

The Terminal
(Edition simple DVD)
Viktor Navorski est l'un de ces milliers de touristes,
venus des quatre coins du monde, qui débarquent
chaque jour à l'Aéroport JFK de New York.
Mais, à quelques heures de son arrivée,
voilà qu'un coup d'État bouleverse sa petite
république d'Europe Centrale, mettant celle-ci
au ban des nations et faisant de Viktor... un apatride.
Les portes de l'Amérique se ferment devant lui,
alors même que se bouclent les frontières
de son pays : Viktor est bel et bien coincé...
Steven Spielberg ne semble pas retrouver les qualités
intrinsèques de certaines de ses brillantes réalisations.
Son film pâtit d'une pesanteur certaines, appuyée
par une durée quelque peu excessive. Le cinéaste
y fait pourtant montre de tact voire de brio, mais ne
parvient jamais à véritablement insuffler
à sa production le confort formel qui caractérise
d'ordinaire ses réalisations, très marquées
et nettement en avance sur les codes qui régissent
le vocabulaire formel et les canons techniques Hollywoodiens.
Son Terminal se présente en ce sens comme
une oeuvre finie avant d'avoir commencée, comme
une production fantôme qui ne semble offrir qu'une
image dévoyée de ce qu'elle aurait pu être.
Le traitement sur le mode de la comédie romantique
est à ce titre très léger, mais laisse
filtrer la véritable nature du film: celle d'une
fable sur l'image de l'autre, le racisme (même si
le terme est un peu fort) et sur la finitude, l'image
extérieure du peuple Américain, véritable
melting pot à l'identité multiple et complexe.
Victor Navorski se présente comme une goutte d'eau
dans l'océan Américain (voir à ce
titre sa première apparition, au détour
d'un plan), mais c'est bel et bien tout son background
et ses intentions qui vont déstabiliser la machine
de l'immigration au point de la faire sortir de ses rangs
et voir son responsable (excellent Stanley Tucci) faire
preuve de discrimnation négative. La fable, elle,
est inspirée (superbe musique diégétique
de John Williams) mais la mise en scène, toute
dédiée à ce gigantesque décors,
manque sa touche et finit par générer une
absence, un manquement, en dépit des tentatives
pourtant réussies du cinéaste à nous
faire croire à sa magie. Dans une dernière
partie expiatoire, le film atteint cependant un état
de grâce, ultime trace, ultimes images de la profondeur
émotionnelle dont le cinéaste est capable.
De l'aéroport Charles-de-Gaulle à Hollywood...
Le Terminal est inspiré de la véritable
histoire de Karim Nasser Miran, réfugié
iranien installé sans papiers depuis 1988 dans
le Terminal 1 de l'aéroport parisien Roissy Charles-de-Gaulle.
Parti de Téhéran pour Londres en 1974 à
la recherche de sa mère naturelle, il ne put rentrer
en territoire britannique après s'être fait
voler son passeport et son certificat de réfugié
des Nations Unies, et fut déchu de sa nationalité
dans les années 80, lorsqu'il revint an Iran. Débuta
alors pour lui un long et chaotique voyage en Europe,
qui le vit se faire expulser de chaque nouveau pays dans
lequel il pensait s'installer, faute de papiers en règle.
Depuis 1988, ce SDF pas comme les autres,
plus connu sous le nom de "Sir Alfred", est
donc installé, avec l'autorisation des autorités,
dans l'enceinte de l'aéroport Charles-de-Gaulle.
Toujours sans papiers, il envisage de partir prochainement
pour le Canada, après avoir sorti sa biographie
"The Terminal man" et touché une belle
somme d'argent pour avoir inspiré Le Terminal.
Avant "Le Terminal"...
Le Terminal n'est pas le seul film a s'être inspiré
de la vie de Karim Nasser Miran. La comédie Tombés
du ciel, avec Jean Rochefort dans le rôle principal,
est également basée sur l'expérience
hors-du-commun vécue par le réfugié
iranien dans l'aéroport Charles-de-Gaulle.
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L'image
Dreamworks nous gratifie une fois de plus
d'un transfert satisfaisant, avec toutefois quelques limitations.
L'image manque en effet d'un peu de dimension, d'un peu
de profondeur pour nous satisfaire complètement.
