A l'image du premier opus édité par le même éditeur, ils 'agit là d'une image de très haute tenue: définition et lumières aux petits oignons, compression mpeg II maitrisée de part en part, et température des couleurs (ultra-stylisée) encore plus convaincante. Le chef opérateur s'est en effet chargé de concevoir pour le film un univers colorimétrique texan aux tons ocres et acérés proches du sépia, reproduits ici à la perfection. Fluidité sans faille et dynamique vidéo très convaincants. Les contrastes parfois accentués se montrent également sous leurs meilleurs jours, de manière saillante et ciselée. Selon le dossier de presse: le réalisateur, le chef décorateur et le directeur de la photographie, Lukas Ettlin, ont collaboré étroitement pour définir le style du film. Jonathan Liebesman explique : "J'ai choisi une approche de réalisation assez concrète, proche du documentaire. Pour l'ambiance, nos couleurs de base étaient le blanc, le bleu et le rouge. Tout est parti de l'idée d'un drapeau américain aux couleurs désaturées. Nous avons aussi incorporé des éléments ou des images qui tirent sur le sépia pour donner l'impression que le temps a passé sur ce village et cette famille." La production a de nouveau eu recours à cette vieille ferme, bâtie en 1854 et abandonnée depuis les années 60, qui n'avait pas bougé depuis le précédent tournage. C'est au chef décorateur Marco Rubeo qu'a été confié le soin de créer l'environnement du film. Il raconte : "Nous devions être cohérents avec le film de 2003 tout en ayant une approche différente d'un point de vue visuel. Jonathan Liebesman avait sa propre vision des choses. Nous devions aussi rajeunir tous les décors déjà vus puisque l'action de ce film se déroule quelques années plus tôt."
Le son
A nouveau, l'éditeur force un décodage central arrière décliné sur deux codec, Dolby Digital EX et DTS ES 6.1 Discrete (sept canaux bien réels). Cette dernière piste son propose en effet un authentique canal central arrière discret et indépendant. Mais à nouveau là aussi, le film n'a jamais été mixé ou exploité sur 6.1 canaux en salles... L'édition DVD offre donc un simple bricolage totalement inutile, et rend ce canal central arrière sous exploité... Là où le format DTS ES Discrete devait s'imposer, il ne subsiste qu'une ombre vite oubliée: les déplacements d'appareils ou d'objets à l'écran ne sont jamais exploités par ce canal central arrière, mais ce sont les deux voies latérales arrière qui résonnent et diffusent un signal, efficace certes, mais qui aurait du se voir réparti avec davantage d'ampleur et de 'logique spatiale' sur cette voie ES... Une habitude de l'éditeur, qui ne devrait attirer l'attention curieuse des oreilles qu'une ou deux fois durant le film.
Le souvenir du précédent film de Marcus Niespel hante cette production bis: avec sa dynamique agressive et échevelée, es constructions d'univers sonore souvent radicales, le précédent opus brillait et s'est vite imposé comme une expérience de référence. Ici, suite au premier quart d'heure plutôt réussi, qui installe un ensemble de chocs acoustiques très mobiles et souvent percutants, la suite du film ne relève aucunement de la même logique d'exécution formelle. Si les dialogues demeurent un grand point de cette production (ils ne sont pas aussi réégalisé que d'ordinaire par Mi Casa Studio) , c'est la scène frontale qui offrira le plus d'ampleur panoramique. Les sonorités glaciales faites d'objets métalliques ou de texture boisée se montrent très agressives et enregistrés avec une belle fidélité (mention spéciale à la trop rare tronçonneuse), soutenues par un registre d'infra-graves des plus soutenu dans la première partie du film: fort, profond et rauque, il ne manquera pas de faire rugir le canal LFE et occasionnera des vibrations dans a pièce d'écoute (générique, superbe).
