Fort logiquement, il fallait s'attendre à une prise de son moderne, donc à un rendu de haut niveau une fois le mixage finalisé. Le résultat ne décevra pas, mais présente pourtant quelques sérieuses réserves sur lesquelles nous reviendront.
Comme sur de très nombreuses nouveautés de l'éditeur, le mixage se montre linéaire et peu démonstratif dans sa gestion des excès. Une forme de réalisme concertée et de coercition... En ce sens, les voies surround ne s'ouvriront que très peu, même sur les manifestations du public, et n'aborderont jamais la texture musicale de Metheny. L'essentiel de l'événement musical se situe sur l'arc frontal, où les sons se déplacent avec une agilité certes très légère et ouverte, mais sans pour autant là aussi, œuvrer vers un réinvestissement total de la scène sonore. La réponse en fréquence, élément primordial sur la reproduction d'un concert, se montre, Dieu merci, tout à fait à la hauteur, et n'escamote jamais vraiment les subtilités du guitariste. Les fréquences hautes filent et se diffusent avec aisance au coeur de la pièce d'écoute, de manière pénétrante et envoutante, épaulées par une zone médium ouverte, libre et fraîchement acérée. Le grave et le sous-grave, plus schématiques, desservent une partie des instruments avec une efficacité là aussi convaincante.
Le mixage se montre finalement minimaliste, et se contente de reproduire l'action scénique avec le plus de fidélité et le moins d'afféteries. Il en résulte une "vision sonore", ancrée au cœur des six enceintes actives, assez timorée sur le plan spatial, mais qui use de la répartition des masses sonores avec une belle efficacité. Jamais embrouillée ou surchargée sur certains points, la bande-son diffuse une forme de musicalité très ouverte et réalistement expressive.
La dynamique globale transcende le concert et offre une palette d'expressivité qui met en avant chaque instrument du groupe de manière physique et avec dimension. Le découpage de l'espace sonore se montre pointilleux et affiche une précision souvent remarquable. En d'autres termes, chaque instrument trouve son espace d'expression et ne se voit jamais masqué ou relégué à l'arrière-plan. Une tonalité jazzy s'empare du tout, et propose une fraîcheur musicale et une chaleur d'ambiance lisibles dans le son des instruments, et que el format DTS détoure quelque peu davantage. Mais cela sera malheureusement tout: en les deux codages, séparés par 4 dB, la messe est vite dite: en Dolby Digital, l'espace sonore se montre globalement performant, sans réelle distorsion, tandis qu'en DTS 5.1 (mi-débit), les instruments respirent avec un air peut-être davantage dispersé mais aussi plus propre et plus spacieux. La piste DTS répand davantage de chaleur sonore et offre une acoustique moins angulaire, plus fluide, qui sied naturellement mieux au spectacle ainsi qu'à son mode de diffusion.
Précision et contrastes (choix des instruments) caractérisent donc au mieux le mixage multicanaux de ce concert envoutant, que l'on spectacularisera bien volontiers en faisant grimper les décibels. Une expérience concluante à laquelle nous invitons, et qui permettra de bien mieux délier la scène frontale tout en exacerbant les qualités expressives de la prise de son... et décupler l'impact acoustique et la fidélité spectrale de la piste DTS. Point de panoramiques ou autres exploits acoustiques en 5.1, mais une scène sonore réaliste et authentique, fidèle et parfois saisissante.