Les travaux visuels de Janusz Kaminski étant assez
difficiles à retranscrire sur DVD (les éditions
de AI et Minority Report l'ont largement
démontré), on pouvait se douter que ce titre
n'échapperait pas à ce qui est devenu, au
fil des éditions DVD, un principe de méthode.
ici, la déception n'est pas de mise, mais on s'étonera
juste de découvrir un manque de définition
des textures fines lors des plans larges, de même
qu'une fluidité pas toujours optimale. Pire, les
effets spéciaux assez grossiers du film redeviennent
visibles alors qu'ils ne l'étaient aucunement au
cinéma (apparition des avions en arrière plan,
le film ayant été tourné dans un gigantesque
décors, il s'agit de rétroprojection pour
de nombreuses scènes). Les couleurs ne semblent pas
avoir été sursaturées, ce qui n'est
pas un mal. Elles délivrent une gamme chromatique
assez travaillée, notamment sur la dernière
séquence du film et ses tons ocres et ornagés.
Les blancs, "couleur" de prédilection de
Kaminski, ne sont pas brulés (certains sont en revanche
fortement bruités) et ressortent correctement dans
ce transfert qui présente toutefois quelques fourmillement
intempestifs dans certains arrière-plans. A d'autres
moments, l'emploi d'un filtre adoucissant passe bas semble
avoir été légèrement appliqué.
L'usage de la fumée (une autre signature visuelle
à la Kaminski) est aux abonnés absent. La
colorimétrie s'en sort nettement mieux que les autres
catégories visuelles sur cette édition DVD
dont on attendait nettement plus. Pas de déception
cependant, juste de légers manquements qui développent
ceux constatés sur le film... Une section image un
peu uniforme et fade, standardisée. Un "défaut"
que nous avons également constaté sur la bande-son.
Un transfert précis à défaut d'être
cisellé et complètement convaincant, mais
une présentation légèrement vacillante
en terme de qualité foncière.
Le son
En véritable architecte du son
au cinéma (on doit à Steven Spielberg peut-être
pas l'invention du codage DTS mais son utilisation intensive
et son choix préférentiel pour les cinéastes),
le réalisateur supervise la totalité du
rendu. Entouré d'une équipe hors pair parmi
laquelle officie Gary Rydstrom, son soudn designer attitré,
Spielberg a pour habitude de présenter ses films
dans des conditions optimales et généralement
irréprochable. Outre son exigence sonore suprême,
le cinéaste parvient à régulièrement
marier le technique à l'artistique, et ambitionne
de "dimensionner" l'expérience cinéma
que proposent ses films. Cette fois-ci, Rydstrom disparait
de l'équipe technique et laisse sa place à
d'autres comme Odin Benitez qui s'est chargé du
montage sonore. Objectivement, The Terminal déçoit,
en raison d'une bande-son excessivement timorrée
et qui semble manquer de deux caractéristiques,
deux clés de voute fondamentales du son au cinéma:
franchise et élongation. Outre quelques événements
disséminés sur les voies satellites et qui
parviennent à utiliser tout l'espace d'écoute
en jouant sur les médiums et en appuyant le registre
grave jusque dans les voies surround, le reste se présente
de manière matte, calme, inactive, sans "brillance"
et sans aucune gestion pertinente des masses sonores (ou
très, trop peu). Une bande-son 5.1 désincarnée
et d'une grande platitude, incapable de générer
et de se renouveller. D'ailleurs, la piste Dolby Digital
2.0 fournie sur le DVD concurrence à 95% du temps
les pistes 5.1 multicanaux, en proposant notamment un
grave tout aussi présent qu'en 5.1 lors du passage
de certains avions, ainsi que, bizarrement, une franchise
inexplicable sur les sons relatifs aux portes: les fermetures
de celles-ci déclenchent un "coup" sourd
sur le caisson de basse en 2.0 alors que ce son est complètement
absent en 5.1... La spatialisation n'a rien d'étonnant
ou de particulièrement vérice mais vise
à reproduire sans réellement la recréer
ou la sensibiliser l'expérience sonore que peut
proposer un gigantesque hall d'aéroport. L'ennui,
c'est que tous ces échos complexes du à
la hauteur du lieu et à ses caractéristiques
spatio-acoustiques sont reproduites sans le moindre aplomb
et sans réelle vie, les voies satellites étant
sous-exploitées, et l'ensemble des événements
sonores se déroulant à l'avant de l'auditorium.
