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Le
Son
Cette
parution de début 2005 constitue elle aussi une déception...
à laquelle l'éditeur ne nous avait pas habitué.
En effet, à l'écoute de cet album, de nombreux
"points noirs" viennent parasiter les séances,
la faute essentielle étant due à un mixage artistique
quasi-inexistant, qui se contente de propulser un son rauque,
froid, agressif sur tous les canaux sans la moindre subtilité
acoustique... ni même une once de subtilité dans
la distribution des masses sonores.
Tous
les canaux sont activés, mais la répartition
spatiale s'affiche de manière schématique, voire
grossière. De grosses ficelles multicanales sont utilisées:
le public est à l'arrière, le reste sur les
autres voies, mais là où le bas blesse, c'est
précisément dans la mise en espace. Les voix
des chanteurs sont répercutées sur tous les
canaux sans réelle mise en scène, sans effort
de répartition harmonieuse ni même d'étalage
de subtilité, ou si peu. Sans trop se tromper, nous
pouvons évoquer un mixage "amateur" qui se
contente d'employer une base multicanale sans la remplir,
sans l'alimenter de manière fluide et vitale. Exercice
loupé et rempli de lacunes, ce mixage en devient très
vite fatiguant, voire usant. Seule la foule, solidement ancrée
dans les voies arrières, déclenche des effets
Stéréo arrière performants. Pour ce qui
est du reste, le son demeure métallique et froid. Son
envergure n'est jamais vraiment saisie et interprétée
par le mixage.
La
réponse en fréquence se révèle
être très plate, avec un haut du spectre schématique,
des zones médiums lourdes et sans saveur, et un registre
grave manquant cruellement d'ampleur et de texture. Le son
qui émane des diffuseurs est massif, "gras",
et ne fait aucunement montre d'une quelconque subtilité
dans l'étalement des plans sonores. L'acoustique proposée,
au lieu de suggérer le stade ultime du mixage multicanal,
ressort de manière plate, neutre, agressive. Au rang
des erreurs que l'on ne souhaiterait plus entendre, citons
ce manque d'intégration des différentes voies,
qui se contentent de s'empiler les unes sur les autres sans
aucune mesure ni aucune forme de nuance ou de subtilité.
Très peu d'articulation de la scène sonore,
et encore moins de solidité.
Il
en ressort ce son projetté nonchalament et avec violence
qui, s'il entend restotuer l'expérience d'une écoute
live, ne parvient absolulent pas à restituer
l'intensité scénique ni même l'émotion.
Ce brouillon nébuleux se perd dans les six canaux qui
lui sont offerts pour former une masse bruyante, agressive,
sans saveur. Pire: les tons n'affichent aucune justesse, tout
comme les timbres des instruments, masqués par un "effet
de masse" qui gomme toute lisibilité acoustique,
toute lecture musicale immédiate. La prise de son a
du se faire en directe de la console lors du concert, puis
le son multiplexé et distribué de manière
pataude sur six canaux. La piste PCM Stéréo,
encodée sous 24 Bit, remet un peu d'ordre dans tout
ce marasme, mais affche une dynamique anémiée
et éteinte en comparaison de la puissance de la piste
DTS 6.1.
Au
final, le mixage proposé ici offre à l'auditeur
une agression sonore de premier ordre. Une belle leçon
de "non savoir-faire" qui a sérieusement
de quoi rebuter. Pire: l'album aurait de quoi apporter de
l'eau bien fraîche aux moulins des détracteurs
du son multicanal. Le seul intérêt de ce travail
résiderait dans la clarté que le format DTS
parvient tout de même à conserver: au coeur de
cette tourmente multicanale, le son ne semble pas s'étioler
ou perdre de sa verve... L'énergie dépensée
par le groupe n'a pas su être captée avec suffisament
d'intensité et de méthode. Prise de son et mixage
plaident en ce sens coupables... D'autant plus incompréhensible
que Mark Linnett, le mixeur, s'est déjà occupé
du mixage 5.1 de Pet Sounds des Beach Boys. Il a
aussi collaboré avec Jimmy Hendricks et sa réputation
le précèderait...
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