

SAW (2004)
Avec Cary Elwes, Danny Glover, Monica
Potter, Tobin Bell, Michael Emerson, Ken Leung, Leigh
Whannell
Interdit aux moins de 16 ans...
Deux
hommes se réveillent enchaînés
au mur d'une salle de bains. Ils ignorent où
ils sont et ne se connaissent pas. Ils savent juste
que l'un doit absolument tuer l'autre, sinon dans
moins de huit heures, ils seront exécutés
tous les deux...
Voici l'une des situations imagnées par un
machiavélique maître criminel qui impose
à ses victimes des choix auxquels personne
ne souhaite jamais être confronté un
jour. Un détective est chargé de l'enquête...
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A l'instar de ce que fit Alfred Hitchcock
à la sortie de Psychose, l'équipe
de Saw enjoint les spectateurs à ne rien dévoiler
du machiavélique puzzle du film, afin de ne pas
gâcher le plaisir de la découverte...et de
la terreur.
Saw était à l'origine classé
NC-17 pour sa violence, ce qui ne permettait à
aucun spectateur américain de 17 ans ou moins de
le visionner. Au final, le long métrage, pour son
exploitation en salles aux Etats-Unis, a été
remonté afin d'être classé R, ce qui
signifie qu'un adulte devra obligatoirement accompagner
les spectateurs de moins de 17 ans.
A l'origine, le film devait être un direct to video.
Pourtant, après des projections test particulièrement
convaincantes, ce petit film tourné en un temps
record de 18 jours s'est vu accorder les honneurs d'une
sortie sur grand écran.
Le film comporte de nombreuses références
au maître du Giallo et de l'horreur italien, Dario
Argento. La poupée mystérieuse et inquiétante,
visible dans la bande-annonce, est une référence
à celle utilisée dans le classique Les
Frissons de l'angoisse (1975). De même que
les gants du tueur, également visible dans la bande-annonce,
sont une récurrence de la plupart des films du
maître.
Leigh Whannell, co-scénariste de Saw,
interprète le rôle d'Adam, co-détenu
aux côtés du Dr. Gordon (Cary Elwes) . Il
a également interprété un petit rôle
dans Matrix reloaded des frères Wachowski.
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L'image
Le film ayant été tourné
avec des moyens fort limités, et les parti-pris esthétiques
étant nombreux, l'image ne pouvait que se révéler
très difficile à encoder. Ici, sur un disque
vierge de tout supplément (il s'agit d'une édition
zone 3), le bitrate atteint des records, preuve d'un encodage
aux petits-oignons, maximisé... au maximum. Les éclairages
tantôt très lumineux, tantôt très
sombres passent plutôt bien, en dépit d'une
granulation perceptible en très basse lumière.
La définion s'avère convaincante, mais impossible
d'en exiger plus en raison de la nature du métrage.
Elle parvient tout de même à séparer
les élements visuels avec une belle aisance, jamais
suraccentuée. Les contrastes sont pour leur part
convenables également, mais manquent de tranchant
lors des séquences en basse lumière, voire
dans celles se déroulant dans une obscurité
presque absolue. Les couleurs, très peu saturées,
jamais clinquantes, s'avèrent fidèles aux
choix opérés par le chef opérateur
et à l'étalonneur. Compression exceptionnelle,
et qui abuse du format MPEG II pour parvenir à encoder
un film d'une durée assez faible avec un maximum
de qualité. Difficile de faire mieux. Ce zone 3 représente
donc sans aucun doute la meilleure présentation du
film en qualité d'image pure. Le caractère
"délavé" de certains plans est très
bien rendu. Au final, l'encodage respecte à merveille
le matériel source du film. Grain et autres "défauts"
sont partie intégrante du projet de mise en scène.
Le son
S'il existe une version DTS ES 6.1 Discrete
au Japon (zone 2, Mi-Débit), il faudra ici se contenter
de DTS ES 6.1 Matrix. Saw dispose d'un mixage
énergique et d'une présence affolante, surtout
dans sa première partie, et correspond sans nuls
doutes possibles à l'une des meilleurs pistes sons
de cette année. Le ton est donné lors deux
logos qui précèdent le film (LG Films et
Twisted Pictures) qui à eux seuls vous feront redécouvrir
votre installation par leur violence et leur impact, jusque
dans le bas du spectre. Le reste est à l'avenant,
avec une gestion de la scène arrière exceptionnelle
de densité (voix, bruitages circulatoires...),
aidée en cela par des capacités dynamiques
qui frisent l'irrévérence domestique, et
qui procurent à la bande-son une épaisseur
et une envergure de tous les instants, que la piste DTS
5.1 élargit encore et densifie davantage, tout
en offrant un relief multi-dimensionnel de premier ordre.