La transparence est perfectible et la game dynamique des
sons convient tout juste à nous convaincre. Ils
sont reproduits à l'indentique en 2.0 et en 5.1.
La musique de John Williams, pourtant mise en scène
et montée sur le plan sonore par le célèbre
Shawn Murphy dont nous pensons le plus grand bien, ne
dispose d'aucune dimension émotionnelle et ne semble
même pas s'étaler ou se répandre avec
"chair", goût et consistance. Trop timide,
son intégration dans le corps du mixage et au coeur
du film pâtit là aussi d'une sensation de
manque, de vide jamais vraiment comblé par une
texture sonore adéquate. Les bandes-son 5.1 se
distinguent cependant de la version 2.0 Dolby Surround
lorsque certains avions se matérialisent dans le
hors-champ sonore, passant de gauche à droite sur
l'arrière en laissant une trainée de basses
fréquences ici reproduites avec netteté
et aplomb. Mais ce sont des événements sonores
trop rares pour faire oublier le vide acoustique dont
souffre le film. Nul doute que des mixeurs, monteurs et
ingénieurs du son Français auraient fait
nettement mieux, notamment lorsque l'on s'intéresse
à la bande-son très vive et complète
de l'Auberge Espagnole de Cédric Klapisch
où les quelques rares scènes d'aéroport
sont bien plus convaincantes que tout The Terminal
réuni. La vivacité sonore et la pertinence
acoustique n'étant pas le fort de cette bande-son,
nous nous retrouvons avec un travail au design assez ingrat
et faible. La bande-son aurait pu être optimisée
vers le haut pour son exploitation en DVD mais rien n'a
été réalisé dans cette optique.
Les dialogues ne sont jamais vraiment très dynamiques
(un comble pour une comédie dramatique pourtant
très typée où les dialogues devraient
occuper tout le devant de la scène acoustique...),
à l'image de l'intégralité de la
scène sonore où la spatialisation globale
ne se réveille qu'en de rares occasions. Nous n'attendions
pas un déferlement acoustique, juste une scène
sonore incrustée de vie et de prestance dynamique.
Sobrement triste et objectivement timide, cette bande-son
ne présente aucune des caractéristiques
sonores des productions estampillées Spielberg,
même les plus discrètes... Les deux formats
sonores concurrents n'ayant que peu d'éléments
à mettre en valeur, aucun des deux ne prend l'avantage
sur l'autre. Le format DTS se dégage très
légè-rement en ouvrant de manière
très timorrée cependant l'espace sonore,
et en aérant un peu plus le rendu des dialogues.
L'étroitesse relative de la piste Dolby Digital
5.1 disparait alors, mais aucun miracle ne vient lifter
la bande-son vers le haut. Le format Dolby Digital 2.0
maitient même mieux les informations de phase entre
les diffuseurs avant (vos enceinte frontales) que les
pistes 5.1 multicanaux... Une bande-son anecdotique où
seule la voie centrale, par son réalisme (certains
sons ont été très bien enregsitrés
et jouissent d'une gamme dynamique et d'un rapport signal
sur bruit intéressants) et le léger sentiment
de transparence qu'elle propose, se distingue réellement.
La bande-son ne souffre en revanche pas de filtre audio
correctif et ne semble pas avoir été réégalisée.
Seul le découpage de la scène sonore, mais
lorsqu'il apparaît de manière franche et
marquée s'en sort avec les honneurs, avec quelques
déplacements sonores sur toutes les voies utilisés
à bon escient.
L'interactivité
Complètement absente... il s'agit
de l'édition simple du film qui ne présente
rien d'autre que le film. Pour l'édition dite 'collector'
contenant trois disques, le deuxième DVD regorge
de suppléments parmi lesquels:
- Bookin the flight : The Script, the
story
- Waiting for the flight : Building the terminal
- Boarding : The People of the terminal
- Take off : Making The Terminal
- In flight service : The Music of The Terminal
- Landing : Airport stories
- Galerie de photos, filmographies.
- Bande originale du film, par John Williams, présentée
sur un CD Stéréo PCM traditionnel.
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