Magnifique. En dépit de son âge déjà avancé (le DVD est sorti courant 1998), l'image se laisse admirablement upscaler, ety pour peu que l'on désactive soigneusement certaines options sur certains lecteurs qui excitent la définition et font remonter du grain vidéo, le résultat se montre sidérant et restitue les conditions de tournage avec une grâce visuelle et une patine absolument sidérantes. Une excellente gestion du bitrate (une piste son DTS Plein débit, une 2.0 banale, un menu fixe, et pas l'ombre d'un bonus ) font de cette édition Universal désormais introuvable une tendance à la Superbit, et qui procure, presque dix années après sa parution, un plaisir visuel rare. Le format CinémaScope 35mm y est à son avantage, et les cadres débordent de détails jamais mis à mal par la compression MPEG II. La définition, si exploitée convenablement chez les spectateurs, se montrera optimale, la colorimétrie richement saturée, et les lumières naturelles (lumineuse et sublime photographie) idéales. Une très belle réussite.
Le son
Comme il est loin le temps où seul le format DTS était exploité en salle... Le générique de fin nous apprend que le film n'a été exploité qu'en DTS Stéréo et DTS Surround, Universal étant à l'époque l'actionnaire principal du format, et l'imposait au monde entier. Puis, lors de l'exploitation en vidéo, le film fut réencodé en Dolby Digital 5.1, avant d'être réédité en DTS 5.1 Plein Débit. Le film fut d'ailleurs l'un des tous premiers disques à sortir sous ce format en DVD. Universal continuait à mettre en avant l'avantage du format DTS, et n'offrait qu'une mince piste Dolby Digital 2.0 "par défaut". Au cas où les potentiels acheteurs n'étaient pas équipés de la sorte, le film pouvait être visionné tout de même en Stéréo Dolby Surround 2.0.
Le film bénéficie d'un élégant design sonore, mais ne forcera jamais les portes du réalisme à tout prix. La scène frontale uniquement se voit exploitée, de manière doucement panoramique, et ce même si l'environnement naturel semble léger dans son évocation. Les dialogues demeurent clairs et nets en toutes circonstances, et ce même si l'on dénombre d'importants passages réenregistrés, peu naturels (ADR). La musique de Goldsmith se voit en revanche richement exploitée, offrant une texture symphonique d'une finesse et d'une délicatesse rares: la stéréophonie y est patente, et la musique recèle quelques effets sonores dont la sensation réside justement dans leur répartition, tantôt à droite, tantôt à gauche. Onctueuse et panoramique, dès le générique de début, elle enrobe le film dans un cocon de décibels particulièrement musicaux. Cette musicalité est préservée du début à la fin du métrage, et se voit superbement mise en valeur par le codage DTS, qui maintient une assise et une stabilité, une lisibilité dans les plans sonores sans la moindre anicroche. Les timbres y sont justes et vrais, relayés par les dialogues du film, et ses divers effets sonores, qui, tout de même, manquent de dynamique et de spontanéité si comparés au rendu musical. La piste DTS excelle donc à retranscrire une orchestration raffinée avec toute sa fidélité disponible, d'un extrême du spectre audible à l'autre. La partie haute respire et se montre légère et aérée, tandis que le bas du spectre ne manque aucunement d'énergie guerrière. Et voilà la spécificité de ce mixage: la présence d'un canal de grave (0.1 LFE) redoutable d'efficacité, et qui s'active principalement lors des descentes de rapides. En ce sens, le final, spectaculaire, fait sonner chaque choc du radeau de fortune tels des coup de canons. Physique, dense et appuyée, cette gestion des graves, signature sonore du film, constitue l'essentiel des sensations home-cinéma de cette bande-son. L'essentiel, cinématographique lui, est contenu dans le rendu de l'espace sonore frontal. Le format DTS y démontre à nouveau son aisance et sa puissance de raffinement dans cette partie exploitée du spectre audio. Les graves s'y montrent secs et variés, nuancés et rapides.
La scène frontale suffisamment riche fait tout de même regretter l'absence (délibérée ?) de paysage acoustique arrière. Mis à part un orage et des coups de tonnerre d'un réalisme de première fraîcheur, les voies arrières ne relayent que très peu, de manière presque inaudible, les informations de spatialisation issues des voies frontales. En ce sens, seul l'arc frontal, déjà bien expansif, se voit exploité et spatialisé. Mais quel rendu du lustre musical !
Interactivité
Pas le moindre bonus. Le menu offre deux choix possible: chapitres et envoi du film. Universal ayant préféré allouer un maximum de "puissance" à l'image (superbe) et à la piste DTS Plein Débit.