L'animation acoustique se définit avant tout par
l'activité démentielle de la bande-son,
sur tous les canaux. Certaines séquences mobilisent
l'intégralité des voies en synchronie, canal
de graves LFE y compris, afin de tapisser la pièce
de motifs sonores tantôt abstraits, tantôt
viscéraux, dans le but, sans aucun doute, de représenter
de manière dimensionnelle et acoustique la pièce
étriqée où sont retenus les protagonistes.
Une forme de matérialisation, ou plutôt d'exteriosation
acoustique qui réalise la prouesse d'imposer un
véritable décors sonore hors du film au
coeur même de votre espace d'écoute. La deuxième
partie du film, plus bavarde, affaiblit qulque peu cette
donnée, mais les séquences finales ont de
quoi réveiller les morts. Les deux pistes son,
encodées très haut en terme de volume, insistent
sur l'ambiophonie constante, conférant aux lieux
une forme de vie sonore souvent terrorisante. Le poids
du son est accentué par un usage rigoureux et percutant
du canal de graves LFE, même lors de séquences
fortement dialoguées. L'acoustique sophistiquée
qui émane de cette bande-son est évidemment
améliorée et reproduite de manière
souvent extrêmement expansive sur la piste DTS,
qui durcit le ton et étale les plans sonore dans
un espace tridimensionnel franchement plus net, plus intense,
plus large, davantage découpé et étonnement
ample, dès le générique, incomparablement
meilleur en DTS 6.1 (ne serait-ce que pour le découpage
arrière ou pour le degré de chargement de
la scène frontale). Ainsi, le format DTS réalise
la prouesse de supplanter une excellente piste DD 5.1
EX sans pour autant en rajouter ou en accentuant de manière
artificielle. Ici, le format opte pour un pouvoir de recouvrement
spatial indéniablement supérieur qui parvient
à étendre l'élan acoustique et à
etoffer de manière spectaculaire certaines séquences
déjà fort impressionnantes en terme d'activité.
Les impacts sonores grandiloquents sont fréquents,
tout comme les sursauts. Du reste, Saw use et
abuse de certaines ressources du cinéma de genre:
en pillant les codes traditionnellement admis, le film
inscrit dans sa bande-son son appartenance au genre. Ne
versant jamais dans l'excès mais en insistant avec
force et vigueur sur l'expressivité dynamique et
volumétrique de ses éléments acoustiques
et soniques, la bande-son de Saw se trascende
et atteint un état singulier. Lors des plus belles
séquences, la bande-son s'étire aux quatre
coins de l'installation et occupe l'espace sonore avec
force, volume, dynamique et éclat. Nous regretterons
une toute petite baisse, très relative toutefois,
de certains niveaux de grave en DTS, alors que le reste
du temps, ce secteur l'emporte on ne peut plus largement
(en DTS) par sa largeur et sa présence. La voie
centrale accuse une netteté parfaite en toutes
circonstances. Lors de l'ouverture du film, les premiers
dialogues fendent littéralement l'espace, dépassant
par la même ce que l'on a l'habitude d'entendre
sur DVD. La piste DTS va encore plus loin en les détachant
encore mieux dans l'espace et en définissant leur
texture de manière plus cisellée. Le confinement
et la peur qui en découle est notamment rendu avec
un soin qualifiable extrême: tour à tour
concernée par les échos et par les grognements,
la bande-son multiplie les figures de style acoustiques
en offrant une apparence sonore qui n'a rien d'un 'paysage
contemplatif', mais qui pourrait se rapprocher d'une masse
magmatique protéiforme et insaisissable tant la
bande-son s'ouvre et s'étale, avec force et furie,
dans l'espace multicanal multidimensionnel (le mot prend
ici tout son sens) qui lui est offert. La réponse
en fréquence ne brille certes pas sur les valeurs
aigues ou élevées, mais il ne s'agit aucunement
d'un défaut. Le rest du spectre étant reproduit
et incrusté dans la bande-son avec une rare efficacité.
Au final, un état symbiotique est atteint entre
les images souvent très surprenantes et l'impact
suggestif et très marqué de la bande-son.
Une véritable stylistique acoustique qui dessert
le film en décuplant son efficacité formelle.
Le format DTS ES, excellement bien présenté
ici, étend encore plus loin cet impact sonore en
libérant la bande-son et en surinvestissant sur
son potentiel dynamique. Un véritable travail d'orfèvre,
marquant, complet, et terrorisant.
Absolument pas l'ombre du moindre supplément,
pas même une bande-annonce... Pour ce faire, rendez-vous
en zone 1 ou 2 Japonaise, ou un peu d 'attente pour la ressortie
en version director's cut prévue en septembre 2005...
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