidélité
se révèle presque surprenante et toutes
les voies de l'installation rayonnent d'une même
clarté, l'habilleté de Rydtsrom quant au
mixage créatif faisant le reste. Une édition
définitivement très réussie, la seule
au monde à proposer le film dans un DTS ES Plein
Débit tranchant particulièrement juste et
convaincant quant à la mobilité des sons
dans l'espace, la stabilité tonale des dialogues,
parfaitement placés, et les comportements multicanaux
de sa bande-son très surprenante dans sa ténuité,
de laquelle elle tire d'ailleurs toute sa force. Si tous
les DVD incorporaient une piste Plein Débit de
cette gamme... l'univers du DVD en serait complètement
chamboullé, dans le très bon sens du terme.
Une création cinématographique dynamique
qui sait mettre en scène sa bande-son et proposer
une expérience audio tour à tour originale
et abstraite, qui parvient même à représenter
le silence des lieux pour mieux capter l'essence des personnages
qui les envahissent.
L'interactivité
Identique aux autres zones. Une interactivité
aux limites de l'abstrait avec
• Le documentaire "Fleurs et sang"
• Les scopitones
• Les films-annonces
• "Le matelas", spot publicitaire
• Les scènes supplémentaires
• L'art graphique de Jeremy Blake
Signalons la beauté plastique de 'l'emballage',
qui incorpore quatre cartes postales représentant
les scopitones Technicolor du film, un surétuit
transparent mentionnant "DTS Collector's Edition",
et un Digipack aux couleurs du générique
du film. Le logo DTS ES est omniprésent. Encore
une réussite à la Japonaise qui dispose
de suffisament d'arguments pour nous redonner foi envers
le support DVD !