Outre un grain parfois nettement apparent et une élégance visuelle qui ne se rappproche pas d'un Tony Scott l'image présentée sur cette édition Collector ne souffre que de très peu de défauts. Rémanence, arrières-plans peu définis lors de cretaines séquences, lumières perfectibles... Le film s'appuie sur une définition solide quoique très en deça des standards actuels, ainsi que sur des contrastes certes positivement tranchés mais manquant cruellement de dynamique. La fluidité du pressage n'est aucunement à prendre en défaut, surtout lorsque l'on observe à ces interminables déplacements d'appareil en rotoscopie. Finalement assez terne, l'image de The Great Yokai War ne rend sans doutes pas un hommage exhubérant au cinéaste, mais véhicule néanmoins une partie de son esthétique déjà observée sur d'autres de ses réalisations et aux caractéristiques analogues.
Le son
Un diapason d'Argent largement mérité vient récompenser le rendu de cette bande-son encodée ici en DTS ES Matrix Plein Débit (1509.75 Kbps). En effet, le film a été mixé en 6.1 de manière officielle, ce que nous confirme le générique de fin. Ainsi donc, on se retrouve avec un rendu en multicanaux où la stéréo arrière ne voit pas son équilibre cassé par un dématriçage forcé (contrairement à d'autres bandes-son où activer le mode EX ou ES relève du massacre puisqu'il vient anéantir l'équilibre de la scène sonore...) mais au cotnraire, se voit amplifiée, épaulée par un canal central arrière qui confine, pour du DTS ES Matrix, à l'anthologique tant il met sa vigueur au service du film et du design de son architecture sonore. Amples panoramiques situationnels, effets de surgissements choc (robots, épée...) etc, ce canal central arrière récupère une dynamique et un niveau de puissance immanquablement efficaces. Mieux, il dessine un arc de cercle des plus réussis et opère un découpage au rasoir d'une scène sonore arrière vigoureuse, tout en y appliquant une profondeur de champs qui n'usurpe aucunement son nom. Usité de manière permanente et dans une optique sonore et artistique réelle, ce canal apporte et enrichit le mixage, sans pour autant l'affaiblir, et ce même si, rappelons-le, ses informations proviennent des deux canaux arrières desquels elles sont extraites (Matrix et non pas Discrete...). En dépit de cette opération qui en plus limite la bande passante aux alentours de 15000 Hz sur ce canal ES, le rendu de ce dernier maintient une formidable pression sonore, et applique un effet triphonique à l'arrière qui déploie véritablement une acoustique environnementale patente (déplacements de créatures, panoramique sonore sur le marais...) sans subir les effets néfastes, les artefacts de l'encodage Matricé. En désactivant de temps à autres le mode ES (recommandé pour se rendre compte de la différence), on se rend compte d'une part que certains effets sonores sont présentés de manière à être mis en évidence par ce canal central arrière une fois décodés en ES, ainsi que, d'autre part, une fois redescendus en stéréo arrière simple (en 5.1), la bande-son conserve toute son énergie mais perd tout de même en élongation, en débattement, en ampleur environementale, de manière peu dramatique tout de même.
Le reste de la bande-son se montre à l'avenant, avec une dynamique furibonde et une finesse globale dans l'évocation qui irrigue tout le travail réalisé sur le son: dialogues cristallins par moments, stéréo frontale étendue (hors-champs majestueux), déplacements fréquents des masses sonores, sonorités musicales subtilement intégrées aux quatre points cardinaux de la scène sonore... Remplie d'effets spéciaux à outrance et d'activité démoniaque, cette bande-son possède une directivité acoustique ultra-prononcée et une énergie sonique à revendre, d'où son tempérament aventureux et extrêmement ouvert (séquences d'action), jusque dans le bas du spectre. La bande-son place parfois des effets étalonnés et mixés avec un grand soin entre le centre avant et le centre arrière, tandis que l'étoffement de la scène arrière se réalise de manière graduelle, sur trois voies superbement séparées (diaphonie élaborée), au point qu'il est possible de suivre des déplacements de manière quasi-visuelle. En d'autres termes, cette bande-son a constamment recours aux moyens expressifs du langage sonore du cinéma, moyens qu'elle emploie avec un savoir-faire véritable et qui vise, ultimement, la définition d'une esthétique sonore efficace et délicate. Musique rare mais intégrée avec un soin tout aussi remarquable.
Le format DTS élargit encore la perception et dispense une énergie acoustique exceptionnellement fournie, surtout sur les enceintes arrières. Un bénéfice réel et immanquable, apporté par un débit audio-numérique fort (Plein Débit), qui autorise une gestion plus souple de la dynamique et qui apporte, bien entendu, une précision de la localisation et une profondeur de signal nettement plus développées. Aussi, la spatialisation en sort grandie et rehaussée, et le canal central arrière se voit davantage séparé de ses consoeurs, ce qui développe davantage la diaphonie et d'épanouissement spatial des sons sur cette scène sonore déjà fort ample et généreuse. La générosité des basses fréquences se voit elle aussi réévaluée vers le haut. Chaque son perce l'espace acoustique avec une force nouvelle, et la mollesse du codage Dolby Digital apparaît comme un artefact. Ce dernier format audio ne restitue pas la même fougue sonore et ne développe pas la trame sonore du film avec la même netteté acoustique, la même délinéation et le même impact que la piste DTS ES, elle formidablement réussie, plus dure, plus ample, davantage énergique, et qui ne brise pas les élans de la bande-son comme nous l'avons constaté en Dolby Digital, mais au contraire, les prolonge et les respecte, tout en les éclaircissant. Enfin, signalons que la gestion de la puissance de la bande-son n'est pas la même en Dolby Digital: en effet, ce format semble atténuer les transitoires et appose une sorte de filtre assouplissant qui a pour effet de lisser vers le bas les écarts sonores tout en proposant un tempérament acoustique plus mesuré. Furieuse, nuancée et fournie, la piste DTS ES représente un must pour ce qui est de l'activité de son canal central arrière (première apparition du robot) mais aussi une petite référence d'encodage maîtrisé et réussi sur toute la ligne et toute l'échelle du spectre sonore.
Pour mémoire, One Missed Call, autre réalisation de Miike, proposait une piste son encodée en DTS 96/24 ES qui avait obtenu otre Diapason d'Or. Le cinéaste se montre donc tout aussi exigeant artistiquement et techniquement d'oeuvre en oeuvre.
L'interactivité
181 minutes de suppléments répartis sur un disque deux au menu simple et peu clair. Grande nouvelle pour un DVD zone 3: tous ces contenus sont sous-titrés en Anglais.
Présentation dans un digipack cartonné lourd et en quatre volets.
Interview de l'équipe (50 minutes)
Making Of (40 minutes)
Illustration of Monsters (Hundred style of monsters): sorte de livre interactif prenant la forme d'un bestiaire sur le folkore Japonais.
Monsters short story
Cast interviews
Kamiki Ryunosuke Summer life
World monsters conference 2005
Advertising and press report