Néanmoins, si ces critères hérités du premier opus se montrent toujours bien présents, ce sera le mixage lui-même qui ici finira par laisser un sentiment d'incomplétude: passé les promesses du premier quart d'heure avec sa musique inspirée répartie sur tous les canaux, son activité multicanale assez épatante et ses textures ambigües mêlant sonorités abstraites et organiques, le reste du métrage ne mobilisera que peu de ressources acoustiques, et ce même si le film présente un ensemble de scènes assez dynamiques. D'apparence massive et épaisse, la bande-son dispose d'une belle énergie acoustique, qu'elle ne met que très rarement à profit. La réégalisation de l'éditeur et de son studio de retouches ridicules (nos amis de Mi Casa) sont sans doutes responsables du réétalonnage de certaines fréquences aigues ou médium, au point de générer parfois une fatigue auditive en partie imputée à une sorte de 'routine', d'habitude acoustique systématique qui ennuie et 'saoule' l'ouïe... Certes très active, elle ne possède finalement que peu de qualités de projection spatiale et ne s'ouvre sur les voies arrières avec efficacité qu'assez rarement dans la grande deuxième partie du métrage. Sorte de bosse dynamique et réactive lorsqu'il le faut, la bande-son suit l'action à l'écran sans réelle inventivité.
Cependant, nous avons décelé d'importantes différences entre les codages: le format DTS ES prend dès le début une possession bien plus efficace et surtout différente de la bande-son, en lui octroyant une capacité d'ouverture et de fluidité introuvable en Dolby Digital EX. La fluidité et la mobilité spatiale se montre d'une autre dimension (générique, début du film) et propose aux sens de l'auditeur une profondeur bien plus caractéristique ainsi qu'une sensation d'avoir éloigné les murs. La piste son encodée en DTS ES creuse ainsi une perspective acoustique très largement (parfois) supérieure, et crée cette immanquable sensation de densité et d'univers sonore holographique, bien plus détaillé et qui offre davantage de préhension et de contacts sensoriel avec le magma sonore du film. La présence d'un canal central arrière discret et authentique affine la perception sonore et purifie la propreté de la réponse en fréquence, qui n'impose pas de limites fréquentielles agaçantes, propres, elles, au format Dolby Digital EX. Enfin, toute la scène arrière se présente à l'auditeur de manière plus objective et réaliste, tandis que les rapports avants-arrières et la fusion entre les deux arcs de diffuseurs (avants et arrières), là où se noue l'essentiel de l'imagination de la bande-son, se montre largement plus naturelles, plus fluides, plus homogènes, davantage repérables. Une puissance d'expression et de véracité spatiale qu'il sera bien difficile de percevoir aussi clairement lors de l'écoute pourtant déjà fort efficace de la piste son Dolby Digital. Musique et effets trouvent en DTS ES un horizon de clarté et de propreté, de puissance et de maintien en équilibre qui flattent naturellement l'oreille, d'une part, mais ajoute à la bande-son, d'autre part, une valeur de dimension supplémentaire, de largeur expressive à laquelle nous n'avions pas été invité par l'éditeur (zone 1) depuis fort longtemps. La distinction n'est aucunement spectaculaire, mais le contraste proposé induit une différenciation suffisamment patente pour être recommandable à qui saura l'apprécier.
L'interactivité
Le DVD se présente dans un surétuit cartonné affichant le visage de Leatherface en relief. Bien vu pour ce qui est packaging.
Commentaires audio du cinéaste et du scénariste.
Making-of chapitré "Down to the Bone" et bien conçu (réaliste et sincère) d'une durée conséquente de 45 minutes, diffusé en 16/9.
Scènes inédites ou plutôt rallongées (seul intérêt) commentées par le cinéaste (Dolby Digital 2.0) ou proposées en l'état, 16/9 et Dolby Digital 5.1 (non flaggé EX).
Superbe bande-annonce en 16/9 et Dolby Digital 5.1 qui réalise l'exploit de reprendre les éléments de mixage de la bande-annonce du premier opus, présente sur le DVD édité en 2003-2004, et qui offre une ambiophonie prononcée et un mixage remarquable (déplacements de Leatherface sur les canaux arrières très réalistes, basses furieuses...)
Sneak Previews: sélection de bandes-annonces malheureusement difusées en 4/3 et Dolby Digital 2.0 ...
Suppléments DVD-Rom.